
2012.05.01
Défendre les droits de la classe moyenne
Les attaques continues de certaines entreprises et du gouvernement Harper envers les travailleurs ont pour effet de transformer un SCA Canada généralement plutôt calme en véritable force de frappe.
« Représenter nos membres et nous assurer que ceux-ci occupent un bon emploi et profitent d'excellents avantages est une chose, a souligné le directeur de SCA Canada Martin O'Hanlon devant les délégués à l'assemblée du Conseil national des représentants, qui s'est déroulée à Victoria du 27 au 29 avril dernier. Toutefois, notre responsabilité s'étend aussi à la nécessité de défendre la classe moyenne. »
En tant que syndicat du secteur des médias, SCA Canada a traditionnellement adhéré au principe journalistique voulant que l'on évite le militantisme politique. Plus maintenant.
O'Hanlon a affirmé que l'attitude antisyndicale de plus en plus omniprésente, de même que les politiques publiques et corporatives qui viennent abolir d'excellents emplois et menacer les régimes de retraite, tout cela fait en sorte que nous devons nous battre.
« Je me prononce sur toutes les tribunes possibles quant à l'importance de maintenir les emplois rémunérateurs et un secteur des médias dynamique, pour le bien de notre société et de la démocratie, a ajouté O'Hanlon. Notre philosophie est simple : des emplois et un journalisme de qualité sont essentiels à la santé de notre société. »
Le directeur a indiqué que même si son envergure demeure relativement limitée, SCA Canada est un syndicat qui sait mener une attaque de front. « Nous nous consacrerons sans relâche à dénoncer ces individus au sein du gouvernement ou des corporations qui suppriment notre gagne-pain et qui anéantissent la classe moyenne, par pure idéologie ou soif de profits », a-t-il tonné.
« L'importance de notre combat est notamment justifiée par les coupes budgétaires imposées à CBC/Radio-Canada, qui forcent l'abolition de centaines d'emplois rémunérateurs – des emplois dont notre pays ne peut se passer —, en plus de mettre à pied 275 membres de la Guilde canadienne des médias ».
Soutenu par un fonds de 150 000 $ octroyé par la Communications Workers of America, le syndicat national est à l'origine d'une campagne mise sur pied par la GCM dans le but de dénoncer les coupes du gouvernement Harper imposées au radiodiffuseur public.
O'Hanlon a observé que la tendance des employeurs à privilégier une réduction des coûts, en mettant des employés à pied, en confiant du travail en sous-traitance ou en déménageant la production à l'extérieur du pays, a eu un impact significatif sur les effectifs du syndicat. Toutefois, cette situation est vue par les dirigeants comme étant un défi – celui de recruter davantage de membres au sein de l'organisation.
« Nos priorités au cours de la prochaine année seront axées sur la syndicalisation et la mobilisation, a dit O'Hanlon. Tous deux s'avèrent essentiels à la prospérité de notre syndicat. »
Ces priorités seront guidées par le Way Ahead Project, qui favorise une approche non conventionnelle à la syndicalisation. Essentiellement, le projet élargit la portée de SCA Canada, qui n'est désormais plus uniquement un syndicat de travailleurs ayant une convention collective, mais un syndicat de membres – et ce, peu importe où ces derniers travaillent, la façon dont ils travaillent ou ce qu'ils font comme travail. Il pourrait s'agir de pigistes, d'employés quotidiens ou temporaires, de main-d'œuvre contractuelle ou encore de consultants.
Cette approche s'appuiera sur le succès qu'a connu la GCM en mettant en place une sous-section Pigistes des plus dynamiques. Celle-ci, en partenariat avec le Canadian Writers Group, est parvenue à avoir accès au régime d'assurance-maladie par l'entremise de la Writers Coalition.
Dans ses efforts afin de devenir le corps professionnel de fait pour les employés du secteur des médias, SCA Canada s'inspirera de la National Union of Journalists en Grande-Bretagne. Celle-ci a mis en place une organisation à laquelle les journalistes adhèrent presque automatiquement s'ils tiennent à travailler dans ce domaine.
Un autre objectif du projet est d'accroître la notoriété publique de SCA Canada, et de faire en sorte que le syndicat et ses divers locaux soient reconnus comme étant un intervenant de premier plan au niveau des enjeux nationaux relatifs aux médias, à la main-d'œuvre et aux questions sociales.