Le 27 juillet 2009

L’Examiner devient la dernière victime
de la faucheuse de Quebecor

Peterborough | Le Local 30213 de SCA Canada

Plus de trois douzaines de personnes n’ont plus d’emploi aujourd’hui, et le Peterborough Examiner n’a plus de salle d’impression ni de salle du courrier. Pour la première fois depuis sa fondation en 1847, le quotidien n’est plus imprimé dans sa propre collectivité.

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À peine quelques heures avant de se présenter au travail, les pressiers et employés de la salle du courrier ont reçu un appel leur demandant de ne pas se présenter; le quotidien était maintenant imprimé dans un établissement Quebecor de Toronto.

L’agent d’affaires Nigel Sones dit que le local 30248 de SCA Canada perd 32 membres: 30 employés plein temps de la salle du courrier et deux pressiers à plein temps. «Nous avons probablement perdu plus de la moitié de nos membres depuis que Quebecor a entrepris ses coupures» l’an dernier, précise-t-il. Une autre demi-douzaine de pressiers appartenant à un autre syndicat sont également sans emploi.

Quebecor, qui s’est porté acquéreur de Osprey Media holdings il y a deux ans, traite tout simplement ses quotidiens d’Ontario comme des vaches à lait, poursuit l’agent d’affaires, désabusé. «Il serait maintenant impossible de vendre ces journaux tel quel; ils ont été mis en pièces.»

Conformément aux pratiques du passé au Examiner, poursuit M. Sones, les employés mis à pied ont reçu aujourd’hui des lettres établissant la conversion de leurs droits juridiques en un montant forfaitaire, sans détailler les journées de vacances dues ni la paye accordée en lieu de notice ou d’indemnité de départ.

M. Sones, qui rencontrera jeudi les employés mis à pied afin de déterminer, s’il y a lieu, ce qu’ils désirent entreprendre pour protester contre la brutalité de Quebecor, précise que «nous aurons probablement 35 griefs».

«Nous avons traversé cela au moins cinq fois depuis Noël dernier», ajoute M. Sone, en soulignant qu’il s’est plaint dans le passé auprès de l’éditeur, Darren Murphy, du manque d’imputabilité.

Selon M. Sone, «Tout cela a été fait de façon délibérée dans le but de désorienter les gens. La compagnie espère peut-être que les travailleurs accepteront le montant forfaitaire et partiront sans poser de questions.»

Il souligne que la salle du courrier compte les employés les plus vulnérables de toute l’organisation. «C’est un véritable creuset. On y trouve une vaste gamme d’âges, d’ethnies et de langues.»

M. Sones ajoute qu’il devra vérifier toutes les offres forfaitaires pour veiller à ce que les travailleurs mis à pied reçoivent leur dû.

Depuis ces coupures, le local représente environ 20 employés à plein temps et une poignée de travailleurs à temps partiel en publicité, rédaction, tirage et prépresse.

La division Sun Media de Quebecor a mis à pied des employé et transféré leur travail à des emplacements non syndiqués de l’entreprise, en plus de remplir les journaux de contenu rédactionnel importé de leurs quotidiens de Toronto et d’Ottawa. SCA Canada représente les employés de certains des quotidiens de longue date les plus durement touchés, dont ceux de Kingston, Sault Ste Marie, St. Catharines, North Bay, Sudbury et Peterborough.