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Les six canadiens participant au programme de Harvard ont tenu une conférence de une heure et demie sur les défis auxquels sont confrontés les syndicats dans ce pays. Carmel Smyth (debout devant l'assemblée) explique que son groupe portait et donnait des mitaines rouges des Jeux olympiques, un geste apprécié par ses compagnons de classe, car il s'agissait de l'hiver le plus froid et le plus neigeux que Boston ait connu depuis des années.
Le 16 fÉvrier 2011
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| Carmel pose devant une statue du célèbre premier bienfaiteur de l'Université, John Harvard.
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Ses études à Harvard
préparent Carmel Smyth
à sa fonction de présidente
de la GCM
La
Guilde canadienne des médias | Le
Local 30213 de SCA Canada
L'obtention de la bourse commémorative Irving Leuchter par Carmel Smyth n'aurait pas pu tomber plus à pic. Dès son retour à Toronto vendredi, après avoir suivi le programme de six semaines de formation pour les syndicats donné à l'Université Harvard, elle prend la présidence nationale de la Guilde canadienne des médias.
Elle a été élue présidente en décembre, et entrera en fonction le 1er janvier. Sa prédécesseure, Lise Lareau, qui s'est présentée au poste de vice-président et l'a remporté, a assumé ses fonctions de présidente jusqu'à ce que Carmel Smyth puisse prendre sa suite.
Elle qui est à l'emploi de la SRC depuis 20 ans, où elle a occupé les postes de productrice, présentatrice, correspondante et rédactrice tant à Vancouver qu'à St. John's, y est militante syndicale depuis 10 ans. Elle sait ce qu'est occuper un poste à responsabilité, puisqu'elle a été pendant un an, présidente et durant deux mandats, vice-présidente de la section locale de la Guilde à la SRC à Toronto, qui constitue le plus important milieu de travail de la GCM, avec plus de 2 000 membres.
La bourse de 10 500 $, financée par la Guilde des services de presse et nombre de ses sections locales, a pour objectif de perfectionner ces compétences en leadership. Le programme de Harvard offre une formation sur les responsabilités administratives des dirigeants syndicaux.
Bien qu'elle soit occupée à une longue journée d'étude, Carmel Smyth, qui semble surchargée, a bien voulu nous répondre. Elle nous dit que début janvier, quand elle a commencé le séminaire en résidence, les étudiants se sont vu remettre une quantité incroyable de manuels (20) et de documents de cours. « Ce cours, qui se donnait auparavant sur une année, dure six semaines. Il est très intense » déclare-t-elle.
Dans le cadre d'une conversation très ouverte, elle reconnaît que dans le monde entier, les syndicats sont généralement considérés de façon négative, et que beaucoup voient leur effectif diminuer en raison de l'externalisation, de mises à pied et d'acquisitions, particulièrement en Amérique du Nord. C'est avec ferveur qu'elle parle de la nécessité de renverser la vapeur et de rendre leur dynamisme aux syndicats, notamment par le changement, l'embauche de jeunes et la participation communautaire.
Les organisations syndicales, déclare-t-elle, « doivent travailler main dans la main pour changer la perception négative de la population envers les syndicats. Nous représentons une force pour plus de justice sociale, et nous devons transmettre ce message. »
« Les jeunes, particulièrement, doivent comprendre que les augmentations salariales et les améliorations des conditions de travail obtenues par les syndicats profitent à tous, pas seulement au personnel syndiqué » explique-t-elle.
« Les diplômés universitaires cherchent une cause à défendre. Ils abordent le marché du travail criblés de dettes et ont besoin d'emplois payants », ce que les syndicats peuvent apporter.
Les syndicats eux-mêmes doivent grandement changer, ajoute-t-elle. « Nous devons cesser d'appeler les délégués syndicaux "frères" et "sœurs" pour parler, par exemple, de volontaires. Nous devons améliorer notre savoir-faire dans le domaine technologique et communiquer notre message aux jeunes grâce aux blogues, aux médias sociaux ou aux sites Web interactifs. »
Elle veut que les jeunes syndiqués de la GCM militent davantage, pour faire bouger le syndicat.
« Nous devons attirer plus de travailleurs » déclare Carmel Smyth, qui voudrait que la Guilde s'investisse davantage dans les activés communautaires et dans les écoles de journalisme.
Elle a déjà acquis de l'expérience dans ce domaine, en aidant les représentants régionaux et locaux de la GCM à créer une stratégie visant à promouvoir la diversité et l'équité parmi les membres du syndicat. Elle est également à l'origine des premières activités SRC/GCM de Toronto liées à l'histoire des Noirs, à la Journée des Autochtones et à la fierté gaie.
Carmel Smyth dit avoir hâte de travailler avec Dave Bosveld, le nouveau directeur de syndicalisation de SCA Canada. Elle a d'ailleurs mené une fructueuse campagne de syndicalisation à la station de télévision Toronto 1, en enrôlant des dizaines de membres du personnel.
Selon elle, il est essentiel que le syndicat augmente son effectif : « Si nous ne prenons pas d'envergure, nous risquons de perdre notre capacité à influencer la politique publique. »

Carmel Smyth (deuxième à gauche) était l'un des six délégués canadiens à suivre le cours à l'Université Harvard.
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