«Je me fiche du moral qui devrait exister à votre
avis – c’est exagéré.»
Bob McKenzie
Éditeur, Victoria Times Colonist
|
Le 13 janvier 2007
L’éditeur donne aux
négociations un goût amer
Victoria-Vancouver
Island Newspaper Guild | Le
Local 30223 de TNG Canada
Si Bob McKenzie espérait être
nommé meilleur patron de l’année
2007, il vient de perdre toutes ses chances dès
la première semaine de l’année.
Lorsque l’équipe de
négociation de la Guilde arrivera lundi à la
table de négociations – pour entreprendre
une deuxième journée de pourparlers avec
le Victoria Times Colonist — l’ambiance
risque d’être tendue à la suite
des mots proférés par l’éditeur
du quotidien le tout premier jour des négociations,
le 8 janvier:
«Je me fiche du moral qui devrait exister à votre
avis – c’est exagéré.»
En donnant un tel ton aux pourparlers
en vue de renouveler une convention collective échue
le jour de l’an, la direction du quotidien appartenant à CanWest
Global a fait clairement savoir à la Guilde
qu’elle n’est pas intéressée à améliorer
en aucune façon les clauses de la convention
ou d’en changer les coûts – à moins
que ce soit évidemment en faveur de l’entreprise.
Il est facile de comprendre
pourquoi Chris Carolan, président du local qui représente 200
employés de la rédaction, la publicité,
la distribution, l’entretien, la technologie
de l’information et la section des affaires,
est tout bonnement estomaqué par l’attitude
parcimonieuse de l’employeur.
«L’éditeur soutien que nous avons
une des meilleures conventions de tout le secteur des
journaux, et que la direction n’est pas prête à faire
des compromis. Il dépeint un quotidien qui ne
peut pas se permettre de perdre la moindre flexibilité,
parce que ses revenus ne sont plus comme avant»,
explique M. Carolan.
Pourtant, souligne-t-il, les
responsables du CanWest MediaWorks
Income Fund, qui
comprend le Times Colonist dans son écurie de 10 quotidiens métropolitains,
vantait trois jours plus tard ses propres mérites à ses
actionnaires.
«Nous avons prouvé que notre groupe de
journaux est un actif stable … qui, selon nous,
constituera l’épine dorsale de cette entreprise
pendant de très nombreuses années»,
a déclaré à Toronto le président
Peter Liba au cours de la réunion annuelle du
11 janvier. «Chaque année, malgré l’apparition
continuelle de nouveaux concurrents, les journaux en
général – et les nôtres en
particulier – continuent de croître et
de prospérer.»
Pourtant, selon M. Carolan,
la Guilde ne cherche pas à ajouter à sa
convention des améliorations exorbitantes: «Nous
désirons simplement plus de flexibilité dans
nos existences.»
De l’autre côté, l’entreprise
semble résolue à faire des pas en arrière.
Par exemple, la direction désire réduire
la période de notification d’un changement
d’horaire de 4,5 semaines à deux.
Les patrons souhaitent aussi
pouvoir embaucher des employés occasionnels
sans leur offrir d’autres
avantages que des vacances payées; diminuer
les modalités des congés de maladie;
et réduire de 90/10 à 80/20 le partage
employeur/employés au niveau des primes de prestations
complémentaires sur les soins de santé.
(Par contre, CanWest paye 100 pour cent de ces primes
pour les employés du Vancouver
Sun et Province.)
«Mais ce qui nous rend le plus furieux»,
poursuit M. Carolan, «c’est l’attaque
bruyante et opportuniste de l’entreprise à l’endroit
de la juridiction de la Guilde» en confirmant
son intention de soustraire unilatéralement
la classification de réviseur des nouvelles
sportives de la convention de la Guilde et d’en
faire un poste de gestionnaire.
Cette annonce est survenue à peine un mois
après que le réviseur des nouvelles sportives
du Times Colonist, Gavin Fletcher, ait été tué à 39
ans dans un accident de la route deux semaines avant
Noël. (M. Carolan précise que son local,
de même que la Ottawa Newspaper Guild, ont déjà fait
un don à un fonds fiduciaire créé pour
aider les deux fillettes de M. Fletcher. On s’attend à ce
que d’autres locaux de la Guilde fassent de même.)
En terminant, M. Carolan a
expliqué que son
local a répondu à l’annonce de
la direction en lui faisant savoir que l’élimination
du poste de réviseur des nouvelles sportives
devient maintenant un sujet de négociation.
VVING est le seul local de
TNG Canada qui participe à un
conseil mixte pour négocier avec un quotidien.
Pour négocier les éléments communs
de leurs conventions respectives, il fait équipe
avec le local 30403 de TNG/CWA, qui représente
environ 40 travailleurs de la salle du courrier, et
avec le Syndicat canadien des communications, de l’énergie
et du papier (SCEP), qui représente 18 opérateurs
sur presse et clicheurs (autrefois membres de la Graphic
Communications International Union) et environ une
douzaine de compositeurs. Généralement,
chaque syndicat négocie tout d’abord les éléments
exclusifs de sa convention collective, mais VVING a
pris cette fois le départ en premier. |