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mai 2005 MÉmoire
prÉsentÉ par TNG Canada:
Le Sénate du Canada
Comité sénatorial
permanent
des transports et des communications
RECOMMANDATIONS
• Éliminer la propriété croisée
entre les entreprises de journaux et de radiotélédiffusion
• Limiter à 30 pour cent la
part d’auditoire globale des médias écrits ou électroniques
appartenant à une même entreprise ou à une société apparentée
• Assurer la survie de la Presse
Canadienne sans modifier la portée de ses activités
TNG Canada représente quelque 9 000
travailleurs de l’industrie des médias et d’autres
secteurs à travers le Canada, dans toutes les chaînes
et dans tous les secteurs médiatiques.
Ceci comprend de grands et petits journaux, des
agences de presse, la radio et la télévision et les nouveaux médias.
Nous sommes le syndicat d’institutions à travers le Canada
telles que la CBC et la Presse canadienne.
Nous parlons au nom des journalistes de première
ligne et des collecteurs d’information ainsi qu’au
nom des reporters, des photographes, des rédacteurs/éditeurs
et autres travailleurs de la rédaction y compris
le personnel de la salle de presse.
Nous représentons également ceux qui exécutent
un grand nombre d’autres opérations médiatiques, à savoir,
le personnel oeuvrant dans le service des ventes et du service à la
clientèle, le bureau des abonnés, le traitement informatique,
le service technique, la salle du courrier, le service des petites annonces,
la publicité et d’autres services.
Nous croyons que tous les citoyens ont droit à la liberté de
presse.
Dans ce mémoire, nous ne cherchons pas à montrer
encore une fois ce que bien d’autres vous ont déjà dit:
un nombre trop important d’agences de presse sont à l’heure
actuelle entre les mains de quelques propriétaires
seulement et la diversité dans les principaux médias
du pays ne fait que diminuer. Votre rapport provisoire
d’avril 2004 fait indéniablement état
de ces développements.
Nous présentons trois recommandations de principe qui peuvent être
mises en place dans l’ordre où elles sont traitées
dans ce mémoire, à savoir:
- entreprendre des mesures déterminantes
pour assurer la survie – sous leurs formes actuelles – de
la Presse Canadienne/The Canadian Press et de Nouvelles Télé-Radio/Broadcast
News;
- rétablir une interdiction des années
1980 sur la propriété croisée des journaux et
des stations de radiodiffusion;
and
- limiter la part de propriété de
toute chaîne de radiotélédiffusion
ou de journaux détenue par une seule personne
morale ou une personne morale apparentée à 30
pour cent du marché total de ce média,
selon la part d’audience ou la circulation.
Nous cherchons à transmettre ce message
fondé sur notre réflexion et notre expérience.
La situation n’est pas sans intérêt; elle
n’est ni souhaitable, ni inévitable.
La situation n’est pas sans intérêt
Ce n’est pas la première fois
que les Canadiens ont exprimé clairement leur inquiétude
au sujet de leurs médias. À la suite d’une
intense période de fusions et de fermetures de journaux,
le travail du sénateur Keith Davey, de Tom Kent et
de leurs associés a soulevé plus que des informations
et des recommandations. Ces manifestations d’agitation
publique à propos de la concentration des médias
ont également engendré la production de précieux
bulletins parlementaires.
Au cours de ces dernières années, on a assisté à une
nouvelle recrudescence de fusions dans le secteur des médias
au nom du mot à la mode de «convergence»,
amenée par la technologie «.com» et par
un marché boursier irrationnel.
Chaque génération
doit se battre à nouveau pour une presse libre et
pour une presse encore plus libre, pour des médias
qui serviront le mieux les citoyens et la démocratie.
Ce combat est en cours et votre Comité est, à l’heure
actuelle, le principal forum institutionnel pour en discuter.
Les entreprises de presse écrite
et électronique et leurs partisans laissent entendre
que des inquiétudes comme les nôtres sont alarmistes.
Les recommandations de Davey et Kent n’ont eu que peu
de répercussions, disent-ils, et la démocratie
a survécu.
Il est vrai que, pour la plupart, le type de législation
importante sur les médias recommandé par la
Commission Kent n’a pas été promulgué.
Certaines mesures ont cependant été instituées. À la
même époque, on a assisté à la
mise en place de règles sur les investissements étrangers
et du Bureau de la concurrence relativement au secteur des
médias, entre autres.
Touchant plus spécifiquement
au secteur des médias, une directive de cabinet
de 1982 instruisait le CRTC à prévenir la
propriété croisée entre les entreprises
de radiotélédiffusion et de journaux.
La directive de cabinet a arrêté le
processus de concentration continue, mais seulement pour
peu de temps. Malheureusement, la directive de 1982 a été révoquée
en 1985 à la suite d’un changement de gouvernement.
Si l’interdiction sur la propriété croisée
avait été maintenue en vigueur, les fusions
du début des années 2000 n’auraient pas
eu lieu.
De nos jours, la seule règle en vigueur interdit
que la propriété des médias soit détenue
par des étrangers (c’est la raison pour laquelle
les médias canadiens sont encore, pour le moment,
sous contrôle canadien). Comme vous l’avez entendu
dire directement par les fonctionnaires, la concentration
des médias été autorisée, et
même encouragée, par le CRTC et le Bureau de
la concurrence.
La situation est mauvaise, mais elle
peut empirer
Des témoins vous ont parlé des
problèmes attribuables à la concentration,
entre autres, une réduction de la diversité,
des coupures considérables dans les ressources destinées à la
collecte d’informations et aux reportages et l’érosion
constante de la prise de décision locale pour le choix
des couvertures par les agences de presse.
Vous avez entendu de nombreux témoignages selon lesquels
la confiance du public a été trahie. Nous croyons
que votre Comité joue un rôle essentiel lorsqu’il
s’agit de garantir que la confiance publique sera restaurée.
On ne peut pas assumer que la situation
actuelle est la fin de la consolidation. En l’absence de mesures de
protection adéquates, les présages ne peuvent
qu’empirer à l’avenir. Nous sommes convaincus
que les Canadiens n’ont pas encore senti toutes les
répercussions des fusions de Québécor/TVA,
CanWest/Southam et Bell Globemedia/ CTV.
Par exemple, la chaîne Southam, détenue à l’heure
actuelle par CanWest, a mis de l’argent dans un journal
national, National Post. Mais elle l’a fait aux frais
des quotidiens locaux à travers le pays où le
personnel local n’a fait que diminuer au cours des
dernières années sous le contrôle de
CanWest. L’argent qui coulait à flots au National Post a été retiré, mais rien n’a été investi
dans les journaux régionaux pour rétablir ou
accroître les ressources.
La Presse Canadienne pourrait disparaître
Le cas de la Presse Canadienne (PC) est un exemple encore
plus effrayant. Comme vous le savez (vous l’avez inclus
dans votre rapport provisoire), la Presse Canadienne est
attaquée. D’après les gestes posés,
CanWest semble se préparer à se retirer. Étant
donné qu’elle est le principal propriétaire
de journaux de langue anglaise au Canada, son retrait paralyserait
les activités de la PC et détruirait même
la coopérative nationale de la collecte des informations.
Le mois dernier, devant votre Comité, des cadres de
CanWest ont déclaré ne pas avoir considéré la
question du retrait. Mais même les mots qu’ils
ont prononcés laissent entendre que le soutien de
ce conglomérat médiatique envers la PC est
extrêmement faible. Après avoir reconnu que
la PC a gardé «ses cotisations fixes»,
c.-à. d. qu’elle a continuellement réduit
la portée et la diversité de ses couvertures
pendant dix ans, le cadre de CanWest a ajouté «on
peut résumer en disant que si les frais pour y rester
sont plus élevés que les bénéfices
que nous en retirons, comme homme d’affaires, je ne
suis pas sûr de pouvoir justifier le fait de rester.»
