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Le 14 janvier 2009
Les membres des secteurs médiatiques
de SCA conçoivent des stratégies pour affronter
la crise au sein de l’industrie nord-américaine
Face aux mises à pied et aux faillites
qui ravagent l’Amérique du Nord, 150 membres
des secteurs des journaux, de l’impression et de la
diffusion du Syndicat des communications d’Amérique
se sont réunis, en fin de semaine dernière,
pour mettre au point des stratégies pouvant sauver
l’industrie des médias.
«Ce fut à la fois une occasion
de réflexion et d’inspiration», a expliqué Lise
Lareau, présidente de la Guilde canadienne des médias.
Douze membres et représentants de plusieurs autres
locaux canadiens de SCA ont également pris part à la
conférence de trois jours sur l’avenir de l’industrie
des médias, tenue à Baltimore, Maryland.
«Nous avons entendu comment les gens font face aux
faillites, à la rééducation professionnelle
et aux propriétés alternatives. Et – ce
qui est peut-être encore plus important – nous
avons reçu des nouvelles des lignes de front de la
lutte politique en vue de faire adopter par la nouvelle administration
Obama des lois importantes pour les travailleurs. Une grande
partie de tout cela est très applicable à notre
situation au Canada, étant donné notre contexte
politique», a poursuivi Mme Lareau.
«Notre objectif est de créer de l’espoir
parmi nos membres en une époque très difficile»,
a expliqué lors de la conférence Bernie Lunzer,
président de The Newspaper Guild-SCA. «Je crois
que nous avons énoncé des idées très
solides, que les gens peuvent rapporter à leurs membres
afin d’éviter un sentiment de désespoir,
en adoptant un ordre du jour vraiment constructif.» Les
trois secteurs prévoient travailler ensemble à plusieurs
projets.
Les séminaires, au cours de la toute première
conférence médiatique jointe de CWA, se sont
penchés sur des enjeux tels que la syndicalisation
et les négociations dans le contexte d’une récession
qui empire, la formation que les travailleurs des médias
doivent recevoir dans une industrie en modification constante,
et les façons novatrices auxquels ont recours les
employeurs et employés d’autres secteurs pour
travailler ensemble.
Plusieurs conglomérat des médias (Tribune,
Gannett, CanWest, Quebecor) ont connu une croissance considérable
au cours de la dernière décennie, en achetant
de plus petits médias et en accumulant pour ce faire
des dettes importantes. Les autorités de réglementation
ont ignoré les avertissements des groupes communautaires
et des syndicats, au niveau des dangers que risque de poser
une plus grande concentration des propriétés.
Leurs dettes ont continué à augmenter et, en
dépit des mises à pied et des réductions
de contenu, leurs revenus ont diminué et la valeur
de leurs portefeuilles a chuté. Aujourd’hui,
la crise économique mondiale en pousse certains au
bord du gouffre.
Selon Mme Lareau, plusieurs thèmes récurrents
ont fait surface: les revenus publicitaires sur internet
sont loin de compenser les pertes au niveau des publications
traditionnelles. La récession exacerbe le déclin à la
fois des petites annonces et des annonces commerciales, et
personne ne sait si ou quand l’argent perdu pourra être
récupéré.
Le président du secteur de l’impression de
SCA, Bill Boarman, a pour sa part affirmé que le déclin
des revenus publicitaire et de la vente d’exemplaires
a créé une crise, qui menace même la
survie des quotidiens les plus vendus aux États-Unis.
Le forum «nous a donné l’occasion de partager
nos idées et nos solutions pour survivre le mieux
possible à cette catastrophe», a-t-il expliqué.
En ce moment, deux quotidiens ayant
signé des conventions
avec TNG-SCA et le secteur de l’impression, le Rocky
Mountain News à Denver et le Seattle Post-Intelligencer dans l’état de Washington, sont en vente sans
aucun acheteur potentiel en perspective. Sans de nouveaux
propriétaires, les deux journaux à court de
liquidés seront vraisemblablement fermés par
leurs propriétaires actuels.
Pendant ce temps, les quotidiens
partout en Amérique
du Nord coupent dans le personnel, réduisent la taille
des publications, paraissent moins fréquemment, forcent
les membres non syndiqués à prendre des congés
non payés et même – dans le cas du Chicago
Sun-Times – font circuler l’idée de transférer
en Inde de 25 à 30 emplois de correction de textes
et de mise en page.
L’industrie de la diffusion a également été durement
touchée; les consolidations de propriétés,
les salles de nouvelles partagées et des technologies
qui changent rapidement ont fait perdre des emplois, dans
le secteur de la diffusion, partout au pays.
«En diffusion, nous avons vu au cours des dernières
décennies notre industrie se modifier au point de
ne presque plus la reconnaître aujourd’hui»,
a expliqué Jim Joyce, vice-président de SNTC-SCA.
«Alors qu’elle fournissait autrefois des emplois
sûrs et à long terme, l’industrie de la
diffusion est maintenant dominée – spécialement
au niveau des réseaux – par des emplois occasionnels
et à la journée», a ajouté M.
Joyce. «Cette réalité, associée à l’influx
constant de nouvelles technologies, a déstabilisé le
milieu de travail et miné la sécurité de
la main-d’œuvre que nous représentons,
en combinant les affectations de travail et en réduisant
le nombre de personnes nécessaires pour les réaliser.»
Les participants à la conférence ont convenu
qu’il est essentiel de trouver une meilleure façon
de veiller à ce que les nouveaux médias, qui
constituent une des pierres angulaires de la démocratie
nord-américaine, ne disparaissent pas.
«Il nous faut de nouvelles stratégies en matière
de capitalisation», a expliqué le président
de SCA Larry Cohen en prononçant le discours de clôture
de la conférence. «Nous avons besoin d’un
investissement au niveau de reportages et d’informations
de qualité, et l’information doit être
considérée un service public.»
«Nous devons discuter de la séparation de la
publicité du contenu (rédactionnel)»,
a ajouté M. Cohen en suggérant qu’une
combinaison de fonds publics et privés pourrait constituer
une solution pour les propriétés médiatiques. «La
direction ne le fera pas. C’est à nous qu’il
revient de montrer le chemin à suivre.»
(Ce texte est la traduction d’une compilation de rapports
publiés dans le Bulletin de SCA et sur le site web
de la Guilde canadienne des médias.)
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