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Les «sept employés loyaux» de Saint John profitent du renouvellement des licences pour chercher à améliorer la programmation radiophonique locale

Parfois, le fait de se battre pour améliorer le sort d’un petit groupe peut profiter à beaucoup plus de gens. C’est ce que l’on est en train de constater à Saint John, au Nouveau-Brunswick.

Le processus de renouvellement de la licence de diffusion de deux des trois stations radiophoniques situées dans cette ville, qui sont la propriété de MBS Radio de Halifax, en Nouvelle-Écosse, doit s’amorcer à la fin de l’année. Or, sept employés oeuvrant à ces stations – soit CFBC, CJYC (Big John) et K-100 — qui constituent l’unité locale de la Guilde canadienne des médias (GCM), sont en grève depuis le 25 juin dernier. Ces derniers tentent d’obtenir une première convention collective qui leur permettra de profiter de meilleures conditions salariales et de travail.

La GCM – avec ses quelque 6 000 membres, le plus important local de SCA Canada – a déposé auprès du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) une soumission dans laquelle le syndicat souligne le fait que MBS Radio n’a aucunement respecté son engagement en ce qui a trait à offrir à la communauté locale une radiodiffusion de qualité.

Si la soumission de la GCM ne mènera probablement pas vers une résolution du conflit syndical, celle-ci contribuera certainement à mettre en évidence la détermination de SCA Canada à assurer, en toute circonstance, le maintien d’un journalisme de qualité et d’une radiodiffusion locale dynamique. L’an dernier, SCA Canada a mené, à Kingston, une campagne visant à pousser Quebecor Media à faire en sorte que son quotidien Whig-Standard retrouve les mêmes standards de qualité qu’à l’époque où ceux-ci lui valaient prix et distinctions.

« C’est assez, a fustigé Martin O’Hanlon, directeur de SCA Canada. MBS propose depuis trop longtemps maintenant une programmation locale inadéquate, et le temps est venu pour l’entreprise de rendre des comptes. La population de Saint John mérite beaucoup mieux. »

D’ajouter O’Hanlon: « On parle ici de l’importance de se battre pour obtenir une radio locale de qualité. MBS n’a qu’un seul objectif : celui de générer le plus de revenus possible. Pour eux, une telle priorité surclasse toutes les autres, qu’il s’agisse de plaire à leur communauté, d’offrir un produit de qualité ou de bien traiter leurs employés ».

 



 

La Guilde estime que MBS soutire des revenus annuels de plus d’un million $ des stations radio de Saint John, pour les redistribuer à Halifax « notamment en minimisant les salaires et le nombre d’employés, et en exigeant de ces derniers qu’ils effectuent du travail non rémunéré… »

Sans protection syndicale, les personnes à l’emploi de MBS n’auraient pu prendre le risque de perdre leur emploi en dévoilant au CRTC les lacunes de leur employeur.

« Nos membres se disent très préoccupés par la forme que prend l’engagement de MBS Radio envers la communauté de Saint John, pouvait-on lire dans le document de la GCM. Nous sommes d’avis que cette entreprise de Halifax ne contribue ni n’investit suffisamment dans la communauté locale – une situation qui s’est envenimée lors du conflit qui persiste avec ses employés, annonceurs et auditeurs. »

La politique de 2006 sur la radio commerciale, qui souligne que la radio s’avère une importante source de nouvelles locales, stipule aussi que les titulaires de licences doivent inclure des émissions de créations orales qui intéressent directement les collectivités qu'elles desservent, comme les nouvelles locales, les bulletins météo locaux et les sports locaux, de même que la promotion d'activités et d'événements locaux ».

La GCM souligne que « depuis quatre ans maintenant, MBS n’a alloué aucune ressource à la collecte de l’information à Saint John… Tous les bulletins réguliers de nouvelles dites “locales” et autre programmation axée sur l’information… sont produits à partir d’une petite salle des nouvelles à Halifax. Aucun journaliste local n’est sur place afin de couvrir l’actualité gouvernementale au niveau municipal ou provincial, ou encore traiter des enjeux et événements propres à Saint John. Ainsi, MBS ne prend absolument aucune mesure concrète afin d’assurer une diversité des voix éditoriales sur le plan local » — chose qu’exige pourtant la Loi sur la radiodiffusion du Canada.

La GCM énumère certains exemples où MBS a mal desservi la communauté locale, notamment:

  • Les bulletins de nouvelles sont produits et enregistrés à Halifax avant 6 h les jours de semaine, et sont diffusés tout au long de la matinée. On ne constate aucune nouvelle locale de dernière minute.

  • Une seule des trois stations radio diffuse des émissions en direct en après-midi, et aucune nouvelle de dernière minute n’y est ajoutée. Les animateurs, dont les responsabilités n’incluent pas la collecte de nouvelles, se voient contraints de transmettre toute information à la salle des nouvelles à Halifax, le cas échéant.

  • De 18 h à minuit, sur les ondes de CJYC-FM, de midi à minuit à la station CFBC, ainsi que les week-ends dans les deux cas, la programmation est habituellement voice-tracked. Les bulletins météo du week-end sont préparés le vendredi.

  • Sur les ondes de CJYC, les émissions matinales ne comportent que rarement des bulletins de circulation. À l’heure actuelle, on ne remarque aucun de ces bulletins en après-midi, étant donné que cette plage horaire est voice-tracked à partir d’un autre marché.

  • À la station CFBC, l’émission matinale est actuellement voice-tracked à l’extérieur du marché. Celle-ci n’inclut aucun bulletin de circulation, et les bulletins météo ne sont livrés que jusqu’à l’heure du midi – et sont souvent plutôt vagues.