Même si la PC a été forcée de
se serrer la ceinture, CanWest cherche à faire plus
d’économies en menaçant la capacité opérationnelle
de la PC. Il faut remarquer l’accent mis sur l’avantage
financier et commercial pour CanWest en tant que personne
juridique; l’absence de toute mention de considération
des avantages envers les lecteurs et la diversité est
encore plus éloquente.
Une étude faite par la Guilde canadienne des médias
en février 2005 a montré que 60
p. cent du personnel administratif des nouvelles dans les
quotidiens et dans les stations de radio au Canada (ces dernières
se servent de Broadcast News, BN, la branche audio de la
PC) craignent pour l’avenir de la PC. En fait, ils
craignent que la Presse Canadienne disparaisse tout simplement.
En première ligne, les membres TNG
des journaux CanWest voient des signes de mauvais augure
qui indiquent le retrait de CanWest. Nous vous avons averti
lors de notre témoignage en mars 2004 que CanWest était
prête à retirer le National
Post de la PC. Le
lien a été coupé plusieurs mois plus
tard.
Par la suite, sur de nombreux autres journaux
locaux CanWest sous les ordres de Winnipeg, les articles
de la PC ont été temporairement éliminés
des sections désignées – les périodes
variant d’une ville à l’autre – pour
déterminer dans quelles conditions et de quelle manière
des sections entières du journal pouvaient éviter
complètement de faire appel à la Presse Canadienne.
Après le retrait formel du National
Post de la PC,
ce fut le début de la fin. CanWest a commencé à évaluer
en détail comment la PC pourrait être complètement éliminée
en faisant appel aux articles de CanWest News Service ou
de toute autre agence de nouvelles comme substitut.
Ceci serait un prélude à la disparition de
la PC – au moins telle que nous la connaissons. Déjà,
dans l’ensemble des quotidiens de CanWest, il existe
une entente générale d’après laquelle
les articles de la PC devraient être publiés
le moins possible. Cela fait partie de l’exercice en
cours dirigé par le siège social de CanWest
pour évaluer les conditions et la manière selon
lesquelles la chaîne pourrait se passer entièrement
de la Presse Canadienne.
La fermeture d’un journal serait plus remarquée
par bon nombre de lecteurs que la fermeture de la PC. La
coopérative de la Presse Canadienne, dont l’existence
dépend largement des impératifs des journaux
propriétaires, fait partie de l’infrastructure
moins visible des médias, en service depuis longtemps
et nécessaire, et n’a pas tendance à attirer
l’attention sur soi. Lorsqu’un journal ferme
ses portes, la nouvelle touche les annonceurs aussi bien
que les lecteurs.
Mais si la Presse Canadienne devait
disparaître,
cela affecterait la qualité et la portée
de la couverture des nouvelles pour les lecteurs à travers
le pays qui comptent sur cet élément essentiel
de l’infrastructure médiatique canadienne.
Pendant presque 100 ans, la Presse Canadienne a facilité l’échange
des reportages entre ses agences de presse membres et a
formé son propre corps de métier spécialisé et
compétent pour expliquer les différentes
parties du pays les unes aux autres.
Pour publication et diffusion.
En anglais et en français.
Que se passera-t-il avec la disparition
de la Presse Canadienne?
Pour leur part, 80 p. cent des rédacteurs
de journaux interrogés en février 2005 ont
senti qu’il serait quelque peu ou très difficile
de remplacer la PC. Le résultat auprès des
radiotélédiffuseurs était similaire.
Évidemment, même CanWest comprend qu’il
est fondamental d’avoir une agence de nouvelles nationale.
Mais au lieu d’avoir un service indépendant,
comme la PC, CanWest a déjà mis en place sa
propre agence de nouvelles, en reprenant des articles de
ses nombreux quotidiens et hebdomadaires.
Les partisans de la concentration
pourraient vous dire que ce n’est pas très
important si CanWest News Service devait remplacer la CP.
N’en croyez rien. Cela aurait des conséquences
graves et inacceptables:
- l’utilisation des textes de CanWest
dans les journaux appartenant à CanWest deviendrait
encore plus importante, réduisant encore la diversité déjà détériorée
dans les principaux quotidiens métropolitains
- l’agenda des nouvelles de ce
qui serait alors la seule grande agence de presse nationale
serait entièrement déterminé et contrôlé à partir
de la salle de rédaction nationale, la plateforme
centralisée des nouvelles et de l’opinion à Winnipeg;
- une telle décision prise par
CanWest créerait instantanément un grand
marché des anciens clients de la PC pour l’agence
de presse CanWest.
Il est capital de souligner que les agences
de presse qui comptent sur la PC ont des orbites qui vont
bien au-delà de la vaste plateforme de chaînes
de télévision et de journaux canadiens de CanWest.
La chaîne de journaux dominante serait propriétaire
et exploiterait la seule agence de transmission nationale
importante. En se retirant de la PC, CanWest pourrait engendrer
un niveau de concentration sans précédent et
un contrôle du contenu centralisé. Ceci mettrait
la pression immédiate sur les concurrents de CanWest
et les forcerait à compter sur leur rival pour la
plupart de leurs nouvelles et, en réalité,
pour leurs opinions sur les nouvelles.
Et cela ne s’arrêterait pas là nécessairement.
Au début du siècle dernier, les chemins de
fer ont fourni aux journaux détenus localement de
l’Ouest canadien des articles télégraphiés
américains et quelques articles canadiens également.
Mais en 1907, les chemins de fer ont augmenté unilatéralement
les tarifs et ont réduit les articles canadiens, ce
qui plongea les propriétaires de journaux locaux dans
le désarroi.
Que va-t-il se passer si CanWest
continue à faire
son chemin vis-à-vis de la PC ? On réduira
de manière considérable et vraiment dangereuse
la capacité du Canada d’échanger de manière
adéquate de nouveaux reportages entre les régions.
Les journaux qui n’appartiennent pas à CanWest
seront forcés de trouver un autre fournisseur pour
remplacer la PC et CanWest semble se mettre en place pour être
ce fournisseur. Témoin les ententes qu’elle
a signé avec Winnipeg Free Press et la chaîne
Osprey pour l’utilisation de ses services.
Ceci met les journaux qui demeurent
concurrents de CanWest sur certains marchés dans une position très
inconfortable.
Cela veut dire aussi que CanWest
aurait la possibilité d’utiliser
son emprise sur le marché pour éliminer un
produit plus complet du marché – et ensuite
vendre son propre produit dans le vide qui s’ensuivrait.
Incontestablement, les citoyens canadiens
verraient la diversité de
leur information lourdement endommagée avec l’émergence
de CanWest en tant que propriétaire-exploitant de
la seule grande agence de transmission.
La fin de la PC priverait des centaines
de chaînes
de radio et de télévision d’Est en Ouest
des services de Broadcast News qui fait pour eux ce que la
PC fait pour les journaux.
Ce n’est pas fini. Aucune organisation médiatique
ne jouerait ce rôle capital lorsqu’il s’agit
de combler le fossé entre le français et l’anglais.
Parce que PC est aussi CP. Parmi ses membres, on trouve la
presse francophone du Canada.
CP/PC fournit aux journaux de langue
anglaise les articles que nos collègues francophones ont publiés.
Simultanément, elle fournit aux journaux de langue
française des nouvelles provenant de l’extérieur
du Québec.
Le sénateur Jim Munson a soulevé ce problème
avec CanWest lors de l’audience de votre Comité,
lorsqu’il a demandé aux cadres de CanWest qui
comblerait la lacune des langues si la PC était forcée à cesser
ses activités. CanWest a éludé la question.
PC: complète, indépendante,
bilingue
Voici les faits: en contraste frappant
avec l’agence de nouvelles CanWest, la Presse Canadienne
est une agence de nouvelles totalement intégrée,
qui travaille en français et en anglais, avec des
capacités bilingues notamment à Ottawa et au
Québec.
