
2015.08.18
Nous ne saurions sous-estimer à quel point le résultat des prochaines élections fédérales aura un impact significatif sur l’avenir de CBC/Radio-Canada.
Les chefs du NPD, du parti libéral et du parti vert ont tous promis de rétablir ou d’accroître le financement du radiodiffuseur public. De leur côté, les conservateurs n’ont toujours pas fait connaître publiquement leur position sur cet enjeu. Or, après s’être engagé à « maintenir ou accroître son appui » envers CBC/Radio-Canada lors de la campagne électorale de 2011, le gouvernement Harper a fait tout le contraire, menant ce joyau culturel à l’agonie.
SCA Canada lance ainsi un appel à ses quelque 6 000 membres, qui pourraient jouer un rôle potentiellement crucial lors de la prochaine élection : encouragez les membres de votre famille, vos amis et vos collègues à appuyer CBC/Radio-Canada et à aller voter.
« Qu’on l’apprécie ou non, CBC/Radio-Canada est une institution canadienne vitale et sa survie s’avère extrêmement importante pour notre culture, le journalisme et la démocratie », a souligné Martin O’Hanlon, président de SCA Canada, un syndicat représentant des milliers de travailleurs à CBC/Radio-Canada par l’entremise de son plus important local, soit la Guilde canadienne des médias (GCM).
D’ajouter celui-ci : « Depuis des années, le radiodiffuseur public s’est vu privé des fonds lui permettant de mener à bien son mandat encadré par une loi fédérale. Or, même s’ils n’osent pas éliminer d’emblée CBC/Radio-Canada, les conservateurs n’ont tout de même jamais hésité à manifester leur mépris envers la radiodiffusion publique. La société d’État a supprimé nombre d’emplois et réduit sa programmation, et le gouvernement Harper a refusé de lui accorder un financement adéquat lui permettant de réaliser son mandat ».
« Ainsi, une institution nationale vitale se voit présentement saignée à blanc, et des centaines de journalistes qui surveillent les gens au pouvoir et qui racontent les Canadiens et leurs collectivités perdent leur emploi. Qui peut vraiment croire que ce genre de chose est bénéfique à la démocratie? À la société? À l’économie? »
Une autre menace potentielle à la survie de CBC/Radio-Canada se manifeste sous la forme de négociations secrètes afin d’en arriver à un soi-disant accord commercial impliquant douze pays dont le Canada, soit le Partenariat transpacifique (PTP). Or, Wikileaks a révélé que l’une des dispositions du PTP viendrait interdire le financement à des sociétés d’État tel que CBC/Radio-Canada ou VIA Rail.
La GCM, désormais inscrite auprès d’Élections Canada en tant que « tierce partie », entend mousser encore davantage sa campagne Défendons la radiodiffusion publique lancée l’an dernier.
(La Guilde demeure non partisane et, de ce fait, n’appuiera ni ne s’opposera à quelque parti que ce soit. Toutefois, ses messages en appui à la radiodiffusion publique pourraient être interprétés comme étant des publicités électorales – d’où la nécessité de s’inscrire auprès d’Élections Canada. Au Québec, la Confédération des syndicats nationaux, qui compte quelque 325 000 membres dont des employés de Radio-Canada, a manifesté son intention de cibler le gouvernement conservateur. Elle entend ainsi exiger un financement accru pour Radio-Canada, elle aussi grandement affectée par les coupes budgétaires du gouvernement Harper).
La GCM a lancé sa campagne en annonçant cinq propositions que devrait adopter chaque parti national. Plusieurs rassemblements populaires ont eu lieu dans diverses villes partout au pays, et une série de concerts intitulés Pour l’amour de Radio-Canada ont été présentés à guichets fermés au cours du printemps. La GCM a de plus distribué des panneaux pour les pelouses partout au pays, en plus d’afficher la photo de sympathisants sur la page Facebook de la campagne.
Les Canadiens sont invités à remplir un formulaire de commande en ligne s’ils souhaitent obtenir un panneau pour leur pelouse Défendons la radiodiffusion publique par la poste.
O’Hanlon a dit souhaiter que les membres du syndicat en viennent à réaliser qu’ils peuvent avoir un impact.
« Que peut-on faire?, demande-t-il. Il importe que tous les membres de SCA Canada approchent leurs confrères de travail, les membres de leur famille et leurs amis afin de les amener à s’impliquer eux aussi. »
Une telle implication pourrait consister à :