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Le 2 OCTOBRE 2008
En guise de protestation, les employés
du quotidien The Gazette refusent
de signer leurs articles
et font la grève du zèle
Guilde des employés
de journaux de Montréal | Le
Local 30111 de SCA Canada
Depuis aujourd’hui, les employés
du quotidien The Gazette ne signent plus leurs articles
et font la grève du zèle afin de protester
contre l’obstructionnisme de la direction à l’endroit
des négociations.
Selon Mona Leroux, présidente
de la Guilde des employés de journaux de Montréal
(GEJM), l’équipe de négociation
a suggéré cette mesure depuis que les
pourparlers au niveau de la rédaction et de
ventes et services aux lecteurs (VSL) «ont piétiné sur
place», hier, au niveau de la juridiction du
syndicat. Deux journées de négociations,
pour l’unité de la publicité, débutaient
ce matin.
«La direction refuse de signer une convention
collective qui renferme des clauses de juridiction,
et refuse de discuter de toute autre question»,
a précisé Mme Leroux.
Propriété de CanWest, The
Gazette s’efforce
d’éliminer la juridiction du syndicat
au niveau du travail réalisé par ses
employés, et tente de fusionner les fonctions
au sein de certains services.
L’équipe de négociation a reçu,
dimanche dernier, un robuste mandat de grève
lorsque les membres se sont prononcés à 100
pour cent (Rédaction), 98 pour cent (VSL) et
59 pour cent (Publicité) en faveur de cette
mesure.
Les 181 employés des trois unités sont
sans convention depuis le 1er juin. Le syndicat et
la direction sont en mesure de déclencher légalement
une grève ou un lockout depuis le début
de l’été.
De mémoire récente, c’est la première
fois que le syndicat demande à ses membres de
faire la grève du zèle, précise
Mme Leroux.
Le refus des journalistes de
signer leurs articles constitue une première depuis qu’un tribunal
du travail du Québec ait décidé,
il y a cinq ans, de rétablir le droit contractuel
de recourir à cette forme de protestation. En
décembre 2001, plusieurs douzaines de journalistes
de la Gazette ont attiré les regards du monde
entier – et se sont mérité les
foudres de la direction – en décidant
de ne plus signer leurs articles afin de protester
contre le projet de CanWest de publier des «éditoriaux
nationaux» identiques, dans la plupart des quotidiens
obtenus en 2000 par l’entreprise en achetant
les actifs de l’empire Southam.
Lorsque le rédacteur en chef de la Gazette
a ordonné à tous les employés
de recommencer à signer leurs articles, la GEJM
a immédiatement déposé un grief
en vertu de la clause d’intégrité des
employés de la convention collective, confirmée
par un arbitre en octobre 2003. La décision
arbitrale confirmait que les reporters, photographes,
artistes et autres employés de la Gazette possèdent
le «droit absolu» de contrôler l’utilisation
de leurs signatures au niveau des articles, photos
et autres contributions, à l’exceptions
des analyses, des rubriques et des articles d’opinion.
«Presque tout le monde a refusé de signer
ses articles aujourd’hui», a confirmé Mme
Leroux.
Tard cet après-midi, les effets de la grève
du zèle se sont fait sentir, dit Mme Leroux,
qui a entendu dire que certains projets étaient
annulés parce que le personnel refusait de travailler
des quarts non prévus.
La Guilde a demandé à ses membres de «se
conformer à la lettre aux dispositions de la
convention actuelle … en respectant strictement
les horaires de travail: sept heures, plus une pause
repas d’une heure, et aucun temps supplémentaire à moins
d’avoir été approuvé a l’avance
par votre responsable de service.»
À la reprise des négociations pour les
unités de la rédaction et de VSL, mardi,
David Wilson, agent administratif de SCA Canada, espérait
que le mandat de grève ferait bouger les choses.
Mais en deux jours, aucun progrès n’avait été réalisé et
les pourparlers ont pris fin mercredi après-midi.
La juridiction de la Guilde,
au niveau du travail de ses membres, est à l’avant-plan des
pourparlers depuis que la direction de la Gazette a
mis à pied, en juin dernier, 45 employés
de VSL et exporté leurs tâches à un
centre d’appels CanWest situé à Winnipeg.
Le syndicat se plaint également du transfert
de plusieurs autres tâches (la mise en page de
certaines pages et de la section Automobile, des fonctions
de montage électronique des photos et de certains
travaux de bureau) à des établissements
non syndiqués de CanWest situés à Hamilton
et à Winnipeg.
Les conventions des trois unités de négociation «interdisent
clairement d’affecter de telles tâches
soit à des employés du même employeurs
non assujettis à notre convention collective,
soit à des employés autres que ceux de
la Gazette», a précisé Mme Leroux.
Le syndicat cherche à obtenir une entente de
trois ans assortie d’une augmentation salariale
de six pour cent, d’une augmentation importante
de l’allocation de véhicule de 700$ à 900$
par mois, et d’améliorations au niveau
des vacances, des soins de la vue et des primes de
travail de nuit. |