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L'abolition d'un fonds télé affectera
la programmation locale, selon la Guilde

La décision du CRTC d'abolir un fonds financé par les câblodistributeurs et les entreprises de distribution par satellite nuira à la programmation télé locale, tout en accentuant davantage les coupes budgétaires imposées à CBC/Radio-Canada, a affirmé la Guilde canadienne des médias.

L'organisme de réglementation, qui avait mis sur pied le Fonds pour l'amélioration de la programmation locale (FAPL) en 2008 afin de venir en aide aux télédiffuseurs établis dans les marchés non urbains durant la récession, précise que ce fonds n'est désormais plus nécessaire et sera donc aboli progressivement d'ici août 2014.

La Guilde a souligné que la disparition du FAPL coïncide avec la troisième et dernière année des coupes budgétaires imposées au radiodiffuseur public par le gouvernement fédéral. Ainsi, CBC/Radio-Canada aura au total vu son budget amputé de quelque 155 millions $, soit 15 pour cent de son financement.

CBC/Radio-Canada se voyait octroyer 40 millions $ des quelque 100 millions $ attribués au fonds. Cette somme était utilisée afin d'améliorer les services offerts dans les marchés de moindre envergure, dont plusieurs sont situés dans des communautés de langue officielle minoritaire.

Le président et chef de la direction du radiodiffuseur public Hubert Lacroix a affirmé que l'abolition du FAPL « aura un impact négatif sur la programmation télévisuelle locale dans les plus petits marchés. Pour nous, cela exigera certains ajustements au niveau de la qualité du service et des façons dont nous pouvons l'offrir, ainsi que de l'étendue du territoire que nos journalistes pourront couvrir ».

La GCM, qui avait milité en faveur du fonds avant que celui-ci ne soit finalement instauré, s'est dite déçue d'une telle décision. Selon elle, le CRTC doit désormais profiter des prochaines audiences en vue de renouveler la licence de CBC/Radio-Canada, afin d'étudier de nouvelles avenues réglementaires potentielles visant à soutenir une programmation répondant aux objectifs de la Loi sur la radiodiffusion ainsi qu'aux attentes et intérêts des Canadiens.

Lors de la mise sur pied du fonds, les entreprises de câblodistribution et de distribution par satellite s'étaient vues imposer une participation financière audit fonds. Toutefois, ces dernières ont plutôt choisi de refiler la facture à leurs clients, qui devaient débourser en moyenne moins d'un dollar par mois.

Bell Media a indiqué que la décision de mettre fin au FAPL constitue une « importante source de préoccupation », et qu'au moins six de ses chaînes télé de moindre envergure sont menacées par une éventuelle réduction du fonds.

En 2010, 78 chaînes se sont vues octroyer 100 millions $ provenant du FAPL. L'an dernier, 80 chaînes ont obtenu 106 millions $.