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Dave Bosveld: «Soit nous changeons, soit nous mourons».
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Le 25 janvier 2011
PREMIÈRE TÂCHE:
RENVERSER
LA TENDANCE À LA BAISSE
Le directeur de syndicalisation a la tâche monumentale d'augmenter le nombre d'adhérents
Pour sa deuxième journée de travail, Dave Bosveld peut à peine refreiner son enthousiasme. En effet, une tâche monumentale l'attend: il doit renverser la tendance à la baisse abrupte du nombre d'adhérents aux syndicats en Amérique du Nord.
C'est en pionnier qu'il commence son mandat de directeur de syndicalisation pour SCA Canada.
Plutôt que d'attendre que les travailleurs mécontents rejoignent le syndicat, il veut que SCA Canada agisse de manière proactive et s'attaque à des cibles bien précises de syndicalisation. Il est temps que les choses changent. Il déclare : «Tous les syndicats en sont à un tournant critique. Le choix est simple: soit nous changeons, soit nous mourons».
Dave Bosveld a 37 ans. Il est activiste depuis huit ans et directeur de syndicalisation depuis quatre ans. Il a fait ses premières armes de 2007 à 2009 comme président d'une section syndicale représentant 1 300 travailleurs de Bell Canada dans la région de Toronto. L'automne dernier, il a mené une campagne pour syndicaliser 1 600 travailleurs du centre d'appels de Bell Mobilité, qui a abouti à une demande d'accréditation, actuellement devant le Conseil canadien des relations du travail, qui doit également traiter une plainte de pratique déloyale de travail déposée en septembre.
La «résistance incroyable de la part de la société (Bell)» n'a fait qu'aiguiser son appétit. Quand il a eu vent du poste à SCA Canada, il n'a pas hésité une seule seconde. «De bons emplois dans des syndicats ne se présentent pas tous les jours, particulièrement des emplois de syndicalisation à temps plein» déclare-t-il.
Selon lui, c'est la syndicalisation qui va sauver les syndicats. Il fait remarquer que la croissance économique a été importante, notamment une véritable explosion dans les centres d'appel administrés par des géants de la communication comme Rogers, Bell et Telus, et que les syndicats restent sur le bord de la route.
Il ajoute qu'un syndicat doit grandir, non seulement pour des raisons financières, mais pour gagner en puissance.
Son expérience lui fait dire que le problème le plus couramment rencontré dans un milieu de travail non syndiqué, c'est l'équité, ou plutôt l'absence d'équité. Les traitements de faveur envers la famille ou les amis constituent souvent une pomme de discorde. D'autres facteurs également, comme la paie, la sécurité d'emploi et les heures de travail, qui peuvent tous faire l'objet d'une convention collective, contribuent grandement à la décision d'un groupe de travailleurs de demander l'aide d'un syndicat.
Dave Bosveld dit que le Web et les médias sociaux sont des outils formidables pour la syndicalisation, et qu'il compte s'en servir, mais qu'il leur préfère «les réunions en tête à tête avec les travailleurs».
Il est essentiel, ajoute-t-il, «que la communication passe dans les deux sens, et de faire comprendre aux travailleurs que c'est d'eux qu'il s'agit et qu'ils doivent bâtir une organisation qui les représente vraiment». Il explique que ces gens ont besoin du soutien de SCA Canada lors de la création de leur propre syndicat.
Il reconnaît que les employeurs «ont de toute évidence le gros bout du bâton en Amérique du Nord» en raison de la politique et des règlements de droite qui favorisent les entreprises, ce qui a des conséquences néfastes sur les travailleurs.
Dave Bosveld est également conscient de se heurter à un sentiment anti-syndicaliste, quand les gens disent qu'il n'y a pas de raison que d'autres se syndicalisent, puisqu'eux n'ont pas de syndicat. «Nous devons inverser ce mouvement» déclare-t-il, pour que les travailleurs disent «Pourquoi NE SUIS-JE PAS syndiqué? »
Il accuse notre système éducatif de ne pas enseigner «le point de vue des travailleurs en cours d'histoire» et ajoute que les élèves ne se rendent pas compte que «cette fin de semaine vous est offerte par les travailleurs syndiqués.»
Ils doivent également comprendre que leurs idoles, comme Michael Jordan, ne seraient pas aussi riches sans les associations et les syndicats qui protègent leurs intérêts.
Dave Bosveld adore sa fonction de syndicalisation, et s'inspire de figures légendaires comme Martin Luther King Jr., l'activistes des droits civils qui a vigoureusement défendu le mouvement des travailleurs. Son discours «J'ai un rêve» a marqué un moment décisif dans l'histoire américaine, mais ceux qu'il a adressés aux organisations de travailleurs comme la FAT-COI, affiliée à SCA Canada, ont également revigoré les activistes dans les années 1960.
Comme Martin Luther King Jr., Dave Bosveld a un rêve, et il espère que ses efforts relanceront le mouvement des travailleurs canadiens, actuellement en perte de vitesse. |