
2015.08.18
Plusieurs enjeux sont source de préoccupation pour les électeurs lors de la présente campagne électorale. Or, quatre de ces enjeux devraient particulièrement interpeller les membres de SCA Canada, notamment ceux et celles oeuvrant au service de l’information.
Votre syndicat s’implique actuellement dans diverses campagnes visant à sauver CBC/Radio-Canada, en plus de lutter contre deux projets de loi (C-377, un affront aux syndicats, ainsi que C-51 sur les services secrets) et le Partenariat transpacifique (PTP), une réelle menace à la souveraineté impliquant douze pays.
« Compte tenu des récentes attaques par le gouvernement Harper envers les syndicats et les travailleurs, la présente campagne électorale s’avère plus importante que jamais, a insisté Martin O’Hanlon, président de SCA Canada. Il est primordial que nos membres soient bien conscients des menaces et que leur vote tienne compte des enjeux qui les affectent particulièrement. »
Étant donné que SCA Canada est un syndicat du domaine des médias, celui-ci n’accordera son appui à aucun parti en prévision du scrutin du 19 octobre prochain. Cela ne l’empêchera toutefois pas de chercher à bien informer ses membres quant aux enjeux clés, tout en les encourageant à aller voter.
Ainsi, des sections spéciales seront ajoutées au site web de SCA Canada. Aussi, des messages seront régulièrement publiés sur la page Facebook du syndicat, l’idée étant que les membres en profiteront pour échanger librement sur les divers enjeux.
« En tant que dirigeant qui représente des milliers de journalistes, j’ai maintes fois insisté sur le fait que je ne suis pas en position d’accorder mon appui à quelque parti que ce soit, a rappelé O’Hanlon. Toutefois, cela ne signifie pas pour autant que nous devions rester sans rien faire face aux injustices et aux attaques envers les intérêts de nos membres, du 99 % et de la démocratie. Si un gouvernement, un parti politique ou tout autre groupe menace le bien commun, nous entendons réagir, manifester notre désaccord et intervenir. »
D’ajouter O’Hanlon : « C’est d’ailleurs ce que nous avons fait en nous prononçant contre le projet de loi C-377 du gouvernement Harper, un détritus à la fois injuste, inutile et fondé sur des motifs idéologiques, dont l’administration coûtera des millions de dollars aux contribuables – tout cela sans aucun avantage pour quiconque. L’unique but du projet de loi est de cibler les syndicats, de les étouffer dans une lourdeur administrative et de leur soutirer des renseignements financiers et autres à des fins de propagande pour la droite. Nous sommes d’avis que la chose s’avère anticonstitutionnelle et entendons en débattre devant les tribunaux. »
« C’est aussi la raison pour laquelle nous appuyons fortement une contestation en vertu de la Charte en ce qui a trait au projet de loi C-51, contestation déposée par la Canadian Journalists for Free Expression (CJFE) et l’Association canadienne des libertés civiles, a souligné O’Hanlon. Ce projet de loi accorde au gouvernement des pouvoirs intrusifs sans précédent qui, selon la CJFE, auraient des répercussions inquiétantes sur la liberté d’expression, la vie privée, les pouvoirs accordés au gouvernement (dont le SCRS), ainsi que la protection des libertés civiles au Canada. »
« Et enfin, c’est aussi pourquoi nous nous opposons au PTP, un accord commercial international de grande envergure que le gouvernement Harper s’affaire à négocier. De telles négociations ont lieu en secret, et si les corporations internationales ont définitivement leur mot à dire, ce n’est certainement pas le cas pour les chefs syndicaux, les environnementalistes et autres experts. Même nos députés demeurent dans l’ignorance. »
« Il s’agit de bien plus que d’un simple accord commercial. On parle d’une entente sur les droits des corporations, qui accorderait aux multinationales le pouvoir d’outrepasser la souveraineté canadienne en ayant recours à des tribunaux secrets plutôt qu’aux tribunaux usuels pour traîner les gouvernements en justice, si elles considèrent que nos normes sur le plan syndical, environnemental, de la santé ou autres vont à l’encontre du PTP et s’avèrent donc une menace à leur rentabilité. Aussi, avec le PTP, le Canada perdrait des milliers d’emplois additionnels, alors que les entreprises en profiteraient pour déplacer la main-d’œuvre des secteurs manufacturiers et autres vers des pays où les coûts sont moins élevés, comme au Vietnam, par exemple. »
Une autre cible du gouvernement conservateur de Stephen Harper est CBC/Radio-Canada. Le radiodiffuseur public s’avère l’une des institutions culturelles les plus importantes au pays où le journalisme indépendant demeure bien établi. Or, sa survie même est menacée.
Malgré sa promesse envers les Canadiens, lors des élections de 2011, qu’il allait « maintenir ou accroître son appui envers CBC/Radio-Canada », le gouvernement Harper a passé la hache dans le budget de la société d’État, tout en installant sur son conseil d’administration divers donateurs au parti conservateur. Justement nommé par Harper, le PDG Hubert Lacroix n’a même pas manifesté la moindre indignation face à une telle situation.
La Guilde canadienne des médias (local 30213 de SCA Canada), soit le principal syndicat à CBC/Radio-Canada, a tenté sans succès d’amener l’exécutif à monter aux barricades pour défendre le radiodiffuseur public. La GCM a par la suite annoncé son intention de mener son propre combat en lançant la campagne Défendons la radiodiffusion publique.