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Le 14 NOVEMBRE 2008
Les suppressions d’emplois
ne réussissent
pas à sauver CanWest
de l’anxiété des investisseurs
Déjà mauvaises, les
nouvelles se sont empirées cette semaine pour
les employés de CanWest Global Communications
Corp., alors que le géant médiatique
a dévoilé une perte de plus d’un
milliard de dollars pour de sa dernière année
financière, faisant chuter le prix de ses actions à 73
cents.
CanWest, qui a annoncé mercredi l’élimination
de 560 autres emplois, soit cinq pour cent de ses effectifs,
soutien que cette mesure va réduire ses coûts
de 61 millions $ pendant le ralentissement économique
actuel. En ayant recours à des paiements forfaitaires, à l’attrition
et à des mises à pied, la compagnie prévoit éliminer
350 postes au sein de sa division de l’édition,
qui comprend d’importants quotidiens métropolitains,
de même que 210 emplois dans le secteur de la
télévision, y compris son réseau
Global Network.
Les responsables des locaux
de SCA Canada qui représentent
des employés de CanWest ont été atterrés
d’apprendre la dernière ronde de coupures,
qui s’ajoute à l’élimination
de plusieurs centaines de postes réalisée
au cours des deux dernières années.
Lois Kirkup, présidente
de la Ottawa Newspaper Guild, dit que des paiements
forfaitaires seront offerts dans tous les services
du Ottawa Citizen.
«Je ne sais pas combien de nouvelles coupures
nous pourrons absorber dans la salle des nouvelles.
Le personnel est tellement poussé à la
limite qu’il est déjà difficile
de publier le journal», dit-elle.
Bien que le DG de CanWest,
Leonard Asper, ait déclaré dans
un communiqué émis aujourd’hui
que les coupures de postes ainsi que d’autres «initiatives … vont
entraîner des économies ... sans compromettre
nos produits et services de base», Mme Kirkup
croit qu’il n’en est rien.
Selon elle, «la qualité du Ottawa
Citizen a vraiment souffert. Nous ne pouvons pas éliminer
encore d’autres postes et demeurer pertinents
dans l’industrie des nouvelles ou dans notre
collectivité».
Mercredi, le directeur Arnold
Amber a déclaré que
SCA Canada, qui représente les travailleurs à la
Gazette de Montréal, au Ottawa
Citizen, au Windsor
Star, au Regina Leader-Post et au Victoria
Times-Colonist,
craint que les dernières coupures de postes
précipitent les quotidiens dans une spirale
négative.
«Il est impossible d’éliminer 350
postes sans nuire à la qualité rédactionnelle.
C’est mauvais pour les employés et c’est
mauvais pour les lecteurs.»
En achetant dans sa folie des
grandeurs les journaux de Hollinger (autrefois la
chaîne Southam) en
2000 et, l’an dernier, Alliance Atlantis Communications — achat
en grande partie financé par la banque américaine
d’investissement Goldman Sachs — le conglomérat
médiatique s’est endetté de 3,7
milliards de dollars.
Alliance, maintenant renommé CW Television,
est devenu une vache à lait pour CanWest; M.
Asper qualifie de «robustes» les revenus
des postes numériques et spécialisés.
Il est donc difficile de comprendre
pourquoi CanWest risque la santé de cette manne en éliminant
plus de 20 des 100 emplois de la Guilde canadienne
des médias à CW Television.
«Il est décevant de constater que CanWest
a dépouillé ce qui s’est avéré auparavant
un secteur très profitable de la compagnie»,
a commenté Masaaba Mwambu, président
de la subdivision CW Television de la Guilde. «Il
laissent partir un groupe de personnes extrêmement
talentueuses», dont la plupart travaillent au
niveau du sous-titrage codé et de la postproduction
de longue durée.
Lise Lareau, présidente nationale
de GCM, se demande si les nouvelles coupures ne reflètent
pas des intentions cachées. «Il est bizarre
que, tandis que CanWest réduit de cinq pour
cent l’ensemble de ses effectifs, la main-d’œuvre
syndiquée de l’ancien Alliance Atlantis
est sabrée de près de 20 pour cent»,
dit-elle. «C’est spécialement troublant étant
donné que CanWest souligne que ces postes spécialisés
sont en santé et connaissent une excellente
croissance.» |