Presse Canadienne et NTR, l’affiliée en langue
française de BN, sont largement utilisées au
Québec et sont aussi importantes là-bas que
la PC et BN le sont dans le reste du pays. Étant donné la
plus petite taille du marché en langue française
au Canada, on peut facilement faire valoir qu’elles
sont plus importantes dans l’environnement médiatique
francophone que du côté anglophone, tout au
moins proportionnellement. Ces services en langue française
fournissent dans une certaine mesure une ouverture sur le
monde, aussi bien que sur le reste du Canada et offrent une
couverture sportive détaillée, des chroniques économiques
et des nouvelles générales. Les textes sont
produits dans les deux langues et adaptés aux différents
marchés par opposition aux traductions, bien que les
traductions dans les deux sens jouent encore un rôle
primordial.
Une agence de nouvelles CanWest située à Winnipeg
est tout simplement incapable de fournir l’éventail
de matériel inestimable qui provient des bureaux de
la Presse Canadienne.
Il est impossible de penser que CanWest
fournira des reportages en langue française à propos du Canada anglophone
aux médias québécois. À Montréal,
The Gazette est le journal le plus proche des médias
québécois francophones, mais il n’a pas
lui-même suffisamment de personnel pour surveiller
et traduire, même avant l’impact des coupures
de personnel imposées par le propriétaire CanWest.
En l’absence d’un accord de partage, il existe
un problème de droit d’auteur. Les problèmes
s’accumulent à ce sujet à travers le
pays.
En un mot, sans CP-PC, les journaux
de langue anglaise à travers
le pays, à l’intérieur ou à l’extérieur
de CanWest, perdront la plupart des reportages de nos collègues
francophones. Il en va de même pour les journaux francophones.
Donc, la réponse à la question
du sénateur Munson est simple: on perdra beaucoup
pour ne pas dire tout.
Ceci serait impardonnable et inacceptable pour diverses
raisons.
La disparition potentielle – ou au
mieux – l’éviscération
en perspective de la Presse Canadienne, à ce stade,
est la préoccupation la plus immédiate de TNG
Canada à l’égard de CanWest. Nous nous
sommes concentrés sur cette question dans ce mémoire
et, plus tôt, dans notre témoignage.
Il est urgent de régler la situation de la Presse
Canadienne. Plusieurs témoins ont évoqué l’importance
de la PC pour les petits journaux membres. Ils étaient
moins nombreux à montrer son rôle (depuis 1950)
lorsqu’il s’agit d’intégrer les
deux solitudes.
Essayez d’imaginer les conséquences de la fermeture
de CP-PC (et BN-NTR) au moment où l’unité nationale
redevient la priorité numéro un de l’agenda
gouvernemental.
Nous vous demandons de considérer nos préoccupations – et
d’agir en conséquence – afin que l’érosion
continuelle de cette précieuse ressource nationale
fasse marche arrière ou soit, au moins, arrêtée:
Les déclarations devant
ce Comité ont réaffirmé notre profonde
conviction selon laquelle une coopérative bilingue
de collecte et de diffusion de nouvelles d’Est en
Ouest, en bonne santé financière, oeuvrant
dans l’intérêt de ses membres mais indépendamment
des patrons de l’entreprise, est un élément
essentiel pour aboutir à un discours ouvert et pour
une libre circulation de l’information que les Canadiens
ont le droit d’exiger de leurs médias.
Quant aux solutions, Canadian Press — et nous incluons
Broadcast News et Presse Canadienne — n’a pas été créé par
acte législatif et ne serait pas à l’aise
dans une telle situation. La Presse Canadienne change continuellement
avec le temps et offre de nouveaux services pour promouvoir
son utilité et améliorer son résultat
financier, mais ceci en soi n’assurera pas sa survie
dans l’environnement actuel des entreprises médiatiques.
La PC a connu une réforme par loi du Parlement en
1923 et elle est devenue la coopérative qu’elle
est aujourd’hui. En raison de la menace de CanWest
qui pèse sur elle aujourd’hui, l’heure
est venue pour le Parlement de reconnaître à nouveau
formellement les contributions passées de la Presse
Canadienne et d’assurer son importance à l’avenir.
Un organisme permanent devrait être désigné pour
surveiller la santé et la vitalité de cette
ressource nationale indispensable; et il sera responsable
de recommander des solutions immédiates au Parlement
si celles-ci sont mises en danger.
Un tel mandat pourrait, par exemple, être confié à un
CRTC dont on augmenterait la portée des actions.
En tant que Conseil des médias et des télécommunications
canadien, un tel organisme pourrait également avoir
la tâche de mettre au point d’autres propositions
ou règlements que votre Comité jugera nécessaires
pour assurer la santé de tous les médias canadiens,
que ce soient des codes de conduite applicables ou de simples
dispositifs de protection de la propriété que
nous proposons ci-dessous.
Ça n’est pas arrivé tout
seul
Lorsque les sénateurs examineront
nos recommandations à l’égard de la PC,
ils sont priés de porter leur attention sur le fait
que TNG Canada et d’autres ont déjà donné d’innombrables
témoignages montrant que, de manière inquiétante,
dans de nombreuses autres instances CanWest a éliminé diverses
voix en imposant bien moins de choix aux lecteurs par le
biais de décisions administratives centralisées.
L’affaire des «éditoriaux
nationaux» était l’un des éléments
qui ont déclenché cette enquête. Des événements à Ottawa,
dans lesquels était impliqué Russell Mills,
l’ex-éditeur du Citizen, en étaient un
autre.
Il y a eu beaucoup trop de gestes controversés posés
par CanWest pour qu’on puisse les citer ici. Nous vous
prions de consulter à nouveau les rapports dignes
de foi que nous avons préparés sous forme de
tableau chronologique, auxquels nous avons joint une abondante
documentation avec les textes originaux de source.
C’est une accumulation de preuves
effrayante et incontestable. Cependant le cadre de CanWest
le plus haut placé à comparaître devant
ce Comité a déclaré devant vous le 13
avril 2005 que «la plupart de ce que vous avez entendu
sur CanWest est manifestement faux ou grandement exagéré.»
La déclaration est aussi grandiose
que trompeuse et incorrecte.
Au cours de l’audience du 13 avril, on a fait mention
d’un code de conduite de CanWest qui était certainement
une nouveauté pour les employés syndiqués
de CanWest. À notre connaissance, on n’a jamais
fourni un tel document à aucun de nos membres dans
quelque établissement de CanWest que ce soit.
Néanmoins, le principe directeur du principal exploitant
des médias à travers le Canada semble simple à percevoir:
la dissidence et l’opposition doivent être privées
d’expression, par tout moyen disponible, interne ou
externe, à la société.
De notre point de vue, les employés et les pigistes
travaillant pour CanWest, qui exercent leurs droits de libre
expression ou qui essayent d’imposer à l’interne
le pluralisme pour des sujets à propos desquels les
propriétaires ou leurs directeurs ne sont pas d’accord,
sont marginalisés dans le déroulement quotidien
du travail – en réalité, ils sont privés
de pouvoir sur le choix des nouvelles, de décision
sur l’analyse et de l’accès aux lecteurs
ou aux téléspectateurs.
L’exemple le plus frappant serait
l’absence de nouvelles dans The
Gazette de Montréal,
le journal le plus directement concerné par les retraits
des signatures lorsque CanWest imposa les «éditoriaux
nationaux» en décembre 2001.
Ce fut lamentable mais peu surprenant que
cette absence de nouvelles soit évidente immédiatement
dans tous les organes médiatiques sous le contrôle
de CanWest, dans la presse écrite, diffusée
et disponible sur Internet.
Les antécédents de CanWest et sa structure
de commandement et contrôle attestée par de
nombreuses sources se passent de commentaires. Nous n’avons
d’autre choix sinon de prévoir que ces défis
continuels à la diversité de points de vue
et à la liberté d’expression sont plausibles,
aussi bien au sein de la société que vis-à-vis
des lecteurs et téléspectateurs.
