
2015.02.13 | Le Local 30130 de SCA Canada | Halifax Typographical Union
SCA Canada est venu contrecarrer les plans du quotidien Chronicle Herald d’Halifax, qui s’apprêterait à déclencher un lock-out le 21 février prochain.
Il fut ainsi demandé au Nova Scotia Labour Board, qui se penche actuellement sur une plainte urgente pour négociation de mauvaise foi déposée le 9 février dernier, de déclarer ce lock-out illégal et d’exiger compensation pour tout travailleur ayant été financièrement pénalisé par une telle décision.
La plainte, qui fut déposée par le Halifax Typographical Union (HTU), un local de SCA Canada, stipule que l’entreprise « a mené les négociations vers une impasse » et qu’elle cherche à « obliger le syndicat à accepter une convention collective à la fois malhonnête et illégale ».
Le président de SCA Canada Martin O’Hanlon a indiqué que l’entreprise cherche à renier son engagement, pris en 2007, de permettre aux employés admissibles de profiter d’une retraite anticipée, engagement applicable à la présente convention collective autant qu’aux subséquentes.
« Le Chronicle Herald avait fait une promesse claire et juridiquement contraignante à ses employés de longue date, et cherche désormais à rompre une telle promesse », a déploré O’Hanlon.
Selon le syndicat, les propositions et tactiques de l’entreprise contreviennent de façon évidente aux dispositions de l’Article 35 de la Loi sur les syndicats ouvriers.
Une séance de médiation entre le syndicat et l’entreprise est prévue pour le 18 février. Or, trois jours plus tard, tous deux se retrouveront dans une situation de lock-out/débrayage.
Depuis le début du mois de décembre, le HTU tente de négocier une nouvelle convention collective pour les treize presseurs et mécaniciens industriels. Le syndicat y est allé de propositions somme toute modestes en disant faire preuve de flexibilité.
Selon la présidente du HTU Ingrid Bulmer, les employés de la salle de presse « n’ont aucunement l’intention de débrayer, puisque la pérennité du quotidien s’en trouverait affectée ».
Selon le représentant du personnel chez SCA Canada David Esposti, impliqué dans le processus de négociations, l’entreprise cherche vraisemblablement à « éventrer la convention collective ».
L’employeur exige en effet plusieurs concessions importantes, certaines liées à la sécurité d’emploi, en plus d’un gel salarial d’une durée de quatre ans. Ces demandes surviennent dans la foulée de l’abolition de 17 postes dans la salle de rédaction l’automne dernier.
Le HTU, qui a créé l’an dernier une page Facebook intitulée « Friends of the Chronicle Herald » (« Amis du Chronicle Herald »), a annoncé le 4 février dernier que l’entreprise avait entrepris l’installation d’une barrière de sécurité devant son imprimerie. « Il est tout de même aberrant que notre éditeur consacre des milliers de précieux dollars à mettre en place des mesures de sécurité qui se veulent intimidantes, tout en refusant du même coup une simple demande de couvrir les frais annuels de 65 $ pour l’équipement protecteur des treize employés de la salle de presse », a déploré le syndicat.
D’ajouter Esposti : « Ils ont installé une clôture et entendent nous empêcher d’accéder au bâtiment. Or, nous avons clairement indiqué que nous n’avions pas l’intention de débrayer ».
L’entreprise a fait parvenir une lettre au personnel non syndiqué indiquant que ces derniers devraient se préparer à l’éventualité d’un lock-out, et qu’on s’affairait à la mise en place de « briseurs de grève » (« remplaçants ») pour effectuer le travail.
Esposti a souligné que l’employeur avait demandé à ce qu’un processus de conciliation ait lieu avant l’amorce des négociations du 3 au 5 décembre dernier. « Ils sont arrivés avec une telle position et sont repartis avec une telle position, a-t-il dit. Ils n’ont aucunement démontré le souhait d’amorcer des négociations en bonne et due forme. »
Les dispositions de la convention relatives à la retraite anticipée (employés âgés de 55 ans ayant cumulé 30 ans de service) ne s’appliqueraient qu’à un seul des six presseurs au cours des quatre années de la convention collective, a indiqué Esposti. De plus, sept des treize membres de l’unité de négociation, qui ont été embauchés après le 1er juillet 2006, ne seraient pas admissibles à une retraite anticipée.