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Le 26 septembre 2003

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Maple Leaf avale Schneiders

Personne n'explique — pour l'instant — en quoi la fusion
pourrait toucher les travailleurs

Schneider Office Employees' Association | Le Local 30009 de TNG Canada

Le «rapatriement» de Schneider par Les aliments Maple Leaf Inc. a été qualifié, jeudi, de victoire importante pour l'industrie canadienne de l'alimentation. Mais aucun des responsables en pleine euphorie n'a voulu se risquer à commenter l'éventualité que cette transaction puisse se traduire par une perte pour les travailleurs canadiens.

Photo: Art Lacroix
AlimentsSchneider.ca
Communiqué de presse

Maple Leaf, la plus importante entreprise de transformation de viande au Canada qui comprend 18000 employés, a annoncé l'achat de Schneiders du géant alimentaire américain Smithfield Foods Inc. à un coût approximatif de 413 millions de $. (Smithfield a acheté Schneiders il y a cinq ans, au terme d'une lutte de prise de contrôle longue et coûteuse, provoquée par la tentative hostile de Maple Leaf de se procurer l'entreprise canadienne de 107 ans au coût de 130 millions de $.)

Schneiders, qui emploie 5000 personnes dans 20 établissements — y compris les 160 membres de l'Association des employés de bureau de Schneider (TNG Canada Local 30009) à son bureau chef de Kitchener, Ontario — est la deuxième plus importante entreprise de transformation de viande au Canada.

«Bon retour au Canada, Schneiders» s'est écrié Michael McCain, PDG de Maple Leaf, au cours d'une conférence de presse tenue à Toronto. Il a qualifié l'entente de «quasi-repatriement d'une grande entreprise canadienne».

«L'industrie canadienne de l'alimentation est en grande partie dominée par les multinationales américaines», a déclaré McCain aux journalistes. «Très peu d'entreprises canadiennes rachètent aux américains ou aux multinationales d'importants éléments du patrimoine tels que l'organisation Schneiders.»

Selon le directeur de TNG Canada, Arnold Amber, l'approbation éventuelle de l'entente par le Bureau canadien de la concurrence présenterait un aspect très positif. «Ça ferait disparaître de parmi nous une entreprise américaine extrêmement anti-syndicale», dit-il.

Art Lacroix, président du local de TNG à Kitchener, qui représente les travailleurs de l'administration, des finances, des technologies d'information et de bureau, a goûté à la boucherie de Smithfield il y a quelques années, à l'occasion du renouvellement de la convention collective. En bout de compte, l'entreprise a réussi à exterminer les indemnités de santé des retraités, et à réduire de façon importante les droits et les indemnités de santé des travailleurs. L'entreprise a «catégoriquement refusé» de négocier des augmentations de salaires, préférant plutôt imposer des hausses inférieures à l'indice des prix à la consommation.

La convention actuelle prendra fin en octobre 2004. Au début de l'an prochain, Maple Leaf s'attend à ajouter Schneiders à la liste de ses nombreuses entreprises exploitées de façon indépendante, et devrait entreprendre les nouvelles négociations à l'automne. Néanmoins, le syndicat ne s'attend pas pour autant à un pique-nique.

Bien que moins extrême que Smithfield, explique Arnold Amber, «Maple Leaf est également un employeur difficile, qui lutte âprement contre les syndicats dans ses établissements».

Il ajoute que TNG Canada va se préparer à un avenir prévisible. «Dans le cas de toute acquisition, il faut se méfier des "rationalisations" (de la compagnie mère) — qu'on appelle réduction des effectifs — et des fermetures d'usine», ajoute Amber.

«Néanmoins, d'un côté plus optimiste», explique Amber, «cette vente est évidemment rassurante du côté de la longévité des effectifs. Elle stabilise Schneiders. Et elle pourrait éventuellement permettre à TNG Canada de recruter plus d'effectifs.»

Lacroix confirme que «Schneiders réussit incroyablement bien en ce moment. L'établissement de Kitchener en est en grande partie responsable». Il ajoute qu'à son avis, «Maple Leaf admire ce qu'on fait et la façon dont on le fait.»

Le PDG de Schneiders, Douglas Dodds, qui dans un communiqué de presse a qualifié la fusion d' «excellent placement stratégique», a invité les officiers et les représentants du local syndical de l'usine à assister à une réunion, jeudi matin à 08h00, au cours de laquelle il a annoncé l'entente d'achat.

Dodds «a expliqué que notre principal compétiteur et la bataille d'acquisition de 1998 marquaient notre avenir», dit Lacroix. «Du côté de Smithfield, il s'agit purement d'une décision d'investissement. Pour Maple Leaf et nous-mêmes, c'est une occasion de croissance.

«En fait, cette entente va faire de nous des partenaires égaux dans le cadre d'un "partenariat hautement complémentaire", afin de créer une entreprise alimentaire de consommation internationale de classe mondiale.»

Même si «la direction n'a que de bonnes paroles en ce moment», le syndicat s'attend à ce qu'à long terme, on assiste à une «rationalisation». Lacroix dit que le local «se doit d'être proactif à ce sujet».

«Jusqu'à présent», ajoute Lacroix, «ils évitent la question des mises à pied et des fermetures pour parler avec enthousiasme des occasions de croissance qu'offrira notre nouvelle entreprise de 3 milliards de dollars.»

«En fin de compte, ils nous ont dit vaguement qu'il ne devrait pas y avoir de changement au cours des 12 à 16 prochains mois. Nous allons donc attendre, et voir ce que l'avenir nous réserve.»

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