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Le 2 OCTOBRE 2008

En guise de protestation, les employés
du quotidien The Gazette refusent
de signer leurs articles et font la grève du zèle

Guilde des employés de journaux de Montréal | Le Local 30111 de SCA Canada

Depuis aujourd’hui, les employés du quotidien The Gazette ne signent plus leurs articles et font la grève du zèle afin de protester contre l’obstructionnisme de la direction à l’endroit des négociations.

le 29 septembre 2008
Les employés de la Gazette arment à 86% leurs négociateurs d’un mandat de grève


le 22 septembre 2008
Les membres de la Guilde acceptent une «offre finale» après avoir reçu une lettre d’avertissement de l’éditeur


Le 17 septembre 2008
À Montréal, les négociateurs sollicitent un mandat de grève clair afin de préserver les clauses de juridiction


Le 25 août 2008
Dans deux quotidiens CanWest, les membres se mobilisent pour manifester en faveur de leurs équipes de négociations


Le 28 juillet 2008
La question du champ d’application dominera la reprise des pourparlers à Montréal


Selon Mona Leroux, présidente de la Guilde des employés de journaux de Montréal (GEJM), l’équipe de négociation a suggéré cette mesure depuis que les pourparlers au niveau de la rédaction et de ventes et services aux lecteurs (VSL) «ont piétiné sur place», hier, au niveau de la juridiction du syndicat. Deux journées de négociations, pour l’unité de la publicité, débutaient ce matin.

«La direction refuse de signer une convention collective qui renferme des clauses de juridiction, et refuse de discuter de toute autre question», a précisé Mme Leroux.

Propriété de CanWest, The Gazette s’efforce d’éliminer la juridiction du syndicat au niveau du travail réalisé par ses employés, et tente de fusionner les fonctions au sein de certains services.

L’équipe de négociation a reçu, dimanche dernier, un robuste mandat de grève lorsque les membres se sont prononcés à 100 pour cent (Rédaction), 98 pour cent (VSL) et 59 pour cent (Publicité) en faveur de cette mesure.

Les 181 employés des trois unités sont sans convention depuis le 1er juin. Le syndicat et la direction sont en mesure de déclencher légalement une grève ou un lockout depuis le début de l’été.

De mémoire récente, c’est la première fois que le syndicat demande à ses membres de faire la grève du zèle, précise Mme Leroux.

Le refus des journalistes de signer leurs articles constitue une première depuis qu’un tribunal du travail du Québec ait décidé, il y a cinq ans, de rétablir le droit contractuel de recourir à cette forme de protestation. En décembre 2001, plusieurs douzaines de journalistes de la Gazette ont attiré les regards du monde entier – et se sont mérité les foudres de la direction – en décidant de ne plus signer leurs articles afin de protester contre le projet de CanWest de publier des «éditoriaux nationaux» identiques, dans la plupart des quotidiens obtenus en 2000 par l’entreprise en achetant les actifs de l’empire Southam.


Un arbitre du Québec statue que les journalistes de The Gazette
peuvent retirer leur signature «leur convenance»


Lorsque le rédacteur en chef de la Gazette a ordonné à tous les employés de recommencer à signer leurs articles, la GEJM a immédiatement déposé un grief en vertu de la clause d’intégrité des employés de la convention collective, confirmée par un arbitre en octobre 2003. La décision arbitrale confirmait que les reporters, photographes, artistes et autres employés de la Gazette possèdent le «droit absolu» de contrôler l’utilisation de leurs signatures au niveau des articles, photos et autres contributions, à l’exceptions des analyses, des rubriques et des articles d’opinion.

«Presque tout le monde a refusé de signer ses articles aujourd’hui», a confirmé Mme Leroux.

Tard cet après-midi, les effets de la grève du zèle se sont fait sentir, dit Mme Leroux, qui a entendu dire que certains projets étaient annulés parce que le personnel refusait de travailler des quarts non prévus.

La Guilde a demandé à ses membres de «se conformer à la lettre aux dispositions de la convention actuelle … en respectant strictement les horaires de travail: sept heures, plus une pause repas d’une heure, et aucun temps supplémentaire à moins d’avoir été approuvé a l’avance par votre responsable de service.»

À la reprise des négociations pour les unités de la rédaction et de VSL, mardi, David Wilson, agent administratif de SCA Canada, espérait que le mandat de grève ferait bouger les choses. Mais en deux jours, aucun progrès n’avait été réalisé et les pourparlers ont pris fin mercredi après-midi.

La juridiction de la Guilde, au niveau du travail de ses membres, est à l’avant-plan des pourparlers depuis que la direction de la Gazette a mis à pied, en juin dernier, 45 employés de VSL et exporté leurs tâches à un centre d’appels CanWest situé à Winnipeg. Le syndicat se plaint également du transfert de plusieurs autres tâches (la mise en page de certaines pages et de la section Automobile, des fonctions de montage électronique des photos et de certains travaux de bureau) à des établissements non syndiqués de CanWest situés à Hamilton et à Winnipeg.

Les conventions des trois unités de négociation «interdisent clairement d’affecter de telles tâches soit à des employés du même employeurs non assujettis à notre convention collective, soit à des employés autres que ceux de la Gazette», a précisé Mme Leroux.

Le syndicat cherche à obtenir une entente de trois ans assortie d’une augmentation salariale de six pour cent, d’une augmentation importante de l’allocation de véhicule de 700$ à 900$ par mois, et d’améliorations au niveau des vacances, des soins de la vue et des primes de travail de nuit.

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