Des témoins devant le Comité à Vancouver
ont remarqué la froideur constante des employés
de CanWest, interdisant même des activités aussi
inoffensives que leur participation ouverte dans des forums
organisés par les membres de l’Association Canadienne
des Journalistes (CAJ-L).
Il est vrai que Montreal Newspaper Guild
a eu gain de cause au cours d’un règlement historique
au sujet du grief sur la consigne du silence à The
Gazette de Montréal, au début de 2004.
L’accord affirmait formellement que
les libertés fondamentales des journalistes employés
par CanWest, tout au moins, dans ce journal «contribuaient
et participaient au débat public ouvert» au
sujet des politiques de collecte d’informations, de
l’orientation éditoriale ou tout autre sujet.
Au cours de l’année dernière,
les journalistes employés de CanWest brillaient par
leur absence à vos audiences. Non seulement pour faire
la couverture de ces dernières aux lecteurs et aux
téléspectateurs à travers le Canada,
mais également pour témoigner tout simplement.
Vous ne pourriez pas avoir une preuve plus éloquente
de cette froideur continuelle, étant donné votre
ordre de renvoi au sujet de la situation actuelle des industries
des médias; les tendances et développements émergents
dans ces industries; le rôle des médias, les
droits et responsabilités au sein de la société canadienne
et les politiques actuelles ainsi que les futures politiques
appropriées en la matière.
The Straight est génial,
mais ce n’est pas le Sun
The
Tyee, un site web en Colombie-Britannique, a récemment
raconté l’effet produit par CanWest, propriétaire
du Vancouver Sun, du Province et de douze journaux de la
communauté voisine, sans parler des deux principales
chaînes de télévision de Colombie-Britannique:
au lieu d’avoir une convergence qui produise plus de
reportages, la consolidation n’a fait que produire
plus de recyclage.
Des témoins vous ont dit que des
sites web d’informations comme The Tyee, des journaux
comme The Georgia Straight et les diverses agences de presse
ethniques du Lower Mainland sont eux-mêmes un contrepoids à la
domination des chaînes de médias.
Ceci banalise la situation. Il est
vrai que les médias
alternatifs, les médias ethniques et les sites web
indépendants sont essentiels à la démocratie, à la
liberté de parole et à la diversité.
L’existence d’une multitude de sites remplis
d’informations ne veut pas dire que l’information
qu’on y trouve est juste, réfléchie ou
précise. Avoir de l’information crédible,
dans un monde si plein d’informations, est devenu encore
plus important.
Le monde Internet est en réalité deux mondes:
l’un est contrôlé par des sociétés
médiatiques géantes capables d’attirer
un grand public vers quelques sites web et l’autre
est peuplé par des «citoyens bloggers ou des
sites web très spécialisés».
Même les sites web les plus crédibles
(s’il y avait moyen de les découvrir) ne peuvent être
invoqués pour écarter la préoccupation
au sujet de la consolidation des médias pour la même
raison qu’une prolifération de médias
alternatifs et de chaînes de radiotélédiffusion
ne peut être utilisée dans ce but. Pour la seule
raison que le journal local possède la plus grande
capacité de collecter l’information avec le
plus grand nombre de reporters et de rédacteurs et
la couverture la plus soutenue des événements
en ville. Et c’est souvent le quotidien local qui touche – plus
que tout autre source d’information – le plus
grand nombre de citoyens. Ce n’est pas un secret que
les agences de nouvelles de la radio et de la télévision
prennent souvent leurs gros titres des journaux.
Pour cette raison, ce sont les journaux
qui établissent
en général l’agenda des questions qui
recevront l’attention publique. Donc, le baromètre
central pour une presse libre et une démocratie doit être
la situation des intervenants médiatiques prédominants,
en particulier les quotidiens, les sources qui influencent
le plus fortement le terrain d’entente de la conversation
locale et nationale.
Voilà pourquoi dans un univers de 500 chaînes
ou dans un monde de 5 milliards de sites web, il est aussi
important (comme dans un univers dont les options sont plus
limitées) d’avoir une diversité qui se
fait entendre par le biais des voix médiatiques les
plus influentes.
La situation n’est pas souhaitable
Des témoins vous ont dit que si
les gens n’aimaient pas ce qu’ils recevaient,
ils puniraient en tant que consommateurs les agences de presse
sur le marché et les médias seraient obligés
de changer.
Cette logique est vouée à l’échec.
Les Canadiens sont des «junkies d’informations» avec
90 p. cent très intéressé ou quelque
peu intéressé à suivre les nouvelles. Ils
sont très intéressés à recevoir des informations
précises et fiables. Le problème est que leur choix est limité.
En raison de l’importance des quotidiens locaux, le manque de solutions
de rechange force les gens à accepter ce qu’on leur offre.
C’est l’histoire d’un monopole classique, vraiment: on
veut le service – des informations – et il n’y a qu’un
seul fournisseur.
Certains répliquent en remarquant
que le Canada a deux journaux nationaux et la CBC. C’est
vrai, mais on ne dira jamais assez combien le quotidien local
est essentiel au journalisme et combien le manque de diversité dans
ce domaine représente un handicap à la diversité dans
l’ensemble du journalisme canadien.
En 2004, le Projet pour l’excellence
en journalisme, qui est affilié à Columbia
University à New York, a produit ce qui deviendra
un rapport annuel sur le journalisme américain. Le
sondage a montré une baisse marquée de la confiance
publique envers les médias au cours des 20 dernières
années, dans
un environnement de concentration croissante, comme nous
le voyons au Canada.
Avant d’examiner la situation canadienne,
regardez les données américaines:
- il y a eu une augmentation de 13 à 67
p. cent parmi le nombre d’Américains qui croient
que les sociétés d’information essayent
de cacher leurs erreurs;
- le nombre d’Américains
qui pensent que les sociétés d’information
disposent en général de faits véridiques
a baissé de 55 à 35 p. cent;
- il y a eu une baisse de 41 à 30
p. cent parmi ceux qui pensent que les sociétés
d’information se soucient de ceux à propos
de qui ils font des reportages.
Les Américains ont une opinion moins
favorable qu’auparavant sur les médias:
- En 2002, le pourcentage des Américains
qui ont évalué leur quotidien comme étant
grandement crédible a baissé de 80 à 59
p. cent.
- La crédibilité des principaux
réseaux de télévision américains
a baissé de façon similaire, passant de 85 à 65
p. cent environ.
Les Canadiens sont légèrement
moins pessimistes.
Aux États-Unis, presque deux tiers
de la population a une opinion défavorable sur les
médias. Seulement un tiers environ a un avis favorable.
Au Canada, à l’heure actuelle, on a la situation
inverse: deux tiers ont un avis favorable et un tiers, défavorable.
Plus particulièrement, dans ce pays 69 p. cent des
gens croient que les médias d’information disposent
de faits véridiques.
Évidemment, cela fait 31 p. cent
qui croient que les reportages sont souvent inexacts. De
plus, 59 p. cent des Canadiens pensent que garder l’impartialité et
l’équilibre dans les médias est devenu
un problème plus important, et 54 p. cent des Canadiens
croient que les médias d’information essayent
de cacher leurs erreurs. L’optimisme
canadien a peut-être une raison: un seul des géants
des médias canadiens avance un agenda idéologique,
contrairement à la situation américaine où plusieurs
radiodiffuseurs suivent farouchement ce modèle.
Bon nombre de Canadiens ont entendu parler
de FoxNews. Moins nombreux sont ceux qui ont entendu parler
de Sinclair Broadcasting, propriétaire de 62 chaînes
de télévision américaines. La société a
renvoyé le directeur du Bureau de Washington au moment
de l’élection présidentielle de l’année
dernière. Après des mois de frustration professionnelle
Joe Lieberman fit des déclarations publiques, et il
se permit d’être cité dans The Baltimore
Sun en disant que les cadres de Sinclair n’étaient
pas objectifs à l’égard de John Kerry.
Sinclair l’a renvoyé le jour même.
