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Photo: Steve MacInnis Steve MacInnis, président du local de Sydney, soutient avoir laissé savoir que la prochaine fois, les travailleurs chercheront à obtenir de meilleurs avantages.

 

 

Le 18 dÉcembre 2004

Un local de Nouvelle-Écosse remporte une convention améliorée – sans lutte

Le nouveau propriétaire du Daily's accepte une clause permettant aux journalistes de contrôler la signature de leurs articles

Sydney Typographical Union | Le Local 30460 de TNG Canada

Pour autant qu’on puisse s’en souvenir, la Sydney Typographical Union a toujours du lutter jusqu’au bord de la grève pour ratifier une convention collective. Du moins, jusqu’à maintenant.

Communiqué
Transcontinental acquiert 12 journaux communautaires de CanWest

TNG Canada
Le octobre 2003: Un arbitre du Québec statue que les journalistes de The Gazette peuvent retirer leur signature «leur convenance»


«J’ai été agréablement surpris par la façon dont les négociations se sont déroulées», a déclaré David Esposti, le représentant de TNG Canada qui a aidé l’équipe de négociation du local à conclure l’entente de trois an (jusqu’au 31 janvier 2007) qui accorde aux travailleurs une augmentation de salaire de sept pour cent. Les membres ont approuvé l’entente au cours d’une réunion de ratification tenue aujourd’hui.

«C’est pas la meilleure des conventions, mais c’en est une avec laquelle on va pouvoir vivre», a fait remarquer le président du local, Steve MacInnis. «Le syndicat a tenu bon au niveau des salaires et des prestations de retraite, et a obtenu certains résultats au niveau des vacances et des indemnités de licenciement.» Par contre, il souligne ne pas avoir obtenu les améliorations recherchées au niveau des congés de maladie. «On leur a donc laissé savoir que la prochaine fois, on cherchera à obtenir de meilleurs avantages sociaux.»

Le local de Sydney est inhabituel, en ce sens qu’il représente les travailleurs de tous les départements du Cape Breton Post, le seul quotidien de l’île, propriété de Transcontinental Média de Montréal.

Le local possède deux conventions distinctes: une qui s’applique aux cols blancs, y compris les rédacteurs, publicitaires, employés de bureau et de la circulation, et une autre pour les cols bleus, y compris les pressiers et les distributeurs sur la route. Les cols blancs ont accepté l’entente dans une proportion de 85 pour cent, tandis que les cols bleus l’ont ratifié à 80 pour cent. Le comité de négociation en avait recommandé l’acceptation.

Pour plusieurs travailleurs du journal, a expliqué Esposti, l’amélioration la plus importante de la nouvelle convention a été l’inclusion pour la première fois d’une mention relative aux signatures des journalistes. Une clause stipule en effet que «la signature d’un employé ne devra pas être publiée si ce dernier s’y oppose».

Esposti souligne que «le contrôle de la signature des journalistes constituait un enjeu important au cours des négociations précédentes, mais (l’ancien propriétaire) CanWest ne voulait rien savoir». Transcontinental Média, qui s’est porté acquéreur du Cape Breton Post et de 11 autres journaux de CanWest en 2002, a non seulement accepté la clause sur les signatures, mais a également convenu que «toute modification substantielle d’un article soumis par un employé en vue de sa publication devra être portée à l’attention de cet employé chaque fois que ce sera possible».

CanWest Global Corporation avait imposé une ordonnance de silence à ses journalistes de la presse écrite et électronique, à la suite des protestations survenues en 2001 à la Montreal Gazette et en 2002 au Regina Leader-Post. Un tribunal du travail du Québec a statué, en octobre 2003, que les journalistes de la Gazette ont le droit de contrôler l’utilisation de leurs signatures, et d’en empêcher la publication s’ils le désirent. Toutefois, cette décision ne s’applique qu’à la Gazette, et CanWest a constamment refusé d’étendre les mêmes droits, au niveau des signatures et de la liberté d’expression, à ses autres journalistes.

Transcontinental, qui est avant tout un imprimeur, possède une gamme grandissante de médias comprenant plus de 100 quotidiens, hebdomadaires et bihebdomadaires situés dans sept provinces. Néanmoins, comme très peu de ces propriétés sont syndiquées, Esposti s’attendait à ce que les négociations de Sydney soient difficiles. Mais à sa grande surprise, «les relations de travail se sont beaucoup améliorées avec le nouvel employeur».

«Cette entente est survenue au niveau de la conciliation, ce qui en soit est unique, parce que le local a presque toujours été forcé auparavant de tenir un vote de grève, et de se rendre en médiation (dernière étape avant une grève ou un lock-out) avant de pouvoir obtenir une nouvelle convention», explique Esposito.

La négociation ne s’est quand même pas faite toute seule, ajoute MacInnis. «C’était la première fois qu’on négociait avec Transcontinental. Ça a quand même été difficile.»

La nouvelle convention prévoit des augmentations de 2,5, 2,0 et 2,5 pour cent au cours des trois prochaines années, de même qu’une prime à la signature de 150$, et elle est entièrement rétroactive au 1er février 2004, date d’échéance de la dernière convention. Les contributions hebdomadaires de l’entreprise, qui s’échelonnent en ce moment de 28,63$ à 33,75, augmenteront de 5$.

L’équipe de négociation a également obtenu des améliorations au niveau des congés de décès, des journées de vacances et des indemnités de licenciement, ainsi qu’une augmentation des allocations de kilométrage et des primes pour travail de nuit.

Selon MacInnis, les journées de maladies constituent une question importante, puisque les employés ne disposent en ce moment que de cinq journées payées par an, tandis que la moyenne est de neuf en Nouvelle-Écosse.

 «À mesure qu’un plus grand nombre de travailleurs devront soigner des membres de leurs familles, cette question se retrouvera de plus en plus à l’avant-plan de nos préoccupations», a ajouté le président du local.

De plus, ajoute-t-il, l’entreprise a indiqué son intention de faire passer les travailleurs du régime de pension de l’UIT à un régime de REER autonome.

«Ils peuvent s’attendre à une résistance importante à ce sujet», a commenté MacInnis.

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