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De nouvelles conventions collectives
au Victoria Times Colonist reflètent l’engagement envers
un journalisme de qualité et la production locale

Des négociations qui se sont échelonnées sur 18 mois et deux propriétaires ont finalement mené à une nouvelle convention collective pour deux locaux de SCA Canada représentant les employés du Victoria Times Colonist.

L’entente, d’une durée de quatre ans (soit jusqu’au 2 janvier 2015) comporte notamment une hausse salariale d’un pour cent en 2013 et de 1,5 pour cent en 2014, en plus d’un bonus à la signature de 250 $ plutôt que des hausses rétroactives.

« Nous n’avons rien concédé », s’est réjoui Chris Carolan, président de la Victoria-Vancouver Island Newspaper Guild (VVING).

De son côté, le directeur de SCA Canada Martin O’Hanlon a souligné que « même si nous avons obtenu des gains somme toute modestes, le fait que l’on ait pu éviter toute concession, compte tenu du contexte actuel dans lequel évoluent les quotidiens, s’avère certes significatif ».

La convention collective précédente, échue depuis le début de 2011, avait été négociée alors que le quotidien était la propriété de Canwest. Les journaux de l’entreprise avaient par la suite été acquis par Postmedia Network lorsque Canwest était devenue insolvable. Les négociations avec Postmedia se sont amorcées en mai 2011. Toutefois, le processus avait avorté en septembre, après que l’employeur eut cherché à ramener à la table diverses conditions importantes que le comité mixte de négociations croyait supprimées.

Peu après, Postmedia vendait le Colonist à Glacier Media, une entreprise qui publie plus de 60 journaux communautaires, principalement dans l’Ouest canadien.

Carolan a précisé qu’il était devenu évident, suite à une rencontre plus tôt cette année entre les trois syndicats et le directeur financier de l’entreprise Orest Smysnuik, que Glacier Media privilégiait une entente juste et équitable pour les deux parties.

Selon Carolan, lorsque les négociations ont repris, « nous sommes parvenus à faire davantage de progrès en trois jours qu’au cours des 18 mois précédents, ce qui tend à démontrer que notre nouvel employeur tenait vraiment à faire prospérer l’entreprise localement plutôt qu’à l’extérieur du pays ».

 



 

Les membres de la VVING, qui représente quelque 153 employés des départements de la rédaction, de la publicité, de la circulation, de l’entretien, des technologies de l’information et des affaires, se sont prononcés à 96 pour cent en faveur d’une ratification de l’entente provisoire. Les membres du local 30404 en Colombie-Britannique, qui représente 35 employés oeuvrant à la salle du courrier, ont quant à eux appuyé l’entente à 92 pour cent. Quant aux membres du SCEP, qui représente les employés de la composition et de la salle de presse, ces derniers ont aussi en grande majorité accepté les paramètres de l’entente.

Carolan et O’Hanlon ont tous deux avoué faire preuve d’un « optimisme prudent » dans un communiqué de presse faisant état du changement de garde l’an dernier. Ces derniers ont précisé qu’ils étaient «  encouragés par la position de Glacier de par le passé en ce qui a trait à l’importance d’un journalisme de qualité ». Glacier avait en effet déploré, dans son rapport annuel, le fait que « plusieurs quotidiens nord-américains et entreprises du domaine des médias étaient en partie responsables de leur triste sort. Certes, l’internet a sa part de blâme; toutefois, la baisse du contenu et de sa qualité, occasionnée par des mesures de rationalisation des coûts, a aussi joué un rôle significatif ».

Le chef de la direction de Postmedia Paul Godfrey, qui avait supprimé des emplois et sacrifié la qualité au sein de tous ses quotidiens métropolitains afin de composer avec un important endettement, a avoué au Globe and Mail que la vente du journal de Victoria avait entre autres été motivée par les restrictions syndicales (la convention collective empêche notamment que des services tels la pagination soient confiés en sous-traitance). Ce dernier a affirmé que les employés avaient rejeté la philosophie « Le numérique d’abord » de l’entreprise.

Carolan a réagi à l’époque en soulignant que ses membres s’étaient tout simplement opposés à la centralisation du travail de pagination à Hamilton, et au déménagement de la production publicitaire aux Philippines. « Nous avons endossé le concept du numérique d’abord, a-t-il dit. Ce que nous avons refusé, c’est le transfert de nos emplois à Manille, en République dominicaine, à Hamilton, à Calgary, etc. ».

Aujourd’hui, Carolan constate que « l’atmosphère qui régnait généralement avec Glacier à la table des négociations s’est avérée une agréable surprise, comparativement à la façon dont le processus se déroulait à l’époque où le quotidien était détenu par Postmedia ».

Ce dernier a ajouté que « nous sommes certes conscients que notre industrie est en pleine mutation. Aussi, nous sommes d’avis que nous pouvons aborder toute source éventuelle de préoccupation avec l’entreprise, tout en respectant les paramètres de notre nouvelle convention collective d’une durée de quatre ans ».