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PHOTO: Michael Purvis

Elaine Della-Mattia, vice-présidente de la Sault Ste Marie Typographical Union, est à la tête d’une ligne de piquetage d’information établie mercredi au Sault Star. Une vingtaine d’employés protestaient contre la décision d’Osprey d’impartir des emplois des journaux locaux à ses centres d’appels de Niagara Falls et de Sarnia.

Le 16 fÉvrier 2006

Les patrons d’Osprey font face à une protestation dans quatre villes

OTTAWA | TNG Canada/CWA

De nombreux membres de la Guilde ont formé, mercredi dernier à l’heure du lunch, des lignes de piquetage d’information dans quatre municipalités afin de dénoncer les pratiques d’impartion d’emplois des quotidiens d’Osprey Media vers des centres d’appels.

La campagne Keep Our Newspapers Local, annoncée lundi dernier par un communiqué de TNG Canada/CWA, a reçu une bonne couverture médiatique, frustré les dirigeants de la chaîne Osprey, et continue de bénéficier d’un appui important de la part du public.

Communiqué
La Guilde entreprend une campagne pour contrer l’élimination d’emplois dans certains journaux d’Osprey


TNGCanada.org
Des locaux se mobilisent pour lutter contre la migration d’emplois à des centres d’appels


TNGCanada.org
Osprey éviscère le département d’annonces classées d’un de ses quotidiens


Les présidents des locaux de TNG Canada à North Bay, St. Catharines, Sault Ste Marie et Sudbury étaient enchantés du nombre de personnes ayant pris part à la protestation – de 20 à 100 selon l’endroit. Au Kingston Whig-Standard, où les négociateurs de la Guilde luttent contre un employeur qui exige pouvoir impartir le travail de rédaction en ayant recours à un nombre illimité de pigistes, les journalistes ont décidé de ne plus signer leurs articles afin d’appuyer leurs collègues syndiqués des autres quotidiens Osprey.

«Je suis enchanté de la participation des différents locaux», déclare David Wilson, représentant de TNG Canada, qui aide présentement la Kingston Typographical Union à négocier une nouvelle convention.

Cette campagne constitue la première mesure coordonnée entreprise par le «caucus Osprey» de TNG Canada, formé en automne dernier à la suite des mises à pied au St. Catharines Standard et à Kingston. Osprey Media a éliminé les emplois locaux, dans ses quotidiens, après avoir établi des centres d’appels à Niagara Falls et à Sarnia, et les avoir doté d’employés à temps partiel peu payés pour s’occuper des ventes et des services aux lecteurs (tirage), ainsi que des annonces classées. D’autres locaux ont été prévenus que de nouvelles mises à pied suivront le printemps prochain.

TNG Canada estime que jusqu’à 100 emplois risquent de disparaître dans les services des neuf journaux Osprey où les employés sont représentés par la Guilde. On ignore combien d’emplois seront éliminés dans les 12 autres quotidiens de la chaîne.

David Esposti, un représentant de TNG Canada qui s’est joint aux quelque deux douzaines de membres sur la ligne de piquetage du Sault Star, souligne que la campagne a relevé le moral des membres de la Guilde qui travaillent pour la chaîne Osprey. «Ils sont venus ensemble. Et ils ont découvert qu’ils ont plusieurs problèmes en commun.»

Il s’agissait là d’une rare manifestation de rébellion pour Michael Sifton, qui a créé en 2001 le Osprey Media Group après avoir acheté 29 journaux de Hollinger, l’empire de Conrad Black. En 2003, il achetait 30 autres journaux de CanWest Global.

Dans une note de service distribuée hier après-midi, le DG a expliqué à ses employés que la façon traditionnelle de fonctionner est terminée, et qu’ils devront s’adapter au changement et à l’évolution. Sans mentionner la protestation, il souligne néanmoins que «Nous devons chercher des moyens de faire les choses différemment à l’interne, de façon à garder l’entreprise financièrement robuste…»

«Une de ces initiatives est l’addition de notre centre de vente des annonces classées. Ce n’est qu’un élément d’une stratégie destinée à répondre aux exigences des annonceurs et à défendre notre franchise dans ce domaine, tout en évoluant et en augmentant les revenus», poursuit la note de service. Plus loin, dans ce qui est largement perçu comme une insulte envers des employés chevronnés de longue date, la note ajoute «Nous possédons maintenant la capacité, au sein de ce centre des ventes, de compléter l’excellent travail des employés locaux de ventes des annonces classées à l’aide d’une solide équipe de vendeurs au téléphone, capables de vendre nos nombreuses "valeurs ajoutées" de même que nos occasions de publicité multi-marchés.»

Les lecteurs, annonceurs et employés des journaux Osprey ont réagi à peine quelques heures après le déclenchement de la campagne lundi dernier, en consultant le site Web pour envoyer des cartes électroniques d’appui et en relayant le message aux habitants des autres régions desservies par un journal Osprey. Les différents locaux recueillent également des messages d’appuis écrits, qui ont été distribués dans leurs communautés en compagnie d’affiches destinées à faire connaître la campagne Keep Our Newspapers Local.

Mardi, les éditeurs de deux journaux Osprey ont tenté d’écraser les protestations prévues. Dan Johnson, du North Bay Nugget, et David Kilgour, du Sudbury Star, ont tenu ce que M. Esposti décrit comme des «réunions à auditoire contraint» et ont clairement fait savoir leur mécontentement envers la campagne de la Guilde.

Un article non signé, intitulé «Osprey Media est engagé envers Sudbury: L’éditeur du Star commente les protestations syndicales contre les coupures de postes» est paru dans le Sudbury Star d’aujourd’hui. L’article cite abondamment M. Kilgour et fait l’éloge de l’entreprise, mais ne contient aucun commentaire de la part de la Northern Ontario Newspaper Guild.

À North Bay, où M. Johnson a refusé mardi de publier quoi que ce soit au sujet de la campagne, un journaliste et un photographe ont été envoyés couvrir la nouvelle mercredi, après que d’autres médias se soient présentés à la ligne de piquetage.

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