Le 11 novembre 2009

Le sauveur de CHEK TV exhorte
les syndicats à se préparer maintenant
en vue de la vente des quotidiens Canwest

Les leaders des locaux syndicaux des journaux Canwest doivent commencer à explorer des options de propriété alternatives, alors que le conglomérat médiatique s’efforce d’éviter la faillite.

Photo: Richard KonwickRichard Konwick, un des sauveteurs de CHEK TV à Victoria, C.-B., a expliqué aux membres du Conseil national des représentants de SCA Canada qu’ils doivent se préparer à jouer un rôle de leader pour déterminer l’avenir de leurs employeurs.

M. Konwick est agent des affectations et président du local syndical CEP de la station, qui a évité la fermeture le 31 août grâce à un groupe de propriétaires dirigé par les employés qui ont pris contrôle de la station des mains de Canwest. La vente a été approuvée lundi par le CRTC, qui a renouvelé le permis de diffusion de la station jusqu’en 2016.

Selon M. Konwick, il n’aurait pas été possible de sauver la station de la fermeture si elle n’avait pas été syndiquée. Il donne également crédit au gestionnaire de la station, John Pollard, qui a fait passer les intérêts de CHEK avant ceux de Canwest et a été le premier à faire démarrer les choses.

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Étude de Free Press, aux États-Unis, qui contient une foule d’informations relatives à des modèles variant du non lucratif à la propriété communautaire
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Les délégués ont appris qu’une main-d’œuvre syndiquée constitue un avantage pour la survie des journaux et des stations de télévision victimes de l’écroulement des empires médiatiques au Canada et aux États-Unis. Le sauvetage de CHEK en est un parfait exemple.

Le fait d’avoir été syndiqués a donné aux employés de CHEK une structure, et a permis à M. Konwick de négocier en leur nom. Grâce à l’aide de CEP, les employés ont acheté 25 pour cent de l’équité, alors que le reste est venu d’investisseurs locaux.

Lise Lareau, présidente de la Guilde canadienne des médias, a expliqué que le sauvetage de CHEK mené par les employés constitue une «histoire miraculeuse», spécialement si l’on tient compte du fait que «Canwest a refusé de jouer le jeu jusqu’à la dernière minute».

Elle a souligné que la vente de CHEK a été réglée en cinq semaines, alors qu’il aurait normalement fallu environ huit mois.

Mme Lareau, qui a fait état de la vente sur son blogue Media Biz, a expliqué que la plus importante leçon tirée du séminaire de M. Konwick est que les employés des médias «doivent se serrer les coudes, travailler ensemble et prendre part dans l’avenir de leur journal ou de leur station de télévision».

«Les syndicats ont endossé un rôle de leadership au niveau de l’avenir de plusieurs industries. Nos membres connaissent leur entreprise, et ont des enjeux importants à ce niveau», a ajouté Mme Lareau, qui a exploré des modèles de propriété alternative. Elle a été très impressionnée par une récente étude de Free Press, aux États-Unis, qui contient une foule d’informations relatives à des modèles variant du non lucratif à la propriété communautaire.

«Néanmoins, le modèle de propriété alternative peut se limiter à veiller à ce que les employés reçoivent une part, dans leur entreprise, en compensation des sacrifices qu’ils consentent afin d’aider à la préserver», a précisé Mme Lareau. «Il existe une gamme de solutions que nous devons explorer.»

«Les journaux Canwest pourraient bien être mis en vente bientôt. Nous devons commencer à étudier les options avant que cela se produise. Nous devons occuper le siège du chauffeur», selon Mme Lareau qui a hâte «de promouvoir la fin du modèle du conglomérat et d’encourager que de nouveau, les quotidiens deviennent des propriétés locales.»