
2012.05.28
Postmedia a annoncé l'abolition de dizaines d'emplois à la salle de rédaction des quotidiens Montreal Gazette et Ottawa Citizen. Aussi, tous deux cesseront de publier leur édition du dimanche à compter du mois de juillet.
« Il s'agit certes d'un triste jour pour le journalisme », a déploré Debbie Cole, présidente de la Ottawa Newspaper Guild, qui voit une vingtaine de ses membres perdre leur emploi – soit à peu près autant qu'à Montréal.
Martin O'Hanlon, directeur de SCA Canada, un syndicat qui représente les journalistes oeuvrant aux deux quotidiens visés ainsi qu'au Regina Leader Post, a souligné que la suppression d'emplois n'est pas une stratégie valable. Au contraire, à long terme, cette décision ne fera qu'empirer les choses.
« Nous sommes conscients que Postmedia doit affronter certaines difficultés sur le plan financier, a-t-il dit. Toutefois, nous sommes d'avis que l'entreprise ne peut améliorer sa situation qu'en investissant dans ses produits, et non en supprimant des emplois. Si les dernières années nous ont appris quelque chose, c'est que l'abolition de postes entraîne une baisse de la qualité sans pour autant élargir le lectorat. »
« Il est certes intéressant de constater qu'alors que Postmedia cherche à réduire ses dépenses pour soulager son important endettement, (l'investisseur légendaire) Warren Buffett, lui, s'affaire à acquérir divers quotidiens et se consacre au maintien d'un journalisme de qualité », a-t-il ajouté.
En effet, l'entreprise Berkshire Hathaway, propriété de Buffett, croit suffisamment en l'industrie des publications imprimées pour consacrer 142 millions $ au rachat de 63 hebdos et quotidiens détenus par Media General. Dans une lettre qu'il a fait parvenir aux éditeurs, Buffett a affirmé que les journaux demeureront populaires dans la mesure où ils livrent une couverture locale juste et de qualité, et qu'ils rapportent des événements que l'on ne retrouve pas sur l'internet.
Pendant ce temps, Postmedia maintient le cap sur ses mesures d'austérité amorcées peu de temps après l'acquisition des quotidiens de Canwest Media, alors en faillite. Dans une note envoyée aujourd'hui, le chef de la direction de l'entreprise Paul Godfrey a indiqué que la production éditoriale serait davantage concentrée aux bureaux de Postmedia situés à Hamilton.
Ainsi, selon Cole, il est probable que les réviseurs soient principalement touchés par cette plus récente vague de mises à pied.
« C'est non seulement une mauvaise nouvelle pour nos membres, mais aussi pour le journal lui-même, a dit Cole. Si vous n'investissez pas dans votre propre produit, comment parviendrez-vous à le vendre? »
O'Hanlon a pour sa part indiqué, dans un communiqué de presse, que ces abolitions d'emplois ont un impact autant sur le plan personnel que collectif. « Bientôt, des dizaines d'excellents journalistes se retrouveront sans emploi, a-t-il rappelé. Or, il n'y a pas qu'eux qui en subiront les contrecoups, mais aussi leur famille et toute leur communauté. »