Le 26 janvier 2009

Rejet vigoureux de l’offre de convention, engagement à reprendre les pourparlers; l’espoir retourne à la table à Montréal

Guilde des employés de journaux de Montréal | Le Local 30111 de SCA Canada

La Gazette a accepté aujourd’hui de retourner à la table de négociation après que les employés aient inconditionnellement rejeté, dimanche, la plus récente offre patronale.

Une résolution, adoptée par les membres de la Guilde des employés de journaux de Montréal (MNG), qui enjoint leur équipe de négociation de rencontrer l’employeur et de parvenir à une entente, a été envoyée au conciliateur, qui a par la suite obtenu de l’entreprise de participer à une réunion mercredi.

Le 29 octobre 2008
La direction des quotidiens CanWest tente de miner la solidarité syndicale


le 10 octobre 2008
Malgré la poursuite des négociations, des étudiants en journalisme sont approchés en vue d’agir à titre de briseurs de grève pour The Gazette


le 2 octobre 2008
En guise de protestation, les employés du quotidien The Gazette refusent de signer leurs articles et font la grève du zèle


le 29 septembre 2008
Les employés de la Gazette arment à 86% leurs négociateurs d’un mandat de grève



David Wilson, l’agent administratif de SCA qui mène les négociations, a déclaré au sujet des membres qu’«ils sont gonflés à bloc!» Il souligne que «c’est le plus loin où le local a jamais été pour se tenir debout – et ils sont sérieux.»

Les employés, répartis dans trois unités de négociation — publicité, rédaction et vente et service aux lecteurs (VSL) — sont sans convention collective depuis le 1er juin 2008. Hier après-midi, la rédaction a voté à 80,5 pour cent et VSL à 73 pour cent le rejet de l’offre patronale. Plus tôt la même journée, la publicité avait voté à 65 pour cent en faveur de son acceptation.

Le lobby de l’hôtel où les réunions et les votes de SCA ont eu lieu était bondé de journalistes provenant de tous les médias de Montréal, a précisé M. Wilson. Les problèmes de travail, au niveau des médias, avaient fait la manchette la veille lorsque le Journal de Montréal, propriété de Quebecor, a mis en lockout 250 employés de la rédaction et du bureau.

À la Gazette, bien que les deux parties soient en mesure de déclencher légalement une grève ou un lockout depuis le début de l’été dernier et que le syndicat ait voté à 86 pour cent, en septembre dernier, d’accorder un mandat de grève, «Nous avons déclaré à l’employeur et au public que nous n’avons pas l’intention de déclencher une grève en ce moment», a expliqué M. Wilson. «Nous espérons parvenir éventuellement à une entente équitable.»

La direction du quotidien appartenant à CanWest s’efforce de retirer des trois conventions collectives les clauses qui accordent à MNG la juridiction au niveau du travail réalisé par ses membres. Sans ces clauses, l’entreprise serait libre de transférer le travail des employés à d’autres établissements CanWest non syndiqués.

La juridiction de la Guilde constitue un enjeu critique depuis que la direction de la Gazette a mis à pied 45 employés de VSL, en juin dernier, et exporté leur travail à un centre d’appel CanWest situé à Winnipeg.

La MNG a également déposé des griefs à l’endroit du transfert d’autres travaux — la mise en page de certaines pages et de la section automobile, les fonctions du pupitre de photos électroniques, ainsi que des travaux de bureau — à d’autres établissements CanWest situés à Hamilton et à Winnipeg. Ces griefs devraient être soumis à un arbitre le mois prochain.

La MNG soutien que les conventions des trois unités de négociation «interdisent clairement l’affectation de ce genre de travail soit à d’autres employés du même employeur non soumis à notre convention collective, soit à des employés extérieurs à la Gazette.»

Entretemps, une pétition en ligne dénonçant les pratiques d’impartition d’emplois de CanWest a recueilli 7 152 signatures depuis octobre dernier.