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Le 10 decembre 2010

FINI LA DIVISION POUR CONQUÉRIR
Une alliance unique syndicat-agence
confère aux pigistes du prestige auprès des éditeurs

La Guilde canadienne des médias | Le Local 30213 de SCA Canada

Les pigistes n'ont plus à être à la merci d'entreprises médiatiques abusives, grâce à une entente unique qui va permettre aux journalistes indépendants de devenir membres de SCA Canada.

Une alliance, établie plus tôt cette semaine entre la Canadian Writers Group (CWG) et la Guilde canadienne des médias (GCM), le plus important local du syndicat, est la première en son genre en Amérique du Nord, sinon dans le monde. Les pigistes individuels qui se réunissent en collectif auront beaucoup plus de prestige au niveau de leurs négociations avec les éditeurs et les diffuseurs.

L'entente fait déjà l'objet d'intérêt au niveau international, a expliqué Lise Lareau, présidente nationale de la GCM.

«Après plusieurs années de tarifs stagnants et de conventions qui ne correspondent pas aux réalités du numérique, nous voyons là une réelle occasion d'améliorer la situation économique des pigistes médiatiques», dit-elle.

«Je suis fier d'être un des partenaires de cette alliance», a expliqué Derek Finkle, qui a fondé la CWG l'an dernier. L'agence, qui représente présentement quelque 75 réacteurs établis et projette d'en regrouper 150 d'ici le milieu de 2011, travaille fort, dit-il, «pour veiller à ce que nos rédacteurs soient rémunérés convenablement et signent les conventions les plus justes possibles. «Avec l'appui de la Guilde canadienne des médias, nos réacteurs seront mis en marché d'une façon plus sophistiquée, et les journalistes pigistes disposeront d'une façon efficace de négocier collectivement des contrats de publication qui sont de moins en moins favorables à leurs auteurs.»

Pour sa part, la GCM va défendre les journalistes indépendants au niveau de questions telles que les droits d'auteurs, le numérique et les droits de réutilisation. Les rédacteurs représentés par la GCM vont automatiquement devenir membres de la branche des pigistes du syndicat. Cela les rend également membres de SCA Canada, qui a contribué 35 000$ pour appuyer l'alliance.

«Plusieurs groupes, y compris des syndicats, luttent depuis longtemps pour représenter efficacement les pigistes», a expliqué Mme Lareau. «Cette alliance est un nouveau modèle qui commence déjà à porter fruits.»

En effet, la GCM est présentement impliquée dans un litige entre un pigiste et le puissant conglomérat médiatique Rogers Communications. La compagnie, qui publie une panoplie de revues en plus de gérer un système de cablo diffusion et plusieurs plate-formes d'internet, a syndiqué le travail de Patricia Pearson en dépit du fait qu'elle n'avait payé que pour les droits de publier l'article en question sous forme électronique pendant 45 jours. Les représentants juridiques de la GCM négocient les droits en son nom.

Cet automne, Rogers Publishing a commencé à syndiquer le travail de journalistes indépendants en ligne. La CWG a remarqué en septembre que des articles de la fin de 2009 et du début de 2010, rédigés par Pearson et Ellen Vanstone et tout d'abord publiés dans Chatelaine, étaient également publiés sur le site web «Lifestyle» de Yahoo.

Il a été découvert que Rogers possède une entente de syndication du contenu avec Yahoo et MSN. La compagnie a accepté d'enlever les deux articles du site web de Yahoo.

Le syndicat et l'agence travaillent à d'autres incidents du genre impliquant Rogers, et gardent les pigistes renseignés sur leur site web TheStoryboard.ca. On a l'intention d'en faire une communauté en ligne à l'intention des journalismes indépendants du Canada, complète avec les toutes dernières nouvelles, des avis et des occasions pour les pigistes.

En plus de négocier des contrats individuels, les deux organisations ont commencé à rencontrer des éditeurs, dans l'intention de présenter de nouvelles normes pour les contrats avec les pigistes. Cela permettra aux journalistes indépendants de bénéficier des revenus additionnels que produit leur travail en numérique et sur d'autres plate-formes, et de protéger leurs droits d'auteurs et intellectuels.

Les rédacteurs choisis pour se joindre à la CWG sont représentés par M. Finkle. En tant que leur agent, il négocie en leur nom avec des publications telles que le Globe and Mail et Toronto Life, et se mérite une commission à cet effet.

Les pigistes qui ne sont pas acceptés dans les rangs de l'agence ont la possibilité de devenir membres de la branche pigiste de la GCM au prix de 150$ par année. Le syndicat leur fournit une meilleure visibilité, des modèles de contrats, leur offre des avis et, dans certains cas, une forme de protection juridique.

Puisque les membres de la GCM appartiennent aussi à un syndicat parent, SCA Canada, ils sont éligibles à des économies, des rabais et des avantages spéciaux au niveau d'une quantité de biens et de services, depuis les téléphones cellulaires jusqu'aux assurances groupes.

La GCM représente 6 000 travailleurs des médias à CBC/Radio-Canada, la Presse canadienne, Thomson Reuters, TVO, TFO, Shaw Media et ZoomerMedia. Elle représente depuis 16 ans des pigistes à CBC et Radio-Canada (à l'extérieur du Québec).

À la CBC, les pigistes sont protégés en vertu de la convention collective entre la Société et la GCM. Des cotisations syndicales de 1,55 pour cent sont déduites de leurs gains jusqu'à un maximum de 1 500$ par année. Les membres de la branche pigiste ont droit d'être représentés par la Guilde à l'occasion de négociations, de griefs, et d'autres questions associées à leur travail pour le diffuseur public.

La Canadian Writers Group comprend une équipe d'agents et de personnel de soutien qui s'efforce d'appareiller les rédacteurs aux meilleurs projets et clients. Le site web, canadianwritersgroup.com, contient le profil des rédacteurs représentés par l'agence, que les éditeurs et clients peuvent utiliser pour trouver des rédacteurs convenant à leurs projets.

M. Finkle, un diplômé de l'Université Princeton, était un contributeur régulier à la revue Saturday Night et au Globe and Mail avant de publier son premier livre, No Claim to Mercy, un examen du meurtre controversé de Robert Baltovich. De 2002 à 2007, il a été éditeur de Toro magazine, qui s'est mérité plus de 60 mises en candidature pour des prix, y compris un en son nom pour un reportage d'enquête en 2005.


(Cet article est une compilation éditée d'entrevues, de communiqués de presse et d'articles de blogues.)

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