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Une première convention qui fait école pour les employés d'un centre de production de journaux centralisé

Les employés du seul centre de production de journaux centralisé au pays qui soit syndiqué ont ouvert la voie aux autres installations du genre, en ratifiant leur toute première convention collective.

Les treize nouveaux membres de SCA Canada travaillent chez Pagemasters North America à Toronto. L'entreprise offre des services de mise en page, de conception et d'agate — soit les tableaux de résultats sportifs et de cotes de la bourse — aux quotidiens nord-américains et dans les Caraïbes. Ses clients incluent notamment The Globe and Mail ainsi que plusieurs quotidiens canadiens de moindre envergure et un autre dans les Bahamas.

PMNA est une filiale détenue à 100 % par la Presse canadienne, dont les employés sont représentés par la Guilde canadienne des médias (GCM), le plus important local de SCA Canada.

Au cours des dernières années, d'importants conglomérats canadiens tels Quebecor, Postmedia et Irving ont aboli des emplois dans leurs journaux locaux pour plutôt confier les tâches à leurs centres de production centralisés non syndiqués.

« Les sociétés de médias ont procédé à l'élimination des emplois liés à la mise en page et aux agates, une tendance qui se poursuit alors que les employeurs cherchent à réduire leurs coûts de production, a observé Keith Maskell, représentant du personnel à la GCM. Or, plutôt que d'assister au déménagement de nos emplois ailleurs dans le monde, des entreprises telles PMNA proposent plutôt une alternative qui permet de conserver au Canada les revenus, les emplois et les individus qui accomplissent le travail. »

La convention collective avec PMNA, qui fut ratifiée le 31 octobre dernier par 88 pour cent des membres votants, « établit la nouvelle norme pour l'industrie », selon Martin O'Hanlon, directeur de SCA Canada. Celui-ci s'attend à des appels auprès du syndicat national de la part de travailleurs embauchés par les géants des médias pour accomplir des tâches similaires. « Nous sommes certes à l'écoute des employés d'autres centres de production qui s'estiment sous-payés et sous-évalués », a-t-il précisé.

« Tout au long du processus de négociation, nous étions très conscients que, dans bien des aspects, PMNA demeure une entreprise en démarrage, a indiqué pour sa part Maskell. Or, les nouvelles entreprises ne bénéficient pas de rabais sur la facture d'électricité ou le loyer, par exemple. C'est pourquoi nous avons jugé qu'il serait déraisonnable d'établir des paramètres salariaux trop bas uniquement aux fins de protéger l'entreprise. Nos membres continueront à livrer un travail de grande qualité en échange d'un salaire convenable. De son côté, l'employeur aura la responsabilité de générer des revenus et d'assurer la croissance à long terme de l'entreprise. »

L'une des principales clauses de la convention stipule que des augmentations par rapport taux de base devront être accordées lorsque les revenus de l'entreprise atteignent certains seuils préétablis, et ce, pendant toute la durée de la convention, qui vient à échéance le 31 décembre 2014. Les employés dont le salaire est supérieur à la grille de base obtiendront eux aussi une compensation additionnelle si l'entreprise atteint les niveaux-seuils.

La convention établit tous les principes et règles de base que l'on retrouve habituellement dans une première entente de la sorte. Les employés actuels, dont plusieurs se sont joints à Pagemasters après avoir travaillé durant plusieurs années à la Presse canadienne, conserveront leurs salaires et avantages en vertu d'une clause de droits acquis.