Mais il n’y a pas une raison spéciale
pour expliquer l’optimisme au Nord de la frontière
Canada-États-Unis.
Dans les deux pays, les informations sont de plus en plus
produites par des sociétés au sein desquelles
le journalisme est seulement une des activités, un «centre
de profit» – et peut-être pas aussi rentable
que d’autres. Commune aux deux pays, cette consolidation
est entremêlée de tendances qui semblent déplaire
au public.
Tendances: prolifération superficielle
et consolidation
Une des tendances est le nombre croissant
de nouvelles agences et l’on voit des sociétés
se faire la concurrence pour chaque «créneau
de marché». Cette prolifération amène
plus de diversité, comme le crient sur les toits les
chaînes médiatiques et leurs partisans. Mais
c’est une diversité apparente qui est plus superficielle
que réelle. La plupart des textes sont simplement «réorientés».
Au lieu de choisir des reportages sur les diverses communautés/populations
ou le type d’analyse ou d’enquête en profondeur
qui va chercher le fond de l’histoire, mais qui exige
un investissement considérable de temps et d’énergie,
tout matériel nouveau est souvent plus léger:
divertissement, mode de vie, information au consommateur.
Simultanément, une autre tendance est qu’un
nombre croissant de nouvelles agences cherchent un public
relativement statique et même réduit et mettent
plus de pression sur les recettes et les profits. Il en résulte
que la plupart des nouveaux investissements en journalisme
actuellement se font dans la diffusion des informations et
dans le recyclage, mais il n’existe pas de collecte.
Ironiquement, la consolidation a conduit à la
création d’autres agences de presse, y compris
de nouveaux quotidiens distribués gratuitement. Le
public est plus fragmenté. La concurrence intense
signifie que des créneaux réservés aux
nouvelles sont remplis avec des efforts de marque tels que
des promotions croisées et des annonces-amorces. De
plus, dans la radiotélédiffusion, pour aller
chercher son public, il faut d’abord mettre l’histoire
en ondes, peu importe si elle est partielle et confuse. L’accent
est mis sur la couverture de quelques histoires à grand
succès ad nauseam. Ainsi, la matière première
des nouvelles, devient de plus en plus le produit final. En
même temps, on voit diminuer le nombre de reporters
qui font des recherches et produisent des histoires et des
analyses réelles. Malheureusement,
les ressources destinées au reportage-enquête
sont devenues infimes par rapport à ce qu’elles étaient
il y a 10 ans.
Résultat net: «Promiscuité de
faits, chaos de faits»
Des relations plus dures entre les médias
et le public sont perçues dans la dissidence croissante
au sein des sociétés médiatiques, d’après
les auteurs Bill Kovach et Tom Rosenstiel. Leurs
commentaires sont utiles et reflètent la situation
au Canada.
Du côté gestion des médias,
on fait de plus en plus appel à des méthodes
comme «la gestion axée sur les objectifs» qui
récompense les rédacteurs en chef et les cadres
lorsqu’ils atteignent des objectifs sociétaires
financiers et budgétaires.
Du point de vue strictement commercial, ces mesures peuvent
fournir un système cohérent pour la surveillance
du travail des cadres. Mais ils peuvent aller à l’encontre
des intérêts des journalistes et des citoyens.
Kovach et Rosenstiel croient que ces techniques détournent
la fidélité et l’attention de la salle
de rédaction principale et des dirigeants des intérêts
des lecteurs, téléspectateurs et auditeurs
vers les actionnaires de la société. Ils regrettent
que cette tendance ait amené d’une part, la
culture d’une responsabilité commerciale concentrée
dans les salles de rédaction et d’autre part,
le modèle de langage et de pensée du marketing
consommateur aux informations. Ainsi, les citoyens et les
lecteurs sont réduits à de simples consommateurs:
les comprendre devient du marketing. La production d’information
est réduite à un élément du service à la
clientèle.
Malgré la concurrence intense sur
le marché, il existe une autre tendance nord-américaine:
les secteurs traditionnels des médias sont, d’une
manière générale, extrêmement
rentables. Aux États-Unis, des marges sur la recette
publicitaire aux environs de 40 p. cent sont normales pour
les chaînes de télévision locales; des
marges de 20 p. cent sont normales pour les journaux.
CanWest serait plutôt au-dessus de
la courbe: les bénéfices financiers parmi les
principaux journaux métropolitains de CanWest semblent
avoir augmenté d’au moins 30 cents pour chaque
dollar de recette, ce qui est plus du double des niveaux
atteints ces dernières années.
Le résultat net de toutes ces tendances
est que l’information est en offre excédentaire.
Mais la connaissance provenant de reportages crédibles
est en offre déficitaire.
Il y a, d’après Michael Janeway, «une
promiscuité de faits, un chaos de faits.»
Dans ce contexte, on soulève à nouveau
la question de la PC. Le sondage réalisé en
février 2005 auprès des éditeurs en
chef ou des éditeurs de presse des plus grands quotidiens
et télédiffuseurs a
révélé que 80 p. cent des rédacteurs
de journaux sont d’accord pour que la PC agisse comme
voix indépendante. Les lecteurs ne se rendent pas
compte que les textes de la PC sont différents d’un
autre texte dans leurs journaux. Mais les rédacteurs
s’en rendent compte. Et ils estiment que la PC fournit
une couverture impartiale, juste et correcte même lorsqu’il
s’agit de questions controversées ou de partis
politiques.
À une époque où le
public pense précisément que ces qualités
sont en baisse de manière alarmante, la PC fait face à sa
crise la plus grave.
La situation n’est pas inévitable
La situation où nous nous trouvons
au Canada n’est pas sans intérêt. Elle
n’est pas souhaitable.
Bon nombre de gens croient cependant
que la situation est inévitable, que c’est un produit de la technologie,
de la mondialisation et du développement des sociétés,
au-delà du contrôle du public, au-delà du
contrôle d’un petit pays comme le Canada et au-delà du
ressort des citoyens par le biais de leurs législateurs.
Nous ne sommes pas d’accord.
Nous sommes encouragés par le Projet
pour l’excellence aux États-Unis,
qui non seulement parle de la baisse de confiance du public
dans les médias, mais essaye de faire quelque chose à ce
sujet. Les principaux journalistes qui travaillent pour
le Projet ont élaboré une Charte des droits
du citoyen pour codifier autant que possible ce que le
public devrait attendre de la presse.
Cette Charte des droits du citoyen comprend
le droit à la véracité, c’est-à-dire,
le droit d’avoir une preuve claire et évidente
de la véracité du reportage où les lecteurs
peuvent juger de la valeur et de l’impartialité de
l’information par eux-mêmes.
Elle inclut également le droit pour
les citoyens de voir que la loyauté de la presse existe
envers les citoyens et que cette dernière essaye de
comprendre la communauté dans son ensemble. D’après
les auteurs, les citoyens doivent même s’attendre à ce
que les sociétés d’informations mettent
en danger leurs propres intérêts afin de pouvoir
fournir d’importantes informations aux lecteurs.
Comparez ceci, par exemple, avec les instructions
données par la haute direction de CanWest à propos
des attentes du siège à l’égard
des
reportages
sur le Moyen-Orient. Et avec les coupures de
personnel dans les salles de presse de CanWest à travers
le pays, ainsi que les coupures dans les reportages législatifs à Victoria
et à la Colline du Parlement. Et avec un éventail
d’autres mesures détaillées dans YourMedia.ca.
Nous remarquons avec une certaine ironie
que le Canada aurait pu échapper à la frénésie
de la concentration si on avait interdit au CRTC après
1985 de permettre la propriété croisée
entre les détenteurs de licences de radiotélédiffusion
et de quotidiens. Nous ne serions pas confrontés à la
situation actuelle et nos médias ne seraient pas moins
sains du point de vue financier.
En se fondant sur les données fournies
par votre rapport provisoire, TNG a l’intention d’aller
demander soutien à la convention du Congrès
du travail du Canada pour obtenir une résolution qui
recommanderait une interdiction de la propriété croisée
entre les agences de radiotélédiffusion et
les journaux.
