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Le 18 janvier 2007
L’offre de la direction aux
préposés du courrier
est «sensiblement
la même» que celle
qui a déclenché la
grève de 2002
TNG/CWA
Colombie-Britannique | Le
Local 30403 de TNG Canada
Selon Ray Rudersdorfer, l’offre
initiale du Victoria Times Colonist à l’ouverture
des négociations en vue de renouveler la convention
collective des employés de la salle du courrier
représente un important pas en arrière.
«Elle est presque identique à celle qui
nous a fait déclencher la grève en 2002»,
affirme le président du local qui représente
environ 45 travailleurs du quotidien appartenant à CanWest.
Alors que trois journées de
négociations devaient débuter mardi,
les pourparlers ont été interrompus après à peine
quatre heures, lorsque M. Rudersdorfer a rejeté les
propositions «très spécifiques» de
la direction, qu’il qualifie de «très
sévères en regard des normes syndicales
de la Colombie-Britannique».
Il ajoute qu’il s’attendait à ce
que les négociations avec le Times Colonist
soient difficiles, «simplement parce que les
employés de la salle du courrier des quotidiens
de Colombie-Britannique sont les derniers au pays à bénéficier
d’ententes du genre bureau de placement, et exercent
un assez bon contrôle sur leur travail et sur
la façon dont ils l’accomplissent, en
plus d’être bien rémunérés.
Même si elle fait beaucoup d’argent, l’entreprise
veut nous rabaisser aux normes de ses concurrents non
syndiqués.»
M. Rudersdorfer dit que le
syndicat a accepté d’accorder à l’entreprise
un répit au niveau du coût de la main-d’œuvre
dans la dernière convention collective, qui
prenait fin le 1er janvier 2007, en acceptant d’ajouter
une nouvelle catégorie de travailleurs. Les «stagiaires» recevraient
jusqu’à 60 pour cent de l’échelle
salariale des compagnons d’apprentissage, et
pourraient effectuer la plupart des tâches normalement
réservées aux apprentis.
Néanmoins, le local 30403
de TNG-CWA a récemment
conclu une entente avec le Syndicat canadien des communications,
de l’énergie et du papier (SCEP), à l’effet
de s’appuyer mutuellement au cours des négociations
et de ne pas tolérer d’affaiblissement
de leurs conventions collectives dans l’Ouest
du Canada. Le SCEP représente des travailleurs
du Calgary Herald, de l’Edmonton
Journal, du
Vancouver Sun et Province, de même que
du Victoria Times Colonist.
Au Colonist, les négociations sont menées
par l’entremise d’un conseil mixte; chacun
des trois locaux négocie tout d’abord
avec l’employeur les dispositions qui lui sont
spécifiques, puis se réunit avec les
autres pour négocier les éléments «communs».
La Victoria-Vancouver Island Newspaper Guild (Le Local
30223 de TNG Canada) a connu des débuts
difficiles avec l’entreprise une semaine plus tôt,
alors que l’éditeur Bob McKenzie a établi
le contexte des négociations à venir
en déclarant «Je me fiche du moral qui
devrait exister à votre avis – c’est
exagéré.»
Conventions formidables en C.-B.
Néanmoins, M. Rudersdorfer ne se laisse pas
démonter par les éclats de la direction.
Il est bien connu pour avoir négocié des
conventions exemplaires au nom de ses membres et, malgré ses
nombreuses années d’expérience
du côté syndical de la table, il a réussi
l’an dernier à réaliser plusieurs «premières».
En juin, il a rencontré les responsables du
Western Mail Tech à Delta, C.-B., au sujet d’un
grief pour renvoi injustifié, et en a profité pour
négocier des modifications mineures de la convention,
qui devait se terminer le mois suivant. Après
avoir réglé ces détails au cours
d’un rencontre en personne, le reste des négociations
a été réalisé par courriel.
«J’ai d’excellents rapports avec
les responsables du Mail Tech, que j’ai syndiqué au
cours des années 1980», précise
M. Rudersdorfer.
En fin de compte, les 20 employés ont obtenus
une convention de trois ans qui leur accorde des augmentations
salariales annuelles totalisant 15 pour cent pendant
la durée de la convention, ainsi que des améliorations
au niveau des vacances et des prestations de maladie.
«C’était la première fois
que je négociais par courriel», précise
M. Rudersdorfer. Il ajoute en riant qu’il était
alors en vacances, et qu’il a finalisé l’entente «à bord
d’un paquebot qui voguait de Singapour à Hong
Kong».
Plusieurs mois plus tôt, il
avait réussi
une autre première: faire inclure une
clause sur le harcèlement dans la convention
des 70 à 80 employés de Mail-O-Matic
Services Ltd. à Burnaby. Cette clause, qui a
pour origine un incident survenu dans le milieu de
travail, a depuis été reprise par d’autres
ateliers syndicaux de la C.-B.
M. Rudersdorfer décrit en
termes élogieux
l’excellente relation qu’entretien son
local avec Mail-O-Matic, une entreprise familiale entièrement
syndiquée qui est la plus importante agence
de publicité directe de la province. Les propriétaires,
membres du syndicat, sont d’anciens travailleurs
de la salle du courrier de Pacific Press (Vancouver
Sun et Province), et ont créé leur entreprise
pendant une grève de neuf mois en 1978-79.
Leur convention collective,
qui s’étend
d’avril 2006 à mars 2008, a été négociée
en mai dernier et prévoit des augmentations
générales de quatre pour cent par année,
ainsi que des améliorations du régime
de pension et des contributions au RÉER.
La convention collective renferme également
une entente de partage des profits, qui se traduit
par une prime versée à tous les employés, établie
au prorata des heures travaillées. En 2006,
150 000$ ont ainsi été répartis;
chaque employé a reçu en moyenne la somme
de 2500$. |