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LE 17 SEPTEMBRE 2008
À Montréal, les négociateurs
sollicitent un mandat de grève clair
afin de
préserver les clauses de juridiction
Guilde des employés
de journaux de Montréal | Le
Local 30111 de SCA Canada
Dans l’espoir de conserver
les clauses de juridiction convoitées de trois
conventions collectives du quotidien The
Gazette, les négociateurs syndicaux disent compter sur
les membres pour leur donner un mandat de grève
clair lors d’un vote qui aura lieu le 28 septembre.
«Nous nous heurtons à un
mur au niveau des questions non monétaires» telles
que la juridiction et les fonctions professionnelles,
a déclaré l’agent administratif
de SCA Canada David Wilson, qui est à la tête
des négociations pour la Guilde des employés
de journaux de Montréal (GEJM). Pendant quatre
journées de discussions en juillet et à la
fin d’août, «nous avons discuté de
ces questions ad nauseam».
Quant aux propositions financières de la GEJM
pour les employés de la publicité, de
la rédaction et du tirage, «l’employeur
nous a dit qu’on rêvait».
Le syndicat cherche à obtenir une entente de
trois ans assortie d’augmentations annuelles
de six pour cent, d’une majoration importante,
de 700$ à 900$, de l’allocation mensuelle
pour véhicule, ainsi que d’améliorations
au niveau des jours de vacances, des soins de la vue
et des primes de nuit.
Les deux partie sont en position
ouverte – en
mesure légalement de déclencher une grève
ou un lockout – depuis le début de juin
et la mi-juillet.
Mona Leroux, la présidente du local, dit espérer
que les membres vont suivre les traces de leurs collègues
du Ottawa Citizen, qui se sont prononcés jeudi
dernier à 83 pour cent en faveur d’un
mandat de grève.
La GEJM et l’Ottawa Newspaper Guild ont coordonné,
plus tôt ce mois-ci, des campagnes de mobilisation
dans leurs quotidiens CanWest respectifs. Les membres
des deux locaux ont reçu des tee-shirts noirs,
de même que des macarons proclamant leur rejet
des offres patronales.
Les salaires constituent le
principal enjeu à Ottawa,
où les employés, spécialement
de la rédaction, doivent mettre les bouchées
doubles à la suite de plusieurs éliminations
de postes. L’employeur offre une convention de
deux ans comportant des augmentations de 1,0 et 1,5
pour cent, alors que le taux d’inflation national
est de 3,4 pour cent.
À Montréal — un des deux seuls
quotidiens CanWest dont les conventions de la Guilde
comportent de solides clauses au niveau de la juridiction – la
priorité absolue est de contrer les projets
d’impartition de l’entreprise.
La direction de la Gazette
a mis à pied en
juin dernier 45 employés de VSL, et exporté leur
travail à un centre d’appels de CanWest à Winnipeg.
Le syndicat se plaint du transfert d’autres tâches
(la mise en page de certaines pages et de la section
automobile, la fonction du pupitre de photographie électronique,
certaines tâches du bureau d’affaires) à des
opérations non syndiquées de CanWest à Hamilton
et Winnipeg.
Les trois conventions qui s’appliquent à près
de 200 employés «interdisent clairement
l’affectation de ces travaux à des employés
du même employeur non couverts par notre convention
collective, ou à des employés qui n’appartiennent
pas à la Gazette», a précisé Mme
Leroux.
Autre démarche qui a rendu furieux les employés
de la rédaction, la direction désire
reclasser les reporters, photographes, artistes et
critiques sous la catégorie «journalistes»,
afin de pouvoir les forcer à produire du contenu
multimédia pour la Gazette en ligne et d’autres
portails web de CanWest.
La compagnie, a expliqué Mme Leroux, aimerait
que les reporters et critiques prennent des photos
et tournent des vidéos, tandis que les photographes
rédigeraient des articles. «La seule chose
qui manque, c’est la vadrouille», dit-elle
d’un ton cynique.
«Nous ne voulons pas être des dinosaures.
Nous savons que nous devons adopter les nouvelles technologies,
mais nous devons également protéger l’intégrité de
nos membres», précise Mme Leroux.
L’entreprise cherche également à croiser
VSL et le bureau d’affaires, qui possèdent
des conventions différentes et, selon Mme Leroux, «la
direction parle de fusionner la publicité et
les annonces classées».
Les membres de la Guilde qui
travaillent au bureau d’affaires, dont la convention collective ne
prendra fin qu’en juillet prochain, ont fait
preuve d’un soutien incroyable à l’endroit
de leurs collègues des trois unités présentement
en négociations, dit-elle.
L’état des négociations et le
vote de grève imminent seront certainement à l’ordre
du jour de la réunion de demain de l’unité de
négociation, alors que les membres éliront
les délégués qui siègeront à l’exécutif
principal du local.
Une réunion générale des membres,
originalement prévue pour le 25 septembre, aura
maintenant lieu le dimanche 28 septembre, afin de coïncider
avec le vote de grève. La réunion débutera à midi à l’Hôtel
Intercontinental.
Des négociations pour la rédaction et
VSL sont prévues les 30 septembre et le 1er octobre. Des pourparlers pour le service de la publicité devraient
avoir lieu les 2 et 3 octobre. |