Notre motion déclare, en partie: «Les actions
des grands propriétaires de médias au Canada
ont mis en péril les valeurs démocratiques
et pluralistes. Une action législative décisive
est demandée immédiatement afin d’encourager
la diversité des voix et de rétablir les droits
de tous les citoyens d’avoir accès à des
reportages complets et précis dans leurs communautés,
dans leurs pays et à travers le monde et à un
large éventail de points de vue qui stimulera au lieu
d’étouffer le débat public légitime
qui est la pierre angulaire du choix démocratique.»
Les détenteurs de licences de radiotélédiffusion
auront évidemment le droit de décider de quelles
propriétés – les agences de radiotélédiffusion
ou journaux – ils vont se priver.
Un nombre considérable de propriétés
croisées resteront en place temporairement, en attendant
que les licences accordées arrivent à la date
d’expiration. Entre-temps, nous cherchons à surveiller
les actions de ces propriétaires par le biais d’un
CRTC consolidé.
«Comités de surveillance» un
nom plein de malice
Pour les fusions de TVA/Québécor,
CanWest/Southam et BCE/CTV, la CRTC a institué ce
qu’elle a appelé les «comités de
surveillance» pour assurer la séparation de
la gestion de l’information entre la radiotélédiffusion
et les agences de presse. Ces comités étaient
tenus de publier des rapports annuels.
Tels qu’institués à l’heure
actuelle, ces comités de surveillance autoréglementés
ne sont qu’une façade. En surface, ils peuvent
donner l’impression que la concentration des médias
et, en particulier, la propriété croisée
sont adéquatement surveillées. Ce n’est
pas le cas vraiment, ils sont inefficaces.
Par exemple, nos collègues à la Fédération
nationale des communications (FNC), qui représente
les journalistes du Journal de Montréal et d’autres
journaux de Québécor nous disent qu’une
seule plainte a été déposée auprès
du comité de surveillance autoréglementé si
réputé. La plainte concernait la promotion
croisée de Star Académie, version québécoise
de l’émission de télévision Canadian
Idol, à la fois par la télévision de
Québécor et dans les agences de presse, dont
les annonces sont parues à plusieurs reprises comme
vous avez pu le constater, sur la première page du
plus grand journal de langue française du pays. D’après
la FNC, les transgressions étaient flagrantes. Bien
qu’elles semblaient relever de la compétence étroite
du comité, on en a décidé autrement.
Le procès a été abandonné avant
même qu’il ait commencé.
Avec ce système, les vices de forme sont fatals.
Les comités nommés par erreur «comités
de surveillance» en réalité ne surveillent
pas du tout. Le système fonctionne à la plainte
et ne s’occupe que d’un seul élément
de consolidation – assurer que la gestion de l’information
des radiotélédiffuseurs et des journaux détenus
par la même société demeure séparée.
Le public peut déposer des plaintes
s’il connaît le fonctionnement des comités.
En réalité le public n’en a pas la moindre
idée. Dans ses supplications auprès du CRTC
pour permettre à Bell d’acquérir CTV,
cette dernière s’est engagée à dépenser
1 million de dollars pour promouvoir son comité de
surveillance.
Nous n’avons vu aucune campagne publicitaire à ce
sujet ! En réalité, même si vous allez
sur le site web de CTV et que vous cherchez le terme «surveillance»,
vous ne trouvez pas d’information sur le comité à moins
que votre recherche ne se concentre sur la page sociétaire
du site web.
Le public n’a pas été informé de
cette ressource – par les propriétaires de médias
dont l’intérêt commercial est mieux servi
si le public demeure dans l’ignorance. En guise d’illustration,
il a été sans doute très instructif
pour les sénateurs de voir que les questions traitées
par votre Comité n’avaient reçu qu’une
faible couverture de la part des médias par le biais
des services d’information des grands propriétaires
des médias du pays depuis que votre enquête
a commencé il y a environ deux ans.
Entre-temps, CTV et Global ont délégué l’administration
de leurs comités de «surveillance» au
Conseil canadien des standards de diffusion. Le
CBSC est composé de radiotélédiffuseurs
privés. Il surveille les standards autoréglementés
des radiotélédiffuseurs privés concernant
les stéréotypes sexuels et la violence.
D’après le CBSC, aucun rapport
n’a été publié sur la séparation
de la gestion de l’information parce qu’il n’y
a pas eu de plainte.
Dans ce cadre, il reste les autres plaignants
possibles – les journalistes. Autrement dit, ce sont
les employés qui doivent se plaindre. Souvenez-vous
de la froideur de CanWest décrite précédemment!
Cette approche équivaut à éliminer
le vérificateur général et son personnel
et à choisir de faire surveiller les dépenses
du gouvernement par des dénonciateurs seulement, et
en même temps menacer les dénonciateurs du gouvernement
de conséquences négatives pour leur carrière
non formulées par écrit.
Dans l’industrie des médias, comme dans toute
entreprise, adopter ce type de mécanisme pour préserver
la confiance publique est une méthode vouée à l’échec.
Dans le système actuel de surveillance des médias,
la première hypothèse est que tout va bien – sauf
preuve du contraire. Il faudrait choisir le point de départ
le plus évident: la propriété croisée
est un défi à la liberté et à la
diversité de la presse. Il est essentiel de séparer
la prise de décision sur la gestion des informations.
Il est nécessaire et urgent d’avoir une surveillance
active, perspicace et indépendante.
Ces comités, sous l’égide du CRTC, devraient
encourager activement des commentaires et des dialogues afin
de rappeler aux conglomérats que le public est alerte
lorsqu’il s’agit de qualité et de diversité,
et non pas lorsqu’il s’agit de convergence seulement.
Nous tenons pour acquis que les règles de propriété étrangère
doivent être maintenues. À ce sujet nous remarquons
que CanWest a déjà voulu que le Canada signe
des ententes avec d’autres pays qui permettraient à la
société d’acheter des propriétés étrangères
et en échange concéder aux chaînes de
médias canadiennes l’option de vendre la propriété à des
non-Canadiens. Peut-être que CanWest a décidé que
ceci n’avait aucune chance d’aboutir.
En lisant attentivement le témoignage devant votre
Comité le 13 avril 2005, p. 11, il semble que CanWest
a changé d’avis et est prête à accepter
que les règles actuelles sur la propriété étrangère
doivent être maintenues dans la mesure où elles
continuent à s’appliquer à des rivaux
potentiels comme les sociétés de télécommunications
et de câblodiffusion. Avec la mise en place de l’interdiction
ressuscitée de la propriété croisée,
cet élément est résolu de manière élégante
et efficace.
Nous sommes loin de suggérer que ces comités
de surveillance plus agressifs résoudraient toute
la question. Pour ce faire, nous comptons sur des mesures
de politique publique qui limiteraient les parts de propriété et
proscriraient la propriété croisée.
Mais à mesure que se fera la transition au cours des
années à venir vers la séparation complète
de la radiotélédiffusion des opérations
des journaux, selon les dates d’expiration des licences
en vigueur, ces mesures offrent une approche de transition
faisable et réaliste qui assurera que la situation
ne se dégradera pas.
Nous prions ce Comité de comprendre qu’il est
en position privilégiée pour parler au nom
des Canadiens, pour rétablir l’équilibre
suite à une consolidation extrême et malsaine
qui a eu lieu au cours de ces dernières années
et pour devenir un paratonnerre pour le changement.
«Pas si vite!» disent les
gens aux États-Unis
À l'époque de George W. Bush,
bon nombre de Canadiens trouvent facile de déplorer
la politique américaine et ils voient les Américains
comme des prisonniers ou des grands amateurs de «Big
Media». Le passage vers des médias plus grands
est souvent cité au Canada comme faisant partie d'une
tendance internationale et donc inévitable.
