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LE 22 SEPTEMBRE 2008
Les membres de la Guilde
acceptent
une «offre finale» après avoir
reçu
une lettre d’avertissement de l’éditeur
Ottawa Newspaper Guild | Le
Local 30205 de SCA Canada
Une lettre de l’éditeur
du Ottawa Citizen, prévenant les employés
membres de la Guilde que leur rejet éventuel
de la «dernière et meilleure» offre
de la direction aurait des conséquences graves,
a eu l’effet désiré au niveau
du vote tenu dimanche dernier.
Les membres de l’Ottawa Newspaper
Guild (ONG) ont voté à 124 contre 39
en faveur de la convention collective, qui prévoit
des augmentations de 2,5 pour cent au cours de la première
et de la dernière année, et de 2,0 pour
cent les trois autres années. Étant donné que
l’inflation est présentement de 3,4 pour
cent au niveau national, il s’agit là d’une
diminution nette de salaire.
Bien que la Guilde ait réalisé des gains
importants dans des domaines tels que les avantages
et les clauses contractuelles au cours de cinq mois
de négociations difficiles, le comité de
négociation avait fortement recommandé aux
membres de rejeter l’offre finale de ce quotidien
CanWest dont l’exploitation s’avère
profitable.
«Je suis désappointée du résultat,
parce que je crois que nos membres ont eu peur de rejeter
l’offre. Ils ont cru qu’ils seraient mis
en lock-out et qu’ils ne travailleraient jamais
plus pour le Citizen», a commenté la présidente
de l’ONG, Lois Kirkup.
«Nos membres n’ont pas obtenu l’augmentation
de salaire qu’ils méritent, mais nous
respectons leur choix», a-t-elle ajouté.
Les plus de 200 membres de
la Guilde, qui travaillent à la
rédaction, au tirage, à l’entretien
de l’édifice et aux services financiers,
avaient 10 jours plus tôt voté en faveur
de donner à leur équipe de négociation
un mandat de grève. À cette époque,
la Guilde avait déclaré que la grève
demeurait un dernier recours, et qu’elle préférait
continuer de négocier jusqu’à l’obtention
d’une convention équitable.
Parmi les employés, une rumeur circulait depuis
quelques temps à l’effet que l’entreprise
se préparait à mettre les membres de
la Guilde en lockout. L’éditeur Jim Orban
n’a rien fait pour dissiper cette rumeur.
Dans une lettre adressée aux membres de l’ONG
mais communiquée à tous les employés
vendredi dernier, M. Orban a écrit que le conflit
de travail «pourrait durer longtemps» parce
que «quelque 400 d’entre nous, qui n’appartenons
pas à la Guilde, allons continuer de publier
et de distribuer le Citizen, à la fois sous
forme imprimée et en ligne, et de servir nos
lecteurs, nos annonceurs et notre collectivité.»
La lettre de M. Orban ajoute
que le vote de dimanche «pourrait
s’avérer une des décisions les
plus importantes de l’histoire de ce quotidien,
et entraîner des conséquences sérieuses,
pour vous et pour tous les autres employés du
Citizen. C’est pourquoi je tiens à ce
que vous compreniez clairement ce que signifierait
un rejet de l’offre finale, non seulement pour
vous mais pour nous tous.»
«Pour vous, le rejet de l’offre finale
ne va pas procurer à votre comité de
négociation un mandat de négociation
plus fort. La négociation est terminée.
Cette offre est finale. Si vous la rejetez, non seulement
aurez vous donné à la Guilde un mandat
de grève, mais vous lui aurez donné l’autorité d’entreprendre
une grève sous 48 heures d’avis, sans
qu’elle vous consulte de nouveau.»
David Esposti, l’agent administratif de SCA
Canada qui dirigeait les négociations, soutien
que les enjeux auxquels les membres font face aujourd’hui
se sont matérialisés au cours des dix
dernières années. Le fait d’avoir
eu recours à la conciliation, à la médiation
et d’avoir endossé en grand nombre un
mandat de grève constitue une première
pour le local.
«Les membres étaient en train de devenir
beaucoup plus proactifs», ce que l’éditeur
n’a pas aimé, dit M. Esposti. «En
bout de compte, il a pris un groupe de gens qui se
tenaient debout et leur a donné une volée.»
Selon lui, il est clair que
les membres craignaient vraiment d’être
mis en lockout.
Mme Kirkup, qui était très encouragée
au début du mois par l’enthousiasme dont
les membres faisaient preuve à l’endroit
de leur équipe de négociation, croit
que «les tactiques d’intimidation (de l’employeur)
ont porté fruit».
Les conditions de travail et
le moral, au Ottawa Citizen, se sont détériorées depuis que
la famille Asper a acheté du géant médiatique
déchu Conrad Black, en 2000, cet ancien quotidien
de la chaîne Southam.
Les indemnités pour départ volontaire
et l’attrition ont réduit le personnel
de la rédaction à un pâle reflet
de ce qu’il était auparavant, et les employés
toujours en place sont aux prises avec une charge de
travail toujours grandissante. Une augmentation salariale
importante aurait constitué une forme de compensation
pour ces employés qui, depuis plusieurs années,
doivent produire toujours plus en échange d’une
compensation moindre. |