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Des syndicats exigent des excuses du premier ministre
pour ses commentaires « choquants » à propos de CBC/Radio-Canada

Six syndicats exigent de Stephen Harper que celui-ci s’excuse pour ses propos inappropriés concernant les milliers d’employés de CBC/Radio-Canada qu’ils représentent.

Lors d’une entrevue accordée à une station radiophonique privée de Québec et diffusée plus tôt dans la journée, le premier ministre a affirmé que « plusieurs » employés du réseau français du radiodiffuseur public « détestent » les valeurs conservatrices.

Or, selon une déclaration commune des syndicats – dont la Guilde canadienne des médias (GCM), le plus important local de SCA Canada – publiée aujourd’hui, une telle accusation est à la fois « absurde et injustifiée ». « Des milliers de personnes travaillent à CBC/Radio-Canada d’un bout à l’autre du pays, et leurs opinions sur la politique sont aussi variées et privées que celles de tout autre Canadien, peut-on lire dans la déclaration. Le fait que le premier ministre pointe du doigt et dénigre un groupe d’employés simplement parce qu’ils n’endossent pas ses propres valeurs équivaut à de l’intimidation dans une cour d’école. Une telle attitude n’est pas digne du bureau du premier ministre. »

Le président de SCA Canada Martin O’Hanlon a abondé dans ce sens. « Il est très décevant de constater que celui qui a été élu pour représenter TOUS les Canadiens se rabaisse à de telles manœuvres d’isolation et de division, a-t-il déploré. M. Harper est malheureusement depuis longtemps reconnu pour ses tentatives de diaboliser certains groupes — habituellement ceux pour qui il cherche à couper les vivres —, qu’il s’agisse de bureaucrates, de scientifiques ou encore de journalistes. »

L’affirmation non disputée de Harper durant l’entrevue, à l’effet que les Québécois, loin d’être gauchistes, sont plutôt en faveur des positions de son gouvernement en ce qui a trait notamment à une réduction des impôts et à des mesures plus strictes pour lutter contre le crime, a été formulée en réponse à une question de l’animateur quant aux chances des conservateurs au Québec en vue des prochaines élections fédérales.

« Je demeure convaincu que malgré l’image donnée par certains médias et certains de nos opposants, les Québécois ne sont pas des gauchistes, a affirmé Harper. Je comprends très bien qu’il y a beaucoup de gens à Radio-Canada qui détestent ces valeurs, mais je pense que ces valeurs sont les vraies valeurs d’un grand pourcentage des Québécois. »

Les syndicats ont souligné que les commentaires de Harper « sont tout aussi troublants en ce qui a trait à l’indépendance du radiodiffuseur public ». Ainsi, non seulement exigent-ils des excuses, mais ils insistent aussi sur l’importance de « corriger ce qu’il a dit en ce qui a trait à l’indépendance de CBC/Radio-Canada et ses employés conformément à la Loi sur la radiodiffusion ».

« Le radiodiffuseur public national ne doit pas devenir le porte-étendard d’une idéologie en particulier, ont insisté les syndicats. Sa raison d’être est de permettre l’expression d’une multitude d’opinions et points de vue, et c’est précisément ce qu’il fait. »

La déclaration des syndicats poursuit : « Nous observons que les commentaires de M. Harper ont été formulés lors d’une entrevue radiophonique à Québec, où les conservateurs ne comptent que cinq sièges sur un total possible de 75. Aussi, au cours des dernières semaines, nous avons été témoin d’importantes manifestations et de concerts publics en appui à CBC/Radio-Canada et dénonçant les coupes drastiques du gouvernement conservateur en matière de financement ».

« Une majorité de plus en plus importante de Canadiens partout au pays est d’avis que CBC/Radio-Canada demeure important pour leur identité et leur culture (88 %). Ces gens disent apprécier la perspective canadienne offerte par le radiodiffuseur public (83 %) et sont favorables aux reportages courageux de CBC/Radio-Canada (90 %) ».

Les syndicats à l’origine de la déclaration commune incluent la GCM, l’Association des professionnels et superviseurs, l’Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec, le Syndicat canadien de la fonction publique, le Syndicat des communications de Radio-Canada ainsi que le Syndicat des technicien(ne)s et artisan(e)s du réseau français de Radio-Canada.