Il y a donc une bonne dose d’ironie bien placée
dans les remises en question de la base qui incitent la Commission
fédérale des communications (FCC) et le Congrès
américain à contrecarrer les tentatives de
relâcher les règles qui limitent la consolidation
des médias.
Au mois de juin 2003, la FCC, sous la direction
de Michael Powell, a énergiquement entamé la
déréglementation de la consolidation des médias:
- Elle a supprimé une vieille interdiction
selon laquelle des sociétés ne pouvaient être
propriétaires de stations de télévision
et de quotidiens dans la même communauté.
- Elle a permis aux sociétés
d'être propriétaires des stations de télévision
dont les émissions atteignent 45 p. cent des foyers
américains, soit une augmentation par rapport à l’ancienne
limite de 35 p. cent.
- Elle a relâché les règles
concernant la propriété des stations de télévision
locales de façon à ce qu'une société pouvait être
propriétaire de deux stations dans une communauté de
taille moyenne et de trois stations dans les grandes métropoles
(dont une seulement pouvait être parmi les quatre
premières).
Toujours est-il que Michael Powell a commis
une erreur. Il n’a pas tenu compte des appels pour
des audiences publiques avant d’entamer les changements.
Il a estimé probablement que peu d'Américains
s’y intéressaient. Et s'il avait tenu les audiences,
la question serait passée inaperçue, surtout
parce que les changements réalisés par la FCC
ont reçu une faible couverture médiatique de
la part des agences de presse qui ont été favorisées
par ces changements.
Nous ne le saurons jamais. Parce que quand
Powell a rejeté les appels aux audiences publiques,
il a provoqué une vague de colère chez les
militants locaux concernés.
Soutenues par des organisations comme
Travailleurs en Communication d’Amérique du Nord (TCA), le syndicat international
dont La Guilde des employés des journaux du Canada
fait partie, des rencontres publiques organisées par
les gens concernés ont commencé à se
multiplier au printemps 2003, lorsque la FCC s’est
préparée au vote, pour ensuite prendre plus
d’essor après l’adoption des règles.
Les règles ont été adoptées à 3
contre 2. Les deux commissaires dissidents, Jonathan Adelstein
et Michael Copps, ont joint le mouvement d’opposition
et ont déjoué les États-Unis en parlant à des
foules compactes.
Peu de temps après, un nombre plus important d’organisations
ont joint le mouvement et la question a pris de l’ampleur.
Le Congrès s’en est inquiété.
En juillet 2003, la Chambre des représentants a voté 400
contre 21 en faveur du rétablissement de la limite
de 35 pour cent en matière de propriété des
stations de télévision. Un groupe de sénateurs
des deux partis se sont opposés au relâchement
des règles adoptées par la FCC et ils ont signé une «résolution
de désapprobation», procédé rarement
utilisé. Le Président Bush a déclaré sans
tarder qu’il utiliserait le droit de veto à l’endroit
de toute tentative de bloquer l’approbation des règles
de propriété relâchées.
Ensuite, en septembre 2003, la veille
de l’entrée
en vigueur des règles que la FCC avait adoptées
en juin, les opposants aux nouvelles règles ont connu
un grand triomphe. La cour a accordé une injonction
temporaire contre les règles.
Peu de gens dans le mouvement d’opposition espéraient
obtenir une victoire en justice. Mais encouragé par
un tel succès, le mouvement contre les changements
a intensifié ses activités.
Il s’est avéré donc que les gens étaient
intéressés: la FCC et les membres du Congrès
ont reçu près de deux millions de courriels,
de lettres et de cartes postales contre les changements.
Les organisations syndicales, National
Organization of Women et autres se sont joints à des groupes politiquement
disparates comme, par exemple, American Catholic Bishops
et National Rifle Association. Ils étaient tous motivés
par l’idée que les changements des règles
permettraient à une seule compagnie d’être
propriétaire de tous les journaux, stations de radios
et télévision par câble d’une communauté.
Hostile aux audiences publiques,
la FCC a été forcée
d'organiser des rencontres avec les citoyens. Les discussions
passionnées engendrées par ces rencontres ont
même attiré l’attention des agences de
presse appartenant aux grandes compagnies médiatiques
qui avaient, jusqu’alors, ignoré la question.
En juin 2004, il y eut une autre
victoire: un verdict de la cour a annulé tous les changements des règles
passés en juin 2003.
En janvier 2005, la FCC et le gouvernement
américain ont annoncé qu’ils n’allaient
pas interjeter d’appel contre cette décision. Sous
pression, le gouvernement de Bush a reconduit le mandat d’un
des deux commissaires dissidents de la FCC.
C’est vrai que la lutte n’est
pas terminée. Avec l’invalidation des mesures
de déréglementation, la cour a décidé que
la FCC n’a pas fait une «analyse éclairée».
La cour a renvoyé la question à la FCC qui
peut faire des retouches à son analyse et adopter
les règles une fois de plus.
Toutefois, le public a la FCC dans son
collimateur. Les fonctionnaires élus comprennent que
les électeurs et les citoyens s’intéressent à la
question. Le mouvement populaire tient des rencontres régulières
consacrées à cette question.
Le Canada a des leçons à apprendre
ici.
Interdire la propriété croisée;
limiter les avoirs à 30 p. cent
Nous prions le Comité de recommander
un plafond fixé par la loi sur la concentration des
médias au Canada: limite de 30 p. cent pour toute
forme de propriété individuelle des médias
(radiotélédiffusion ou journal) appartenant à toute
personne morale.
Ces mesures doivent être
prises conjointement avec une interdiction absolue de la
propriété croisée, par voie législative
ou directive du cabinet mises en application dans les années à venir.
L’interdiction de la propriété croisée
devrait être établie au fur et à mesure
de l’expiration des licences existantes du CTRC.
Comme il est mentionné ci-dessus, pendant la période
de transition, avant l’expiration des licences de
radiotélédiffusion dans un environnement
de propriété croisée, (Québécor/TVA,
CanWest/Global et Bell/CTV), un processus de contrôle
plus rigoureux devrait être mis sur place sous la
supervision du CTRC.
Ce n’est pas trop tard
L’histoire nous a appris que lorsque
les éditeurs de l’Ouest du Canada ont été confrontés à la
crise de 1907, ces entrepreneurs locaux se sont opposés
au monopole des chemins de fer. Les chemins de fer ont compris
que le contrôle du marché pouvait leur permettre
de monter les prix et réduire le contenu canadien
sans entrave ni opposition.
Les chemins de fer n’ont pas réussi
non plus.
Les journaux de l’Ouest ont rétorqué.
Ils ont créé leur propre service d’informations,
ce qui a posé les fondements de la Presse Canadienne.
Presque un siècle plus tard, le même type de
monopolisation, cette fois au sein des médias eux-mêmes,
pourrait mettre fin à la PC. Comme vous l’avez
vu, la monopolisation représente une grande menace à la
confiance du public dans beaucoup d’autres aspects également.
Tout comme les propriétaires des journaux locaux
au début des années 1900, il y a des gens aujourd’hui
pour qui cela est important – pour vous au sein du
Comité sénatorial, pour nos membres syndiqués
et avant tout pour le grand public, pour les citoyens.
L’expérience nous montre que cela prendra au
moins une ou deux décennies avant que les législateurs
canadiens revoient ces questions. Cela peut être trop
tard.
En 1970, le Comité Davey a
conclu: «Ce
pays ne doit plus tolérer une situation où les
intérêts publics, dans un domaine aussi important
que l’information, soient dépendants de l’avidité ou
de la bonne volonté d’un groupe privilégié d’hommes
d’affaires.»
En 1981, Tom Kent a repris l’avertissement: «La
situation dans laquelle nous nous trouvons, selon le Comité,
est tout à fait inacceptable pour une société démocratique.
Trop de pouvoir est mis entre les mains de trop peu de gens;
c’est le pouvoir sans obligation de rendre compte.»
En 2005 la concentration de la propriété des
médias n’a pas diminué, le danger qui
en découle non plus. Les deux sont devenus plus grands.
