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Le 26 avril 2011
Le syndicat des médias conseille vivement
aux membres du SCA Canada de voter
pour un parti fédéral favorable
à la CBC/Radio-Canada
L'organisme responsable de surveiller le radiodiffuseur public fait état de l'antagonisme de Harper
Tant sur la Colline Parlementaire que dans les médias, le fait que le premier ministre Stephen Harper ne porte pas la CBC/Radio-Canada dans son coeur n'est certes plus un secret.
De ce fait, la Guilde canadienne des médias (GCM) lance un appel à ses membres et à ceux de son syndicat principal, soit le SCA Canada, afin que ceux-ci tiennent compte de la position des partis fédéraux en ce qui a trait au financement de la CBC/Radio-Canada lorsque viendra le temps de remplir leur bulletin de vote le 2 mai prochain.
«Pour une majorité de nos membres (qui oeuvrent au sein de la CBC/Radio-Canada), le parti qui prendra le pouvoir est un enjeu d'une grande importance», a indiqué Lise Lareau, vice-présidente nationale de la GCM, aux délégués qui prenaient part à une réunion du Conseil des représentants nationaux à Montréal.
Si la GCM n'accorde son appui à aucun parti politique compte tenu du fait qu'elle représente les journalistes, le syndicat principal de la CBC/Radio-Canada, de son côté, demande à ses membres d'être bien renseignés sur la position des partis fédéraux en ce qui a trait au financement du radiodiffuseur public.
Lors d'un sondage effectué auprès de tous les partis fédéraux, la GCM a constaté que le Bloc Québécois et le Parti vert étaient tous deux en faveur d'une hausse considérable du financement de la CBC/Radio-Canada, alors que le NPD vise seulement à «assurer un financement stable jusqu'à ce que la situation financière du pays s'améliore». Du côté des libéraux, on promet un «financement stable et prévisible», alors que les conservateurs n'ont tout simplement pas répondu au sondage de la Guilde.
Selon la GCM, il s'agit ici d'un «tournant critique pour la radiodiffusion publique au Canada. La CBC/Radio-Canada est une institution publique négligée, qui doit se débrouiller tant bien que mal dans un paysage médiatique en pleine mutation. En ce qui a trait aux pays qui accordent un financement à la radiodiffusion publique, le Canada se classe au bas de la liste».
La GCM a souligné que la CBC/Radio-Canada «est parfois pointée du doigt par les gouvernements et les partis politiques, qui n'apprécient guère la façon dont elle est protégée. En d'autres mots, on critique surtout la CBC/Radio-Canada parce qu'elle livre la marchandise». «La radiodiffusion publique est une responsabilité importante pour le gouvernement fédéral, insiste la GCM. Depuis toujours, la CBC/Radio-Canada maintient des standards élevés en matière de journalisme et de diffusion, tout en demeurant un ardent promoteur des arts, de la culture et du sport amateur.»
L'organisme FRIENDS of Canadian Broadcasting a lancé une campagne intitulée "We're Voting CBC!" («Nous votons pour la CBC!»), et ses sympathisants sont invités à voter pour le candidat le plus susceptible de privilégier un financement stable pour le radiodiffuseur public. Le groupe de surveillance a suivi de près les discours publics prononcés par Harper et ceux qui appuient son parti.
FRIENDS a fait part à ses adhérents de la plus récente attaque envers la CBC/Radio-Canada formulée par une politicienne conservatrice:
«Hier après-midi, la sénatrice conservatrice Pam Wallin a accusé la CBC/Radio-Canada de livrer une couverture biaisée de la campagne électorale. Celle-ci a affirmé que le radiodiffuseur public accorde un temps d'antenne démesuré à la campagne de Michael Ignatieff, car la CBC/Radio-Canada est préoccupée par l'avenir de son financement».
«Malgré une logique certes des plus étranges, il s'agit ici de la plus récente manifestation d'hostilité envers notre radiodiffuseur public national par un membre important du gouvernement conservateur — soit une sénatrice nommée par le premier ministre Stephen Harper. Une telle sortie publique nous rappelle aussi à quel point il s'avère crucial de mettre à exécution la stratégie électorale élaborée par FRIENDS, et visant à promouvoir le soutien public de la CBC/Radio-Canada auprès des politiciens d'un océan à l'autre».
Le message ajoute que «depuis bien avant l'élection de son gouvernement en 2006, M. Harper entretenait une certaine rancune envers la CBC/Radio-Canada. Selon diverses sources fiables, les conservateurs auraient élaboré secrètement un plan visant à retrancher quelque 200 millions $ du financement accordé au radiodiffuseur public lors de la dernière campagne électorale».
«Seuls un appui concret et solide envers la CBC/Radio-Canada et l'élection d'un gouvernement minoritaire sont venus mettre un frein aux intentions du premier ministre».
«Toutefois, les commentaires formulés hier par la sénatrice Wallin ramènent de telles intentions à l'avant-plan. Non seulement ses propos s'avèrent-ils des plus antagonistes, mais ils viennent aussi nous rappeler l'intention par M. Harper de nuire à la CBC/Radio-Canada». |