|
Le 10 avril 2011
Une entente avec les employés du quotidien The Gazette met fin à trois ans d'impasse
Guilde des employés
de journaux de Montréal | Le
Local 30111 de SCA Canada
Une impasse dans les négociations qui perdurait depuis près de trois ans a pris fin aujourd'hui, alors que les employés de trois départements au quotidien The Gazette sont finalement parvenus à ratifier leur nouvelle convention collective.
«Les membres ont conclu qu'après une impasse qui durait depuis trop d'années, le temps était venu de parvenir à une entente et de passer à autre chose», a indiqué David Wilson, délégué du personnel au SCA Canada, qui est intervenu auprès du chapitre local tout au long du processus.
Ce dernier ajoute que, si les employés des trois départements profitent d'une nouvelle convention collective d'une durée de trois ans, les négociations se poursuivent toutefois du côté des unités d'affaires, qui elles ont rejeté l'offre patronale. Les quatre employés, qui oeuvrent au sein de ces unités depuis de nombreuses années, ont en effet refusé de donner leur aval à une grille salariale qui leur aurait imposé des niveaux de rémunération différents, et ce, malgré le fait que tous effectuent des tâches identiques.
L'aboutissement du long processus de négociation pour les employés des départements de l'édition, des technologies de l'information (TI) et des ventes et services aux lecteurs (VSL) a lieu alors que s'amorçaient mardi les négociations pour les employés des unités publicitaires et des annonces classées, dont la convention est échue depuis le 31 décembre dernier.
À propos de l'entente conclue par les membres de la Guilde des employés de journaux de Montréal, Wilson a souligné que, hormis les paramètres financiers, il s'agissait d'une entente acceptable. Celle-ci reflète toutefois les récentes hausses salariales au Canada. En effet, les hausses ont été établies à 1,5 % par année pour la durée de la convention collective, et ce, à compter d'aujourd'hui. De plus, les dispositions en matière de sécurité d'emploi sont demeurées inchangées, et l'entente fait état d'une prime à la signature correspondant à 1,5 % du salaire d'un employé au cours des 12 mois précédents — ce qui, pour plusieurs d'entre eux, pourrait représenter jusqu'à 1 000 $.
Les membres, pour qui les négociations se sont amorcées à l'époque où le quotidien était la propriété de CanWest pour finalement aboutir alors que PostMedia Network en avait pris le contrôle, ont aussi vu leurs conditions s'améliorer au niveau de leur régime de soins de la vue, des primes de poste, des allocations pour frais d'automobile et du kilométrage. Ce dernier avantage s'avère particulièrement important dans un contexte où le prix de l'essence au Québec, qui se situe à environ 1,45 $ le litre, compte parmi les plus élevés au pays.
D'autres gains significatifs ont été obtenus pour les employés à temps partiel, qui font désormais partie de la même liste d'ancienneté que les employés à temps plein en ce qui a trait au moment de prendre leurs vacances. Auparavant, une indemnité de congés payés était ajoutée au chèque de paie de ces employés, qui devaient alors prendre des congés non payés. Tout comme c'est le cas pour les autres employés au quotidien The Gazette, les employés à temps partiel pourront aussi désormais profiter d'une pause hivernale proportionnelle d'une durée d'une semaine.
Wilson précise qu'aucun avantage n'a dû être cédé lors de la négociation des nouvelles conventions collectives. En ce qui a trait aux concessions, le syndicat a accepté la demande de la partie patronale à l'effet que les reporters transportent eux-mêmes leurs caméras vidéo. Toutefois, en échange, une telle concession ne devait aucunement occasionner la mise à pied de photographes.
Les cinq employés attitrés au département des TI, dont la convention était échue depuis plus d'un an, ont voté unanimement en faveur de la nouvelle entente. Du côté des 18 membres de l'unité des VSL, le résultat du vote était de 7 contre 4 en faveur de l'entente, alors que pour le département de l'édition, qui compte quelque 109 employés, 63 personnes se sont prononcées en faveur de la convention, contre 20 qui ont rejeté les offres. La convention collective de ces deux unités était échue depuis juin 2008.
Wilson a rappelé que les négociations avaient été suspendues de janvier 2009 au mois d'août dernier, alors que les deux parties avaient dû avoir recours à un processus d'arbitrage pour régler certaines clauses liées à la juridiction. Les efforts de conciliation ont repris en septembre 2010, alors que les parties se sont réunies chaque mois durant quelques jours dans le but de négocier l'entente qui fut finalement conclue aujourd'hui.
|