Nous sommes une nouvelle génération qui s’est
engagée à garder la presse libre et à la
rendre plus libre encore – pour nous-mêmes et
pour les générations à venir.
Nous avons présenté les outils appropriés à ce
travail.
Nous comptons sur vous pour accomplir
votre tâche.
Merci.
NOTES EN BAS DE PAGE
- D’après votre rapport
provisoire, la part de CanWest (2003) dans la circulation
totale de journaux est de 28,5 p. cent et la part de
Québécor est de 21 p. cent. En revanche,
Torstar, le nouveau plus grand conglomérat, a
13 p. cent de part dans la circulation, tandis que la
participation de tous les autres intervenants n’atteint
pas 10 p. cent (rapport provisoire du Sénat, avril
2004. p. 8).
- Comité sénatorial
permanent des transports et des communications, témoignage
du 12 avril 2005, Richard Camilleri, président
de CanWest Global et de Gerry Nott, rédacteur
en chef, salle de rédaction nationale et agence
de presse CanWest, p. 18 et 19.
- Sondage réalisé par
Viewpoints Research de Winnipeg la dernière semaine
de février 2005. Quatre-vingt-huit répondants
pour Broadcast News d’un échantillon potentiel
de 347, avec une marge d’erreur de plus ou moins
9 points de pourcentage. Il y a eu 36 répondants
PC d’un échantillon de 98, avec une marge
d’erreur de plus ou moins 3,3. p. cent.
- Information extraite de votre rapport
provisoire, p. 26-28, d’après le témoignage
de Scott Edmonds. Edmonds est membre de TNG Canada.
- Témoignage devant le Comité le
13 avril 2005, p. 18. Gerry Nott a répondu: «Franchement,
nous ne sommes pas allés si loin pour considérer
la question.» Ceci n’est pas rassurant, «si
loin» pourquoi? Pour sortir de la PC?
- Voir www.YourMedia.ca,
le site web de TNG qui surveille les médias au Canada.
- Voir http://www.yourmedia.ca/modules/canwest/chronicle/chronicle.shtml.
- Voir le témoignage devant
le Sénat, FN 2, Richard Camilleri, p. 2.
- Voir témoignage devant votre
Comité de CAJ à Vancouver, le 31 janvier
2005: http://www.parl.gc.ca/38/1/parlbus/commbus/senate/com-e/tran-e/06eva-e.htm#Jones.
- Voir http://www.cwa-scacanada.ca/FR/news/2004/040226_mng_gag_lifted.shtml.
Voir également: http://www.cwa-scacanada.ca/FR/news/2004/040226_pact_FRtext.htm.
- Voir http://www.TheTyee.ca 20
décembre 2004.
- Pris en note par State
of the News Media 2004 Report.
- Report
Card on Canadian News Media 2004 Bulletin
sur les médias d’information canadiens
2004 du Consortium canadien de recherche sur les médias,
un consortium des départements d’études
sur les médias de plusieurs universités
canadiennes.
- Voir www.stateofthemedia.org.
- Voir www.stateofthemedia.org Vue
d’ensemble, p. 8. L’une des quelques agences
de presse dont la crédibilité est demeurée
stable (a baissé de 3 p. cent seulement depuis
1985) est l’émission NewsHour.
- Au Canada, le Consortium canadien
de recherches sur les médias a réalisé un
sondage similaire, en se servant des mêmes questions;
la source des données est dans les paragraphes
suivants. www.cmrccrm.ca
- Les 20 sites web les plus visités
au Canada, comme aux États-Unis, appartiennent à des
conglomérats médiatiques: msn.com, Canada.com,
theglobeandmail.com. Mais sur cette liste on trouve aussi
cbc.ca. En réalité, nous croyons que l’une
des raisons pour laquelle les Canadiens demeurent moins
aliénés des médias que les Américains
est la présence du radiodiffuseur public. Notre
opinion va au-delà du fait que les employés
de CBC sont membres de TNG Canada. Nous remarquons que
d’après le Projet pour l’excellence,
la National Public Radio est l’une des agences
de presse américaines qui a poussé la tendance
vers des émissions plus légères
et qui est prospère. Proportionnellement à la
population des États-Unis, elle n’a atteint
nulle part l’audience de la CBC. Comme nous l’avons
fait remarquer précédemment, le NewsHour
de PBS demeure l’une des quelques agences de presse
dont la crédibilité reste stable.
- Voir www.freepress.net/news/7833.
- www.stateofthemedia.org Vue
d’ensemble p. 2, pour discussion à propos
de huit tendances principales qui transforment les médias.
- www.stateofthemedia.org Vue
d’ensemble p. 7. TNG peut certainement attester
la baisse du nombre de reporters dans les salles de presse.
Les coupures de CanWest dans les rapports législatifs à Victoria,
C.-B., et ses antécédents de coupures de
personnel sur la Colline du Parlement sont bien documentés.
Voir aussi www.yourmedia.ca.
- Voir Bill Kovach et Tom Rosenstiel, “The
Elements of Journalism,” Crown Publishers, New
York, 2001. Pour discussion de la dissidence au sein
des médias, voir p. 58.
- www.stateofthemedia.org,
Vue d’ensemble p. 6. Voir également Newspapers, p. 19
où le rapport remarque que bien que ceci soit élevé par
rapport à certains secteurs comme l’automobile, et faible
si on le compare au marché des logiciels, les comparaisons
de profit ratent leur but. De tels profits sont ce que Wall Street
attend maintenant des sociétés publiques de journaux.
- La TNG en mars 2004 a avancé ces
chiffres devant votre Comité. CanWest ne les a
pas contestés.
- D’après Vartan Gregorian,
président de Carnegie Corporation : «L’information
est en offre excédentaire mais la connaissance
en offre déficitaire.» Cité dans www.stateofthemedia.org Newspapers
p. 21.
- www.stateofthemedia.org Newspapers
p. 21.
- Voir FN #3.
- Kovach and Rosenstiel, p.193
- En réalité, étant
donné la dette accumulée par les fusionnistes
et vu l’effondrement de la bulle .com, même
du point de vue administratif, elles auraient même été beaucoup
mieux financièrement sans la propriété croisée.
- Voir CRTC Décision 2001-384
Annexe V (Québécor), CRTC Décision
2001-457 par. 112 et Annexe 1 (CTV), CRTC Décision
2001-458, par. 3 et Annexe 1 (Global), CRTC Décision.
- CRTC Décision 2001-457 par.
115.
- Comme le CRTC a laissé la
porte ouverte pour ce faire dans ses décisions.
- CBSC interrogé le 13 avril
2005.
- La déréglementation
a commencé bien avant l’administration de
Bush. Elle commence avec l’apparition du câble
dans les années 1980, quand les autorités
de réglementation du gouvernement de Reagan ont
décidé que les critères de programmation
fédéraux sur les ondes publiques n’étaient
plus requis. En 1996, à l’époque
de Clinton, une loi plus souple dans le domaine de la
réglementation de bon nombre de stations de télévision
a encouragé ce mouvement de consolidation. La
loi a permis aux sociétés d’être
propriétaires des stations de télévision
qui détiennent 35 p. cent des téléspectateurs
américains. Toutefois, la loi a maintenu les règles
contre la propriété croisée et contre
la propriété de plus d’une station
de télévision sauf dans les grandes villes.
(Source: www.stateofthemedia.org Local
TV p.16.)
- Voir American Journalism Review,
décembre 2004.
- En novembre 2004, après
l’annulation de la décision de la FCC par
la cour, la Maison Blanche et le Congrès ont négocié une
augmentation de la limite à 39 p. cent – plus élevé que
35 p. cent, mais inférieur aux 45 p. cent de la
FCC. L’entente est garantie par la loi et n’est
donc plus soumise à la révision du FCC.
- La troisième Conférence
annuelle consacrée à la réforme
des médias nationaux sera organisée à St. Louis, à la
mi-mai 2005. Voir www.Freepress.net.
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