
2015.12.15 | Le Local 30213 de SCA Canada | La Guilde canadienne des médias
Des employés de Vice Canada, l’une des plus importantes sources d’actualités sur plateformes numériques au pays, ont manifesté publiquement leur intention de se syndiquer en joignant les rangs de la Guilde canadienne des médias (GCM).
Dans un énoncé publié aujourd’hui sur le site web de la GCM, les travailleurs lancent un appel à tous les employés oeuvrant aux bureaux torontois de l’entreprise – et non seulement au personnel de la salle de rédaction – afin d’amener ces derniers à signer leur carte en guise d’appui. L’objectif est de recueillir le plus grand nombre possible de cartes d’ici la fin de la semaine. À cette fin, une rencontre aura lieu à William’s Landing, situé au 120, rue Lynn Williams, le mercredi 16 décembre de 18 h à 20 h.
Si un pourcentage suffisant des quelque 150 travailleurs signe leur carte, la GCM soumettra alors une demande auprès du Conseil canadien des relations industrielles en vue de procéder à un vote secret, dont le résultat pourrait mener ce local de SCA Canada à obtenir une certification lui permettant de représenter les employés.
Le président de SCA Canada Martin O’Hanlon a indiqué que, tout comme c’est le cas pour bien d’autres travailleurs des médias numériques en Amérique du Nord qui se sont syndiqués au cours des six derniers mois, les employés de Vice tiennent à être rémunérés convenablement pour leur travail et à bénéficier de l’opportunité de bâtir une carrière.
« Nos collègues chez Vice sont fiers du travail qu’ils accomplissent et cherchent simplement à être traités et rémunérés de façon juste et équitable, a poursuivi O’Hanlon. Or, une compagnie comme Vice, qui génère des milliards de dollars, peut très bien se le permettre, si elle accorde une réelle importance à ses employés. »
Les travailleurs chez Vice Canada sont d’avis que, s’ils ont l’occasion de négocier une convention collective, ils pourront proposer une entente qui profitera tant aux employés qu’à la direction.
« Nous apprécions tous l’opportunité d’œuvrer au sein d’une entreprise qui nous accorde une grande latitude, tant dans la nature de notre travail que la façon dont nous l’accomplissons, ont-ils indiqué. Or, nous tenons justement à bénéficier d’une convention collective qui nous permettra de conserver de tels acquis. Nous voulons obtenir l’assurance que certains critères de base seront maintenus, étant donné que le guide des employés et les autres promesses formulées par la direction ne sont pas juridiquement contraignants. Seule une convention collective le serait. »
Les travailleurs cherchent à obtenir:
Les employés de Vice Canada espèrent pouvoir profiter de la vague de syndicalisation que connaissent les sources d’actualités pour plateformes numériques aux États-Unis depuis juin dernier. Nombre d’entre elles, dont Al Jazeera America et The Guardian US, se sont affiliées à l’homologue américain de SCA Canada, soit The NewsGuild-CWA, le syndicat des médias le plus ancien en Amérique du Nord, qui s’est toujours ardemment porté à la défense d’un journalisme de qualité.
Vice Media, qui fut au départ un magazine punk montréalais il y a vingt ans, est progressivement devenu un géant multinational du domaine des médias établi dans 36 pays. L’entreprise, dont le siège social se trouve désormais à Brooklyn, New York, se positionne comme étant un créateur de contenu numérique ciblant un auditoire plus jeune. Ses nombreux produits et services incluent un magazine imprimé mensuel, un site web (Vice.com), des productions télé et cinématographiques, une étiquette de disques et une maison d’édition. Une entente sur le point de se conclure viendrait ajouter une chaîne télé.
Les travailleurs dans le domaine des médias numériques qui aimeraient en savoir davantage sur les façons dont un syndicat pourrait améliorer leurs conditions de travail peuvent communiquer en toute confidentialité avec Karen Wirsig, syndicaliste à la Guilde canadienne des médias, à karen@cmg.ca ou au 416-578-1651.