Le 13 janvier 2007

L’éditeur donne aux négociations un goût amer

Victoria-Vancouver Island Newspaper Guild | Le Local 30223 de TNG Canada

Si Bob McKenzie espérait être nommé meilleur patron de l’année 2007, il vient de perdre toutes ses chances dès la première semaine de l’année.

Lorsque l’équipe de négociation de la Guilde arrivera lundi à la table de négociations – pour entreprendre une deuxième journée de pourparlers avec le Victoria Times Colonist — l’ambiance risque d’être tendue à la suite des mots proférés par l’éditeur du quotidien le tout premier jour des négociations, le 8 janvier:

«Je me fiche du moral qui devrait exister à votre avis – c’est exagéré.»

Le 23 décembre 2006
Création d’un fonds fiduciaire pour les enfants d’un membre de la Guilde tué dans un accident de voiture


Le 26 janvier 2005
Trois syndicats ratifient une entente forgée par un conseil mixte


En donnant un tel ton aux pourparlers en vue de renouveler une convention collective échue le jour de l’an, la direction du quotidien appartenant à CanWest Global a fait clairement savoir à la Guilde qu’elle n’est pas intéressée à améliorer en aucune façon les clauses de la convention ou d’en changer les coûts – à moins que ce soit évidemment en faveur de l’entreprise.

Il est facile de comprendre pourquoi Chris Carolan, président du local qui représente 200 employés de la rédaction, la publicité, la distribution, l’entretien, la technologie de l’information et la section des affaires, est tout bonnement estomaqué par l’attitude parcimonieuse de l’employeur.

«L’éditeur soutien que nous avons une des meilleures conventions de tout le secteur des journaux, et que la direction n’est pas prête à faire des compromis. Il dépeint un quotidien qui ne peut pas se permettre de perdre la moindre flexibilité, parce que ses revenus ne sont plus comme avant», explique M. Carolan.

Pourtant, souligne-t-il, les responsables du CanWest MediaWorks Income Fund, qui comprend le Times Colonist dans son écurie de 10 quotidiens métropolitains, vantait trois jours plus tard ses propres mérites à ses actionnaires.

«Nous avons prouvé que notre groupe de journaux est un actif stable … qui, selon nous, constituera l’épine dorsale de cette entreprise pendant de très nombreuses années», a déclaré à Toronto le président Peter Liba au cours de la réunion annuelle du 11 janvier. «Chaque année, malgré l’apparition continuelle de nouveaux concurrents, les journaux en général – et les nôtres en particulier – continuent de croître et de prospérer.»

Pourtant, selon M. Carolan, la Guilde ne cherche pas à ajouter à sa convention des améliorations exorbitantes: «Nous désirons simplement plus de flexibilité dans nos existences.»

De l’autre côté, l’entreprise semble résolue à faire des pas en arrière. Par exemple, la direction désire réduire la période de notification d’un changement d’horaire de 4,5 semaines à deux.

Les patrons souhaitent aussi pouvoir embaucher des employés occasionnels sans leur offrir d’autres avantages que des vacances payées; diminuer les modalités des congés de maladie; et réduire de 90/10 à 80/20 le partage employeur/employés au niveau des primes de prestations complémentaires sur les soins de santé. (Par contre, CanWest paye 100 pour cent de ces primes pour les employés du Vancouver Sun et Province.)

«Mais ce qui nous rend le plus furieux», poursuit M. Carolan, «c’est l’attaque bruyante et opportuniste de l’entreprise à l’endroit de la juridiction de la Guilde» en confirmant son intention de soustraire unilatéralement la classification de réviseur des nouvelles sportives de la convention de la Guilde et d’en faire un poste de gestionnaire.

Cette annonce est survenue à peine un mois après que le réviseur des nouvelles sportives du Times Colonist, Gavin Fletcher, ait été tué à 39 ans dans un accident de la route deux semaines avant Noël. (M. Carolan précise que son local, de même que la Ottawa Newspaper Guild, ont déjà fait un don à un fonds fiduciaire créé pour aider les deux fillettes de M. Fletcher. On s’attend à ce que d’autres locaux de la Guilde fassent de même.)

En terminant, M. Carolan a expliqué que son local a répondu à l’annonce de la direction en lui faisant savoir que l’élimination du poste de réviseur des nouvelles sportives devient maintenant un sujet de négociation.

VVING est le seul local de TNG Canada qui participe à un conseil mixte pour négocier avec un quotidien. Pour négocier les éléments communs de leurs conventions respectives, il fait équipe avec le local 30403 de TNG/CWA, qui représente environ 40 travailleurs de la salle du courrier, et avec le Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP), qui représente 18 opérateurs sur presse et clicheurs (autrefois membres de la Graphic Communications International Union) et environ une douzaine de compositeurs. Généralement, chaque syndicat négocie tout d’abord les éléments exclusifs de sa convention collective, mais VVING a pris cette fois le départ en premier.