logobanner

LE 22 SEPTEMBRE 2008

Les membres de la Guilde
acceptent une «offre finale» après avoir
reçu une lettre d’avertissement de l’éditeur

Ottawa Newspaper Guild | Le Local 30205 de SCA Canada

Une lettre de l’éditeur du Ottawa Citizen, prévenant les employés membres de la Guilde que leur rejet éventuel de la «dernière et meilleure» offre de la direction aurait des conséquences graves, a eu l’effet désiré au niveau du vote tenu dimanche dernier.

le 17 septembre 2008
La Guilde incite fortement ses membres à rejeter l’offre «finale» du quotidien


le 12 septembre 2008
Le local d’Ottawa se prononce à 83% en faveur d’un mandat de grève


le 10 septembre 2008
L’offre insignifiante d’un quotidien CanWest pousse la Guilde à tenir un vote de grève


le 25 août 2008
Dans deux quotidiens CanWest, les membres se mobilisent pour manifester en faveur de leurs équipes de négociations


le 30 juillet 2008
Une offre monétaire insultante entraîne le recours à la médiation


le 23 juillet 2008
Les employés aux abois désirent des hausses de salaires importantes

Les membres de l’Ottawa Newspaper Guild (ONG) ont voté à 124 contre 39 en faveur de la convention collective, qui prévoit des augmentations de 2,5 pour cent au cours de la première et de la dernière année, et de 2,0 pour cent les trois autres années. Étant donné que l’inflation est présentement de 3,4 pour cent au niveau national, il s’agit là d’une diminution nette de salaire.

Bien que la Guilde ait réalisé des gains importants dans des domaines tels que les avantages et les clauses contractuelles au cours de cinq mois de négociations difficiles, le comité de négociation avait fortement recommandé aux membres de rejeter l’offre finale de ce quotidien CanWest dont l’exploitation s’avère profitable.

«Je suis désappointée du résultat, parce que je crois que nos membres ont eu peur de rejeter l’offre. Ils ont cru qu’ils seraient mis en lock-out et qu’ils ne travailleraient jamais plus pour le Citizen», a commenté la présidente de l’ONG, Lois Kirkup.

«Nos membres n’ont pas obtenu l’augmentation de salaire qu’ils méritent, mais nous respectons leur choix», a-t-elle ajouté.

Les plus de 200 membres de la Guilde, qui travaillent à la rédaction, au tirage, à l’entretien de l’édifice et aux services financiers, avaient 10 jours plus tôt voté en faveur de donner à leur équipe de négociation un mandat de grève. À cette époque, la Guilde avait déclaré que la grève demeurait un dernier recours, et qu’elle préférait continuer de négocier jusqu’à l’obtention d’une convention équitable.

Parmi les employés, une rumeur circulait depuis quelques temps à l’effet que l’entreprise se préparait à mettre les membres de la Guilde en lockout. L’éditeur Jim Orban n’a rien fait pour dissiper cette rumeur.

Dans une lettre adressée aux membres de l’ONG mais communiquée à tous les employés vendredi dernier, M. Orban a écrit que le conflit de travail «pourrait durer longtemps» parce que «quelque 400 d’entre nous, qui n’appartenons pas à la Guilde, allons continuer de publier et de distribuer le Citizen, à la fois sous forme imprimée et en ligne, et de servir nos lecteurs, nos annonceurs et notre collectivité.»

La lettre de M. Orban ajoute que le vote de dimanche «pourrait s’avérer une des décisions les plus importantes de l’histoire de ce quotidien, et entraîner des conséquences sérieuses, pour vous et pour tous les autres employés du Citizen. C’est pourquoi je tiens à ce que vous compreniez clairement ce que signifierait un rejet de l’offre finale, non seulement pour vous mais pour nous tous.»

«Pour vous, le rejet de l’offre finale ne va pas procurer à votre comité de négociation un mandat de négociation plus fort. La négociation est terminée. Cette offre est finale. Si vous la rejetez, non seulement aurez vous donné à la Guilde un mandat de grève, mais vous lui aurez donné l’autorité d’entreprendre une grève sous 48 heures d’avis, sans qu’elle vous consulte de nouveau.»

David Esposti, l’agent administratif de SCA Canada qui dirigeait les négociations, soutien que les enjeux auxquels les membres font face aujourd’hui se sont matérialisés au cours des dix dernières années. Le fait d’avoir eu recours à la conciliation, à la médiation et d’avoir endossé en grand nombre un mandat de grève constitue une première pour le local.

«Les membres étaient en train de devenir beaucoup plus proactifs», ce que l’éditeur n’a pas aimé, dit M. Esposti. «En bout de compte, il a pris un groupe de gens qui se tenaient debout et leur a donné une volée.»

Selon lui, il est clair que les membres craignaient vraiment d’être mis en lockout.

Mme Kirkup, qui était très encouragée au début du mois par l’enthousiasme dont les membres faisaient preuve à l’endroit de leur équipe de négociation, croit que «les tactiques d’intimidation (de l’employeur) ont porté fruit».

Les conditions de travail et le moral, au Ottawa Citizen, se sont détériorées depuis que la famille Asper a acheté du géant médiatique déchu Conrad Black, en 2000, cet ancien quotidien de la chaîne Southam.

Les indemnités pour départ volontaire et l’attrition ont réduit le personnel de la rédaction à un pâle reflet de ce qu’il était auparavant, et les employés toujours en place sont aux prises avec une charge de travail toujours grandissante. Une augmentation salariale importante aurait constitué une forme de compensation pour ces employés qui, depuis plusieurs années, doivent produire toujours plus en échange d’une compensation moindre.

ACCUEIL