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Le 12 avril 2009
Les travailleurs de la salle des nouvelles
se portent volontaires pour protéger
les emplois de
leurs collègues
Media & Communications Workers of Alberta | Le
Local 30400 de SCA Canada
Dans un élan spontané de
solidarité, la majorité des travailleurs de
la salle des nouvelles du Red Deer
Advocate se sont portés
volontaires pour prendre une journée de congé,
le mois prochain, afin de sauver des emplois.
Presque 80 pour cent des 22 employés éligibles à voter
ont choisi de prendre une journée de congé sans
solde à chaque deux semaines, de façon à sauver
deux emplois à plein temps qui étaient menacés,
a expliqué Jack Wilson, président de Media
and Communications Workers of Albert.
Le vote a eu lieu le 9 avril, peu de temps
après que le syndicat ait été prévenu
par John Stewart, l’éditeur en chef, que le
propriétaire du journal, David Black, de Victoria,
C.-B., avait demandé d’éliminer 75 heures
de travail à chaque semaine en vue de réaliser
des économies.
«Jamais, au cours de mes 35 ans au journal et de la
quinzaine d’années depuis que nous sommes entièrement
syndiqués, je n’ai été aussi fier
d’un groupe de travailleurs», a déclaré M.
Wilson. «Même trois de nos travailleurs à temps
partiel avaient accepté de prendre une absence. Ça,
c’est un vrai sacrifice.»
Selon M. Wilson, un reporter au quotidien,
les journalistes ne sont pas à la veille d’abandonner leurs amis,
leurs collègues et l’intégrité de
la salle des nouvelles, qui fait partie de l’unité totale
de 160 membres.
«Nous avons montré à la direction et à M.
Black que notre journal constitue plus qu’un guichet
de banque automatique pour le propriétaire. Nous avons
prouvé que les gens viennent en premier» a affirmé M.
Wilson.
Il ajoute que le Advocate a réduit son personnel
par des mises à pieds et des paiements forfaitaires
depuis janvier.
M. Black effectue des coupures au
niveau de l’ensemble
de sa chaîne, afin de rembourser des dettes contractées
lorsqu’il s’est porté acquéreur
de journaux en Ohio et à Hawaii. Il est également
partenaire d’une entreprise qui a acheté le
San Diego Tribune.
«Le personnel de la salle des nouvelles du Advocate
réalise que notre industrie est en mode de survie»,
a poursuivi M. Wilson. «La liberté de la presse
est en jeu, puisque les annonceurs dirigent parfois le bal
en s’efforçant de prévenir la publication
d’articles soi-disant ‘négatifs’ au
sujet de leurs industries.
«Il existe un réel danger de décimer
la salle des nouvelles, spécialement depuis que nous
avons déjà perdu quelques personnes cette année,
entre autre avec l’élimination du poste d’une
journaliste qui n’est pas revenue d’un congé de
maternité.»
Un autre journaliste, embauché temporairement, a
quitté pour accepter un emploi en Inde; deux autres – un
reporter et un réviseur – ont accepté des
offres de rachat, et un photographe à temps partiel
a été mis à pied.
D’autres services du journal n’ont pas non plus échappé au
carnage. Des emplois sont disparus dans la salle des impressions,
en diffusion, en publicité et en administration.
Selon M. Wilson, certaines personnes
ont été mises à pied,
d’autres ont accepté un paiement forfaitaire
et certains postes libres n’ont pas été comblés.
Luis Rufo, secrétaire-trésorier et recruteur
du local, a précisé qu’une demande a été présentée
pour avoir recours au programme
de travail partagé de
l’assurance-emploi, ce qui permettrait d’éviter
d’autres mises à pied.
Les membre auront à se prononcer au niveau de leur
acceptation du programme, a ajouté M. Rufo. S’ils
l’approuvent, il sera instauré au Advocate et
au Medicine Hat News.
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