
2011.09.30 | Le Local 30213 de SCA Canada | La Guilde canadienne des médias
Un groupe de pression recueille plus de 130 000 signatures
Ceux et celles qui profiteront demain de l'événement portes ouvertes dans les différentes installations de CBC/Radio-Canada partout au pays seront invités à manifester leur appui envers le radiodiffuseur public, victime d'attaques de plus en plus virulentes de la part du gouvernement Harper.
La Guilde canadienne des médias, à la fois le principal syndicat à CBC/Radio-Canada et le plus important local du SCA Canada, invite ses membres à se rendre sur place lors des événements entourant les Journées de la culture, afin de distribuer des tracts avisant le public que le gouvernement fédéral envisage de réduire de façon significative le financement qu'il octroie à CBC/Radio-Canada.
Alors que le radiodiffuseur annonçait cette semaine qu'il s'apprêtait à étendre ses services locaux dans plusieurs villes, on apprenait que des députés et ministres conservateurs s'étaient prononcés en faveur d'une réduction, voire d'une abolition du financement fédéral accordé à la Société.
S'exprimant au nom du groupe de pression Les Amis de la radiodiffusion canadienne, Ian Morrison a indiqué au quotidien Globe and Mail que « l'hostilité explicite » dont font preuve certains députés et ministres conservateurs va à l'encontre de l'engagement exprimé par le premier ministre ainsi que le ministre du Patrimoine canadien James Moore, à l'effet que le financement de CBC/Radio-Canada serait maintenu.
Les Amis de la radiodiffusion ont suivi de près les commentaires formulés par les politiciens conservateurs en ce qui a trait à CBC/Radio-Canada, et précisent sur leur site Web que « ces commentaires de la part d'importants membres du cabinet Harper témoignent d'une antipathie idéologique inquiétante envers la radiodiffusion publique ».
Soulignant qu'aucun ministre ou député conservateur n'ose s'exprimer publiquement sans le consentement préalable du bureau du premier ministre, le groupe de pression a affirmé que « la menace que représente le gouvernement Harper pourrait bien constituer le plus grand danger auquel CBC/Radio-Canada a dû faire face au cours de son histoire ».
Les Amis de la radiodiffusion canadienne sont parvenus à recueillir près de 130 000 signatures dans le cadre d'une pétition intitulée « J'aime CBC/Radio-Canada ». Cette pétition exige du premier ministre que celui-ci « réitère l'importance du radiodiffuseur public national » et qu'il « octroie à CBC/Radio-Canada un financement adéquat... en conformité avec les recommandations émises par le Comité permanent du Patrimoine canadien de la Chambre des communes ».
En avril dernier, le groupe de pression avait publié un communiqué de presse dans lequel on affirmait que les députés conservateurs, réagissant à des directives émises par le bureau du premier ministre, avaient entrepris une campagne nationale de désinformation du public en ce qui a trait aux sommes octroyées à CBC/Radio-Canada par le gouvernement Harper.
Le communiqué faisait état du fait qu'au moins 72 députés avaient fait parvenir une réponse écrite à leurs électeurs inquiets du sort de CBC/Radio-Canada, dans laquelle on pouvait notamment lire que « notre gouvernement a augmenté les fonds octroyés à CBC/Radio-Canada, et ce, dans chacun de ses budgets. Cette année, le radiodiffuseur reçoit un financement de 1,1 milliard $ (sic) — soit la somme la plus importante jamais accordée à CBC/Radio-Canada, et plus que tout autre gouvernement dans l'histoire canadienne ».
« Une telle affirmation est fausse, pouvait-on lire dans le communiqué de presse des Amis de la radiodiffusion canadienne. Au cours de chacune des trois dernières années, le financement de CBC/Radio-Canada a en fait connu une baisse sous le gouvernement actuel, et ce, même en tenant compte de subventions individuelles telles que le plafond de 60 $ millions consacré à la programmation, qui faisait partie du plus récent budget fédéral — et qui s'est volatilisé dès que les élections furent déclenchées. »
La GCM souligne que le gouvernement fédéral « ne s'est nullement caché du fait qu'il cherche à amputer d'au moins 55 millions $ les crédits parlementaires qui seront accordés l'an prochain. Si tel était le cas, il va de soi que la programmation actuelle autant que les services étendus que la Société planifie en seraient affectés ».
La Guilde précise que la nouvelle programmation dévoilée cette semaine n'est pas financée via une hausse des crédits parlementaires, mais plutôt par l'entremise d'une redistribution des ressources actuelles de CBC/Radio-Canada. « Le programme incitatif de retraite, qui est entré en vigueur plus tôt cette année, a entraîné l'élimination de postes dans certains secteurs afin de permettre la création de nouveaux postes dans d'autres secteurs », dit la Guilde.
Cette nouvelle programmation devrait être lancée d'ici l'an prochain, et entraînera l'embauche d'environ 30 nouveaux employés.
« Nous sommes heureux que la Société s'engage à offrir de nouveaux services locaux, a commenté Marc-Philippe Laurin, président de la sous-section Radio-Canada de la Guilde. Les Canadiens tiennent beaucoup à ce qu'on leur offre des services locaux pertinents, et nous sommes fiers d'y collaborer. »
La nouvelle annonce de services étendus survient peu de temps après celle voulant que des bulletins télévisés de nouvelles locales seraient diffusés le week-end à Toronto et Calgary (en octobre et en février prochain, respectivement), qu'une nouvelle émission de radio serait lancée afin de desservir le centre de la Colombie-Britannique (prévue pour le mois d'octobre prochain à Kelowna), et qu'une nouvelle station radiophonique verrait le jour à Kamloops (ouverture prévue en avril prochain). De plus, une nouvelle programmation radiophonique et en ligne sera lancée à London et Kitchener-Waterloo, ainsi que des bulletins de nouvelles locales additionnels à Edmonton, Ottawa, Halifax et St. John's.