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Le syndicat tente d'adoucir l'impact de la fermeture d'une usine Schneider

Une quarantaine de membres de SCA Canada comptent parmi les quelque 1 200 employés chez Schneider Foods à Kitchener, en Ontario, qui ont appris avec stupeur la fermeture de l'usine.

Maple Leaf Foods, qui s'est porté acquéreur de Schneider en 2004, a annoncé la fermeture de six usines et de trois centres de distribution à travers le pays d'ici la fin de 2014, ainsi que la construction de nouvelles installations à Hamilton. Au total, ces décisions entraîneront la perte nette de 1 550 emplois sur les quelque 21 000 à l'échelle du globe.

Le directeur de SCA Canada Martin O'Hanlon a indiqué s'être entretenu avec Sandy Russel, présidente de la Schneider Office Employees' Association (SOEA), qui avait du mal à accepter la triste nouvelle.

« Au cours des prochains jours, nous allons tâcher de nous assurer que nos membres retombent sur leurs pieds, soit via un transfert de poste ou encore une indemnité de départ plus généreuse », a dit O'Hanlon.

Celui-ci a ajouté que la décision de Maple Leaf constitue un moment sombre pour les résidents de Kitchener autant que pour les employés qui perdront leur emploi.

« Nous assistons à un exemple typique d'une grosse corporation qui décide de fermer une usine locale et, du même coup, d'abandonner une communauté qui les a soutenus durant des années, a-t-il dit. Schneiders était une source de fierté et un générateur d'emploi à Kitchener depuis plus d'un siècle, et voilà que tout cela prend fin bêtement après un vote qui a eu lieu dans la salle de conférence de bureaux corporatifs. Pour ce qui est de la tradition et de la responsabilité corporative envers la communauté, on repassera. Nous insistons vivement auprès de Maple Leaf afin que l'entreprise revienne sur sa décision et qu'elle opte plutôt de maintenir Schneiders à Kitchener. »

De son côté, le président et chef de la direction de Maple Leaf Michael McCain a souligné dans les médias que la nouvelle usine de Hamilton se trouverait suffisamment près de Kitchener pour s'y rendre en voiture. Toutefois, il ne s'est pas engagé à offrir aux employés mis à pied l'opportunité d'être les premiers à solliciter un poste dans les nouvelles installations.



La fermeture de l'usine Schneider est un coup dur pour la ville de Kitchener, où l'entreprise familiale fut fondée en 1890. Le maire de Kitchener Carl Zehr a indiqué par voie de communiqué que Schneider constituait un pilier de l'économie locale, et que la ville avait insisté vivement auprès de Maple Leaf afin d'y construire la nouvelle usine.

« L'usine locale de transformation des viandes a eu à son emploi des milliers de personnes, parfois même plusieurs générations d'une même famille, et ce, depuis plus de 120 ans, a dit le maire. Il s'agit de l'un des derniers manufacturiers traditionnels d'envergure en opération dans notre ville. »

La SOEA, qui il y a six ans comptait près de 170 membres oeuvrant dans les secteurs administratifs, des finances, des technologies de l'information et de bureau, a constaté une détérioration des relations de travail avec l'arrivée de Maple Leaf. La sous-section a accusé l'entreprise d'avoir recours à des tactiques de type Wal-Mart afin de faire échouer les négociations collectives.

Maple Leaf, une société basée à Toronto, a rapidement entrepris de réduire l'effectif de ce qui fut jadis le siège social de Schneider Foods, en déménageant des emplois dans d'autres installations et en mettant des dizaines d'employés à pied.

McCain a fait savoir que les changements annoncés aujourd'hui s'avéraient nécessaires, afin de réduire la taille des opérations de l'entreprise et de la rendre davantage concurrentielle face au marché américain de la transformation des viandes.

« Nous regrettons l'impact de notre décision sur les gens et les collectivités qui doivent en subir les conséquences », a-t-il indiqué.