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Le 23 mars 2004
Après 7 mois de résistance,
les travailleurs d’un quotidien ratifient une entente
Moncton Typographical
Union | Le
Local 30636 de TNG Canada
Il aura fallu sept mois de négociations,
un mandat de grève unanime, un rejet par 40 contre
1 de l’offre originale de l’entreprise, et trois
révisions d’une offre finale, avant que les
membres de la Guilde acceptent finalement les termes d’une
nouvelle entente avec le Times & Transcript.
La Moncton Typographical Union qui représente 37 employés de
la salle des nouvelles, de la salle du courrier et de la
salle d’impression de ce quotidien du Nouveau-Brunswick,
a voté par 24 contre 12, le 12 mars, en faveur de
l’acceptation des offres de l’entreprise, suivant
ainsi la recommandation de leur équipe de négociation
formulée la veille.
Le comité a déposé ses recommandations,
mais en y ajoutant certaines réserves du représentant
de la salle du courrier, Bill Godbout. Il a expliqué aux
membres qu’il recommanderait d’accepter l’offre, à l’exception
de l’accord, par le syndicat, d’éliminer
une clause juridictionnelle protégeant le droit des
membres de faire fonctionner la salle de courrier.
La perte de cette clause va éventuellement mener à l’élimination
de deux des quatre postes restant de compagnons dans la salle
du courrier du Times & Transcript, publié par
Brunswick News Inc.
Malheureusement, la situation globale
au journal est encore plus sérieuse, soutient Rod Allen, président
du local.
«Nous avons également accepté l’introduction
d’une nouvelle classification, dans la salle du courrier,
intitulée "opérateur de machine d’insertion".
Ce poste sera rémunéré à 75 pour
cent du salaire d’un compagnon. De plus, nous devons également
accepter une clause convenue dans la convention précédente,
qui permet la création d’une autre nouvelle
classification intitulée "manutentionnaire de
papier".»
«Ces gens seront payés environ la moitié du
salaire d’un compagnon et, même si on a réussi à protéger
les sept opérateurs sur presse qui demeurent dans
l’édifice, il est facile de voir où cela
peut nous mener. Il va être difficile d’éviter
des situations où des manutentionnaires de papier
feront le même travail que des opérateurs sur
presse, pour la moitié de leur salaire.»
Grâce à Brunswick News, la puissante famille
Irving possède tous les journaux de langue anglaise
de la province. L’entreprise est bien connue pour ses
tactiques antisyndicales au niveau de ses journaux.
Allen dit que Brunswick News a abandonné une autre
de ses propositions, au début des négociations
en août dernier, qui prévoyait la création
d’une autre nouvelle classification, cette fois dans
la salle des nouvelles, intitulée «assembleur
de pages». Ces employés proposés, qui
gagneraient eux aussi pratiquement la moitié du salaire
d’un compagnon, feraient le même travail que
les compagnons de mise en page, traditionnellement considérés
au Times & Transcript – du moins par le syndicat – l’équivalent
de réviseurs.
Selon Allen, en dépit de cette maigre victoire, le
syndicat a clairement perdu du terrain au cours de cette
dernière ronde de négociations.
«Croyez-moi, nous envisageons d’entreprendre
des actions pour forcer cette entreprise à abandonner
ce que nous croyons être sa position fondamentale,
c’est à dire de réduire de moitié le
salaire de tous les employés syndiqués.»
«Il est évident qu’on ne se sentait pas
prêt à faire la grève cette fois, mais
la durée de la nouvelle convention est brève
et, la prochaine fois, s’ils reviennent en proposant
encore de créer de nouvelles classifications, nous
devrons adopter une position plus ferme», ajoute Allen.
«Après plusieurs années d’érosion
continue des corps de métier qui travaillent à notre
journal, le local est maintenant dominé par les employés
de la salle des nouvelles et, franchement, ils se demandent
ce qui les attend.»
Le local a quand même réussi à remporter
certaines victoires dans cette ronde de négociations.
La proposition originale de l’entreprise prévoyait
une convention de deux ans, comportant une augmentation de
salaire de deux pour cent chaque année. L’offre
finale ajoutait trois mois à la convention, qui se
terminera maintenant à la fin de septembre 2005, et
spécifiait une augmentation de 2,5 pour cent au cours
des 15 derniers mois. La convention collective précédente
avait pris fin en juin 2003.
Le syndicat a également réussi à retarder
temporairement une mesure de la part de l’entreprise – déjà mise
en vigueur à ses quotidiens de Fredericton et de Saint
John — en vue d’augmenter le nombre d’années
de service requis pour obtenir de plus longues vacances.
Les membres du syndicat ne seront pas soumis à cette
nouvelle mesure avant le mois précédant la
fin de la nouvelle convention.
«Au moins, de cette façon quelques membres
de plus se qualifieront pour leur semaine additionnelle de
vacances», dit Allen, en ajoutant que les syndiqués
ont réalisé dans la nouvelle convention quelques
améliorations marginales au niveau de l’allocation
de kilométrage et d’équipement.
Le local a également réalisé des gains
importants au niveau de l’indemnité de fin d’emploi
de 12 membres syndiqués de l’ancien atelier
de composition du journal, qui avaient fait appel, il y a
trois ans, de la décision d’éliminer
l’atelier et de remplacer les travailleurs par des «assembleurs
d’annonces» non syndiqués, rémunérés à environ
la moitié du salaire d’un compagnon.
Selon Allen, le local a fait des
progrès importants
dans un domaine moins tangible, au cours de la dernière
ronde de négociations, qui devraient bien servir les
membres dans l’avenir.
«Il y a deux ans, aussi peu qu’une douzaine
de membres prenaient part à certaines de nos réunions
mensuelles. Mais au cours des derniers mois, la participation
a atteint jusqu’à 90 et 100 pour cent. Nos membres
sont maintenant plus alertes envers ce qu’ils perçoivent être
les objectifs à long terme de l’employeur, et
je m’attends à ce qu’ils soient plus vigilants à l’avenir.»
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