Le 12 SEPTEMBRE 2008

Le local d’Ottawa se prononce
à 83% en faveur d’un mandat de grève

Ottawa Newspaper Guild | Le Local 30205 de SCA Canada

Au Ottawa Citizen, les négociateurs syndicaux reprendront les négociations la semaine prochaine munis d’une arme formidable, après que les membres se soient prononcés hier soir à 83 pour cent en faveur d’un mandat de grève.

«Nous avons en main un gros bâton», a affirmé sur un ton jubilant Lois Kirkup, présidente de l’Ottawa Newspaper Guild (ONG), dont les 203 membres travaillent à la rédaction, au tirage, aux finances et à l’entretien de l’édifice. Sur les 172 membres qui ont voté – 85 pour cent des membres – 143 se sont prononcés en faveur du mandat de grève.

Le 10 septembre 2008
L’offre insignifiante d’un quotidien CanWest pousse la Guilde à tenir un vote de grève


Le 25 août 2008
Dans deux quotidiens CanWest, les membres se mobilisent pour manifester en faveur de leurs équipes de négociations


Le 30 juillet 2008
Une offre monétaire insultante entraîne le recours à la médiation


Le 23 juillet 2008
Les employés aux abois désirent des hausses de salaires importantes

L’équipe de négociation avait sollicité ce mandat après que les séances de médiation, lundi et mardi, n’aient pas permis d’obtenir une offre financière décente. La plus récente proposition de la direction de ce quotidien CanWest, une entreprise par ailleurs profitable, est une convention de deux ans prévoyant des augmentations de 1,0 et 1,5 pour cent.

«Nos membres ont réalisé l’importance de ce vote de grève, et ils ont livré la marchandise», a précisé Mme Kirkup. «Nous sommes forts et nous sommes unis. Nous voulons une entente juste, et nous nous attendons à l’obtenir.»

Depuis 00 h 01 mercredi dernier, les deux parties sont dans une ‘position ouverte’, qui leur permet légalement de déclencher une grève ou un lockout.  

«Nous n’avons pas l’intention de faire la grève. Nous nous sommes engagés à négocier – au moins au cours des deux ou trois prochaines rencontres (les 17, 22 et 23 sept.) – jusqu’à ce que nous parvenions à une entente», dit-elle.

«Nous perdons régulièrement des employés depuis neuf ou 10 mois» et tout le monde a été forcé d’en faire plus, spécialement dans la salle des nouvelles, a précisé Mme Kirkup, rédactrice en chef en ligne du quotidien. «Nous sommes des professionnels, et nous faisons bien notre travail; c’est une gifle en plein visage que nous offrir un et un et demie pour cent.»

«Il est évident, à la lumière de leurs propositions, qu’ils ne prennent pas nos membres au sérieux. Ils n’ont pas à notre endroit le respect que nous méritons. En quatre mois (et 10 rencontre), ils n’ont pas déposé une seule offre financière sérieuse», a poursuivi la président exaspérée.

Pour David Esposti, l’agent administratif de SCA Canada qui aide le local au niveau des négociations, la résistance de l’employeur n’a laissé au local aucun autre recours que de tenir un vote de grève. «Je suis très heureux de constater que les membres nous fassent confiance et appuient leur équipe de négociation.»

Mme Kirkup précise qu’elle a été renversée par l’enthousiasme dont les membres ont fait preuve.

L’exécutif du local a approuvé une augmentation de l’indemnité de grève ou de lockout, de façon à ce que les membres puissent recevoir un maximum de 500$ par semaine dans le cas d’un arrêt de travail. Selon Mme Kirkup, laisser savoir aux gens la somme qu’ils peuvent s’attendre à recevoir, «contribue à apaiser en partie les inquiétudes financières éventuelles».