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Le 01 janvier 2009
Vers une nouvelle et meilleure année
BERNIE LUNZER
Président The Newspaper Guild-SCA
La Newspaper Guild a été fondée dans
une période de changement semblable à aujourd’hui – le
début et le milieu des années 1930. C’était
une époque de désespoir et de chômage.
Le bon journalisme ne constituait
pas une priorité.
Néanmoins, les journaux demeuraient le principal
véhicule de diffusion des informations. Des Guildes
se sont développées partout en Amérique,
parce que les travailleurs réalisaient qu’elles
constituaient leur meilleur espoir de changer les choses
pour le mieux. Les employeurs ont lutté contre la
syndicalisation, mais les travailleurs ont persévéré.
Nous en sommes maintenant à un
tournant décisif,
où même l’expression «journal» est
devenue un anachronisme. Mais quelle qu’en soit la
forme, l’information continuera d’être
recueillie et communiquée. S’agira-t-il d’une
information crédible et bien documentée, qui
rendra notre culture plus solide, meilleure, plus honnête?
Ou s’agira-t-il de reportages divertissants et choquants,
toujours à l’affut des plus récentes
et troublantes morts d’enfants, ou de la toute dernière
destruction d’un couple célèbre? Les
travailleurs seront-ils valorisés et rémunérés,
ou seront-ils disposables, contingentés et exploités?
Les capitaines actuels de notre
industrie ont failli à leur
tâche. Ils n’ont pas su prévoir où nous
mènerait l’internet. Ils n’ont pas investi
dans les nouvelles compétences et les nouvelles technologies.
Ils ont travaillé en prenant pour objectif la marge
de profit du prochain trimestre – qui selon eux devait
s’élever à environ 25 pour cent. Lorsque
les profits se sont avérés moindres, ils ont
sabré dans les emplois et dans la qualité de
notre travail.
D’autres ont réalisé les possibilités
d’un accès libre à notre produit, et
ont relié leurs flux de rentrées aux recherches.
Ils ont pillé notre travail dans le but de réaliser
un profit. D’autres encore ont compris la possibilité de
nouveaux véhicules publicitaires, et ont créé les
initiatives que nous aurions pu et aurions du avoir, si
ce n’était d’une absence de vision.
Les propriétaires les plus chanceux ont consacré leur
dernier élan de créativité à vendre
nos entreprises et à s’en retirer tandis que
les choses allaient bien. La dette laissée dans leur
sillage inflige maintenant des dommages considérables à l’industrie
mutilée qui résulte de leur départ.
Nous sommes donc aujourd’hui en
présence du
défi le plus sérieux de tous: tandis
que le sol se dérobe sous nos pieds et que nous sommes
surchargés de travail, nous devons lutter pour trouver
des solutions novatrices et pour défendre le cœur
et l’âme de notre industrie. Et cela alors que,
maintes et maintes fois, nous avons été redéfinis
par nos propriétaires comme des marchandises dont
on peut disposer.
Pouvons-nous le faire? Pouvons-nous
trouver des solutions qui permettront de préserver des informations de
qualité et de bons emplois? Reste-t-il suffisamment
de temps?
Nous n’avons pas d’autre
choix et nous ne savons pas combien de temps il faudra.
Mais nous allons lutter.
Il faut réinventer cette entreprise. C’est
déjà commencé, et ça se passe
autour de nous. Nous devons agir tandis que nos marques
et nos sites web conservent encore leur valeur. Pour cela,
les travailleurs devront œuvrer ensemble de façon
extraordinaire. Nous pouvons jouer un rôle majeur
pour redéfinir l’industrie des nouvelles et
de l’information, et veiller à ce que notre
travail soit rémunéré et que nous soyons
appréciés.
Faire participer les travailleurs
de première ligne
au plan d’affaires est un ingrédient essentiel
pour les entreprises qui espèrent survivre. Il sera également
nécessaire d’éliminer les postes de
gestion inutiles. Ces postes sont non seulement coûteux,
mais ils freinent l’innovation. Les organisations
saines seront diverses, axées sur les travailleurs
et flexibles. Les organisations prospères forgeront
une nouvelle relation avec les travailleurs.
Pourquoi un syndicat devrait-il
montrer la voie à suivre?
Nous avons besoin aujourd’hui de milieux de travail
démocratiques et orientés vers l’excellence.
Ils doivent être efficients et utiliser au maximum
le potentiel de leur main-d’œuvre. Les gens
réalisent leur meilleur travail lorsqu’ils
se soucient vraiment de leur produit. Un environnement syndical
est la meilleure façon de réaliser les promesses
nécessaires au fonctionnement de ce genre d’entreprise.
Les propriétaires, gestionnaires et éditeurs
qui désirent prospérer devraient se réjouir
d’une participation élevée de travailleurs
de l’information syndiqués.
Pourquoi sommes-nous ce syndicat?
SCA a réuni les
meilleures et les plus démocratiques traditions du
journalisme de diffusion, du web et de l’imprimé en
se joignant à NABET, à ITU et à la
Newspaper Guild. Le temps est venu de puiser à même
le potentiel de nos groupes pour organiser un nouveau groupe
de main-d’œuvre: hautement formée, hautement
motivée et axée sur l’excellence.
Plutôt que de baisser les bras face à la crise
actuelle, nous pouvons en saisir le potentiel. Nous représentons
des journalistes, des vendeurs, des techniciens et des concepteurs
graphiques professionnels. Nous représentons le groupe
de professionnels du web le plus nombreux. Nous comprenons
le nouveau travail et le nouveau travailleur.
Nous possédons les éléments de base.
Mais nous ne pouvons plus nous fier aux propriétaires
et aux gestionnaires actuels pour déterminer ce qui
est le mieux pour nos organisations. Nous devons insister
pour bâtir l’avenir ensemble – avec nos
idées, à la table, en tant qu’égaux.
Si on nous demande des compromis, au niveau de nos salaires,
pour assurer notre survie, nous devons exiger en retour
d’avoir un mot à dire au niveau de la progression
de l’entreprise. Il est possible de rebâtir
l’industrie de l’information. Nos membres possèdent
les meilleures idées pour y parvenir. Je crois également
que nous sommes en mesure d’approcher les autres travailleurs
de l’industrie, et de devenir la force déterminante
la plus crédible pour établir une nouvelle
industrie des médias en Amérique du Nord.
Nous avons toutes les raisons d’espérer. Mais
c’est maintenant que nous devons agir et endosser
cette responsabilité. Tout ce que nous savons et
qui nous est cher a débuté avec une idée,
qui s’est développée grâce à un
travail acharné et à des valeurs communes.
Nous pouvons y arriver.
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