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Coupes à CBC/Radio-Canada: un dur coup
pour « le journalisme, l’économie et la société »

Les coupes budgétaires et les mies à pied annoncées aujourd’hui à CBC/Radio-Canada constituent une lourde perte pour le Canada dans son ensemble.

Le directeur de SCA Canada Martin O’Hanlon a affirmé que tous les Canadiens devraient s’inquiéter de l’érosion continue de cette importante institution nationale.

Justifiant sa décision par une baisse de son financement et de ses revenus, CBC/Radio-Canada a annoncé le retranchement de quelque 130 millions $ de son budget cette année, ce qui se traduit par l’élimination, au cours des deux prochaines années, de 657 emplois. Plusieurs de ces postes seront supprimés au département des sports, appelé à être « considérablement » amputé, le radiodiffuseur public ayant décidé de ne plus chercher à obtenir les droits de diffusion de sports professionnels et d’accorder moins d’importance à la couverture de sports amateurs.

Le service de radiodiffusion anglophone effectuera des coupes budgétaires de l’ordre de 82 millions $ et abolira 334 emplois à temps plein, alors que les coupes du côté du département des nouvelles atteindront 13,3 millions $ et entraîneront la disparition de 115 emplois.

« De telles coupes s’avèrent une très mauvaise nouvelle pour le journalisme, l’économie et notre société en général, a déploré O’Hanlon. En réduisant le nombre de journalistes, on ne pourra surveiller d’aussi près notre gouvernement à tous les niveaux, ce qui a pour résultat d’affaiblir notre démocratie. »

De son côté, Carmel Smyth, présidente nationale de la Guilde canadienne des médias (GCM), le plus important local de SCA Canada, a qualifié les coupes de « nouveau coup dur mal avisé pour ce joyau culturel canadien. C’est ni plus ni moins qu’un coup de poignard au cœur d’un promoteur apprécié de la culture, du talent et du sport amateur au pays. Nous en subirons tous les contrecoups ».

O’Hanlon a souligné que ces coupes s’ajoutent aux milliers d’autres pertes d’emploi provoquées par un financement réduit imposé par le gouvernement au fil des ans.

« CBC/Radio-Canada est une organisation beaucoup trop importante pour la culture et l’identité du pays pour qu’on la laisse ainsi être saignée à blanc, a indiqué le directeur. J’invite fortement tous les Canadiens à appuyer nos efforts visant à amener le gouvernement fédéral à accroître le financement de CBC/Radio-Canada, afin de compenser ses pertes de revenus et ainsi assurer le maintien d’un radiodiffuseur public dynamique. »

D’ajouter O’Hanlon : « On doit tous se rappeler que chaque emploi aboli se traduit par des sommes qui ne sont plus consacrées à l’économie locale, et qui serviraient normalement à soutenir les entreprises, groupes et œuvres de charité locales ».

Une étude publiée en 2011 par la firme Deloitte & Touche a révélé que CBC/Radio-Canada a « un impact positif considérable sur l’économie – un impact qui s’étend bien au-delà de son pouvoir de dépenser – du fait que le radiodiffuseur public génère des emplois et profite à des entreprises partout au pays ».

Deloitte a de plus souligné que CBC/Radio-Canada a injecté quelque 3,7 milliards $ dans l’économie canadienne en 2010, année au cours de laquelle son allocation parlementaire annuelle se chiffrait à 1,1 milliard $ et ses dépenses globales atteignaient 1,7 milliard $.