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LE 29 SEPTEMBRE 2008
Les employés de la Gazette
arment à 86% leurs négociateurs d’un
mandat de grève
Guilde des employés
de journaux de Montréal | Le
Local 30111 de SCA Canada
L’équipe qui négocie
au nom des employés du quotidien The
Gazette de Montréal reprendra les négociations
demain armée d’un robuste mandat de grève.
Au terme du vote de trois unités
de négociation de la Guilde des employés
de journaux de Montréal (GEJM), les membres
ont convenu à 86 pour cent d’accorder à leur
comité un mandat de grève. Les employés
de ventes et services aux lecteurs (VSL) se sont prononcés
en faveur à 100 pour cent, ceux de la rédaction à 98
pour cent, et ceux de la publicité à 59
pour cent.
Mona Leroux, présidente de la GEJM, affirme
que l’exécutif du syndicat est «très
heureux» des résultats. «Nous envoyons
de cette façon à l’employeur le
message très clair que nous sommes unis dans
notre détermination d’obtenir une convention
collective équitable.»
David Wilson, l’agent administratif de SCA qui
dirige les négociations pour le local, est entièrement
d’accord. «Jusqu’à présent,
la direction n’a pas pris au sérieux plusieurs
de nos revendications. Nous espérons que ce
mandat va aider à faire bouger les choses.»
Depuis que les deux parties
sont en mesure de déclencher
légalement une grève ou un lockout, au
début de l’été, il n’y
a eu de quatre jours de négociations. Et la
direction a déposé très peu d’offres,
a précisé M. Wilson.
Propriété de CanWest, la Gazette tente
d’éliminer la juridiction du syndicat
au niveau du travail effectué par ses employés
et désire fusionner certaines fonctions au sein
des trois unités de négociation.
La Guilde a clairement fait
savoir qu’elle ne
concédera aucune juridiction ni n’acceptera
aucune concession au profit de l’employeur.
«Nous sommes persuadés avoir l’appui
des membres» lorsque les pourparlers reprendront,
demain et mercredi dans le cas de la rédaction
et de VSL, et jeudi et vendredi dans celui des ventes,
a ajouté M. Wilson. «Au cours de la rencontre
(de dimanche), il était clair que les gens sont
avec nous et qu’ils sont déterminés à prendre
position.»
Les 181 membres de la Guilde
sont sans convention collective depuis le 1er juin.
Le syndicat cherche à obtenir
une entente de trois ans assortie d’une augmentation
salariale de six pour cent, d’une augmentation
importante de l’allocation de véhicule
de 700$ à 900$ par mois, et d’améliorations
au niveau des vacances, des soins de la vue et des
primes de travail de nuit.
La direction de la Gazette
a mis à pied en
juin 45 employés de VSL, et exporté leur
travail à une centre d’appels de CanWest à Winnipeg.
Le syndicat se plaint également du transfert
de plusieurs autres tâches (la mise en page de
certaines pages et de la section Automobile, des fonctions
de montage électronique des photos et de certains
travaux de bureau) à des établissements
non syndiqués de CanWest situés à Hamilton
et à Winnipeg.
Les conventions des trois unités de négociation «interdisent
clairement d’affecter de telles tâches
soit à des employés du même employeurs
non assujettis à notre convention collective,
soit à des employés autres que ceux de
la Gazette», a précisé Mme Leroux.
La direction souhaite également reclasser les
reporters, photographes, artistes et critiques sous
la fonction de «journalistes», afin de
pouvoir les forcer à produire du contenu multimédia
pour la Gazette en ligne et les portails internet de
CanWest. Ce que cela signifie, selon Mme Leroux, c’est
que les reporters et les critiques auraient à prendre
des photographies et du métrage vidéo,
tandis que les photographes devraient pour leur part
rédiger des articles. |