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Steve
MacInnis, président du local de Sydney, soutient avoir
laissé savoir que la prochaine fois, les travailleurs
chercheront à obtenir de meilleurs avantages.
Le 18 dÉcembre 2004
Un local de Nouvelle-Écosse remporte
une convention améliorée – sans lutte
Le nouveau propriétaire du
Daily's accepte une clause permettant aux journalistes de
contrôler la signature de leurs articles
Sydney Typographical
Union | Le
Local 30460 de TNG Canada
Pour autant qu’on puisse s’en
souvenir, la Sydney Typographical Union a toujours du lutter
jusqu’au bord de la grève pour ratifier une
convention collective. Du moins, jusqu’à maintenant.
«J’ai été agréablement
surpris par la façon dont les négociations
se sont déroulées», a déclaré David
Esposti, le représentant de TNG Canada qui a aidé l’équipe
de négociation du local à conclure l’entente
de trois an (jusqu’au 31 janvier 2007) qui accorde
aux travailleurs une augmentation de salaire de sept pour
cent. Les membres ont approuvé l’entente au
cours d’une réunion de ratification tenue aujourd’hui.
«C’est pas la meilleure des
conventions, mais c’en est une avec laquelle on va
pouvoir vivre», a fait remarquer le président
du local, Steve MacInnis. «Le syndicat a tenu bon au
niveau des salaires et des prestations de retraite, et a
obtenu certains résultats au niveau des vacances et
des indemnités de licenciement.» Par contre,
il souligne ne pas avoir obtenu les améliorations
recherchées au niveau des congés de maladie. «On
leur a donc laissé savoir que la prochaine fois, on
cherchera à obtenir de meilleurs avantages sociaux.»
Le local de Sydney est inhabituel, en ce
sens qu’il représente les travailleurs de tous
les départements du Cape Breton Post, le seul quotidien
de l’île, propriété de Transcontinental
Média de Montréal.
Le local possède deux conventions distinctes: une
qui s’applique aux cols blancs, y compris les rédacteurs,
publicitaires, employés de bureau et de la circulation,
et une autre pour les cols bleus, y compris les pressiers
et les distributeurs sur la route. Les cols blancs ont accepté l’entente
dans une proportion de 85 pour cent, tandis que les cols
bleus l’ont ratifié à 80 pour cent. Le
comité de négociation en avait recommandé l’acceptation.
Pour plusieurs travailleurs du journal,
a expliqué Esposti,
l’amélioration la plus importante de la nouvelle
convention a été l’inclusion pour la
première fois d’une mention relative aux signatures
des journalistes. Une clause stipule en effet que «la
signature d’un employé ne devra pas être
publiée si ce dernier s’y oppose».
Esposti souligne que «le contrôle
de la signature des journalistes constituait un enjeu important
au cours des négociations précédentes,
mais
(l’ancien propriétaire) CanWest ne voulait rien
savoir». Transcontinental Média, qui s’est
porté acquéreur du Cape Breton Post et de 11
autres journaux de CanWest en 2002, a non seulement accepté la
clause sur les signatures, mais a également convenu
que «toute modification substantielle d’un article
soumis par un employé en vue de sa publication devra être
portée à l’attention de cet employé chaque
fois que ce sera possible».
CanWest Global Corporation avait imposé une
ordonnance de silence à ses journalistes de la presse écrite
et électronique, à la suite des protestations
survenues en 2001 à la Montreal Gazette et en 2002
au Regina Leader-Post. Un tribunal du travail du Québec
a statué, en octobre 2003, que les journalistes de
la Gazette ont le droit de contrôler l’utilisation
de leurs signatures, et d’en empêcher la publication
s’ils le désirent. Toutefois, cette décision
ne s’applique qu’à la Gazette, et CanWest
a constamment refusé d’étendre les mêmes
droits, au niveau des signatures et de la liberté d’expression, à ses
autres journalistes.
Transcontinental, qui est avant tout un
imprimeur, possède une gamme grandissante de médias
comprenant plus de 100 quotidiens, hebdomadaires et bihebdomadaires
situés dans sept provinces. Néanmoins, comme
très peu de ces propriétés sont syndiquées,
Esposti s’attendait à ce que les négociations
de Sydney soient difficiles. Mais à sa grande surprise, «les
relations de travail se sont beaucoup améliorées
avec le nouvel employeur».
«Cette entente est survenue au niveau de la conciliation,
ce qui en soit est unique, parce que le local a presque toujours été forcé auparavant
de tenir un vote de grève, et de se rendre en médiation
(dernière étape avant une grève ou un
lock-out) avant de pouvoir obtenir une nouvelle convention»,
explique Esposito.
La négociation ne s’est quand même pas
faite toute seule, ajoute MacInnis. «C’était
la première fois qu’on négociait avec
Transcontinental. Ça a quand même été difficile.»
La nouvelle convention prévoit des augmentations
de 2,5, 2,0 et 2,5 pour cent au cours des trois prochaines
années, de même qu’une prime à la
signature de 150$, et elle est entièrement rétroactive
au 1er février 2004, date d’échéance
de la dernière convention. Les contributions hebdomadaires
de l’entreprise, qui s’échelonnent en
ce moment de 28,63$ à 33,75, augmenteront de 5$.
L’équipe de négociation a également
obtenu des améliorations au niveau des congés
de décès, des journées de vacances et
des indemnités de licenciement, ainsi qu’une
augmentation des allocations de kilométrage et des
primes pour travail de nuit.
Selon MacInnis, les journées de maladies constituent
une question importante, puisque les employés ne disposent
en ce moment que de cinq journées payées par
an, tandis que la moyenne est de neuf en Nouvelle-Écosse.
«À mesure qu’un plus grand nombre
de travailleurs devront soigner des membres de leurs familles,
cette question se retrouvera de plus en plus à l’avant-plan
de nos préoccupations», a ajouté le président
du local.
De plus, ajoute-t-il, l’entreprise a indiqué son
intention de faire passer les travailleurs du régime
de pension de l’UIT à un régime de REER
autonome.
«Ils peuvent s’attendre à une résistance
importante à ce sujet», a commenté MacInnis.
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