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Tom Ludwig photos

L’équipe de négociations (de gauche à droite) – Art
Lacroix, Bruce Hawkings, Marilyn Mackenzie, Crystal Ward
et Carol Madter – montre un des panneaux d’affichage
installés par le local, bien en vue des bureaux de
la direction de l’entreprise Les aliments Schneider.
Le 16 FÉvrier 2005
Une grève ou un lock-out du personnel de bureau semblent
inévitables chez Schneider
l’Association des employés de bureau de
Schneider | Le
Local 30009 de TNG Canada
Les membres de la Guilde, à l’entreprise Les
aliments Schneider, en ont assez des tactiques d’intimidation
de la compagnie; ils se préparent en vue d’une
grève ou d’un lock-out dès le début
du mois prochain.
Art Lacroix, président de l’Association des employés de bureau de
Schneider, qui compte 166 membres, dit
que la majorité des
employés du bureau chef de l’entreprise situé à Kitchener,
en Ontario, ne souscrivent plus à la mantra paternaliste
de l’employeur «Faites-nous confiance, tout va
s’arranger», spécialement depuis que l’entreprise
a fait l’objet en 2003 d’une prise
de contrôle de la part d’Aliments Maple Leaf inc., une entreprise
notoirement anti-syndicaliste.
La direction de Schneider a déposé sur la
table de négociation très peu de propositions
concrètes depuis l’échéance de
la convention des employés de bureau le 31 octobre,
soutient Lacroix. Quatre séances de négociations
et deux rencontres avec un conciliateur ont eu pour résultat
que l’employeur a demandé de ne pas instaurer
de commission de conciliation, demande qui a maintenant été accordée.
En conséquence, l’entreprise et le syndicat
seront en position «libre» à partir de
00h01 le lundi 7 mars.
On s’attend à ce que Schneider tente cette
fois encore de tirer avantage de la position libre pour imposer
de nouvelles conditions qui auront des effets négatifs
sur la sécurité d’emploi, les pensions,
les salaires et les avantages. Cette année, néanmoins,
les membres de la Guilde ne sont pas d’humeur à se
laisser faire.
Dans un communiqué envoyé cette semaine aux
membres de la Guilde, l’équipe de négociation
(Art Lacroix, la vice-présidente Marilyn Mackenzie,
Bruce Hawkings, Crystal Ward et Carol Madter) a déclaré que «la
contre-proposition (des responsables de Schneider) portait
beaucoup sur le contrôle absolu et la flexibilité dont
prétend avoir besoin l’entreprise, mais contenait
très peu d’améliorations pour vous.» L’équipe
a de plus prévenu les membres que «malheureusement,
nous sommes dans l’incapacité de répondre à cette
proposition à cause de tous les points qui demeurent
obscurs, et nous ne possédons pas plus de réponses
aujourd’hui qu’au début des négociations
il y a plusieurs mois.»
À cause du refus de l’entreprise de fournir
les renseignements nécessaires à la négociation
des salaires, des pensions et des prestations de maladie,
l’avocat de TNG Canada, Nelson Roland, a déposé une
plainte de négociation de mauvaise foi auprès
de la Commission des relations de travail de l’Ontario.
L’équipe de négociation a reçu
un mandat de grève le 11 décembre, lorsque
63 pour cent des membres votants ont décidé en
faveur des moyens de pressions, a expliqué M. Lacroix.
Le comité local de mobilisation s’affaire à distribuer
des T-shirts et des boutons, et prépare les membres à entreprendre
des moyens de pression le 7 mars. Le syndicat a fait installer
d’énormes annonces sur des panneaux d’affichage, à l’extérieur
de l’usine Schneider, bien en vue des bureaux de la
direction. Des communiqués de presse et des annonces
radio sont en cours de préparation. Un piquetage secondaire
débutera vraisemblablement d’ici le 7.
Un sondage des membres de la Guilde,
effectué avant
le début des négociations, a révélé que
leurs plus grandes préoccupations sont la sécurité d’emploi
et les indemnités de départ. Selon M. Lacroix,
ces résultats ne sont guère surprenants, car
plusieurs des travailleurs de bureau sont des employés
de longue date qui ne souhaitent pas quitter Kitchener.
Les membres de la Guilde, qui comprennent
les travailleurs de l’administration, des finances, des technologies
d’information et de bureau, ont assisté avec
une consternation grandissante à la fusion de Schneider
et de Maple Leaf. La «rationalisation» a mené au
transfert du personnel (non syndiqué) des ventes et
du marketing à Mississauga, en banlieue de Toronto.
D’autre part, les employés des TI, membres du
local de la Guilde, ont été prévenus
qu’ils seront relocalisés d’ici juin 2006;
leur destination reste à déterminer.
Selon M. Lacroix, la position des membres peut se résumer
de la façon suivante: «On est fatigué de
jouer à des jeux. On a besoin d’une convention
qui nous apportera un minimum de stabilité et de
certitude pendant le processus de transfert.»
La Guilde cherche à obtenir une augmentation de quatre
pour cent par année, quelle que soit la durée
de la nouvelle convention, qui reste à discuter. L’échelle
salariale des employés de bureau s’étend
présentement de 21 000$ à 76 000$.
Les employés ont également l’intention
d’obtenir des pensions indexées et de meilleures
prestations de santé. Ces dernières ont été particulièrement
malmenées au cours des dernières rondes de
négociations, explique M. Lacroix. «La compagnie
nous a mis sur un régime d’avantages sociaux
flexibles, et s’est réservé le droit
de changer le plan à son échéance.» Maintenant,
Schneider désire en choisir le fournisseur, en déterminer
la portée et établir le niveau de cotisation
de l’employeur et des employés, ajoute-t-il.
Les pensions constituent un autre
point litigieux pour les travailleurs. Dans le passé, l’entreprise a
apporté au régime de pension des modifications
sujettes à caution. Le local de la Guilde envisage
d’intenter un recours collectif pour ce qu’il
considère être une utilisation inappropriée,
par l’entreprise, des surplus du régime de pension.
Selon M. Lacroix, les employés n’ont plus beaucoup
de patience à l’endroit d’une entreprise
qui ne respecte pas ses conventions collectives, refuse de
se conformer aux échelles salariales convenues au
cours des négociations, et lève généralement
le nez sur les préoccupations des employés.
Le local dépose en moyenne 18 griefs par an, et la
majorité vont en arbitration, ajoute-t-il.
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