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Le 12 SEPTEMBRE 2008
Le local d’Ottawa se prononce
à 83%
en faveur d’un mandat de grève
Ottawa Newspaper Guild | Le
Local 30205 de SCA Canada
Au Ottawa Citizen, les négociateurs
syndicaux reprendront les négociations la semaine
prochaine munis d’une arme formidable, après
que les membres se soient prononcés hier soir à 83
pour cent en faveur d’un mandat de grève.
«Nous avons en main un gros bâton»,
a affirmé sur un ton jubilant Lois Kirkup, présidente
de l’Ottawa Newspaper Guild (ONG), dont les 203
membres travaillent à la rédaction, au
tirage, aux finances et à l’entretien
de l’édifice. Sur les 172 membres qui
ont voté – 85 pour cent des membres – 143
se sont prononcés en faveur du mandat de grève.
L’équipe de négociation
avait sollicité ce mandat après que les
séances de médiation, lundi et mardi,
n’aient pas permis d’obtenir une offre
financière décente. La plus récente
proposition de la direction de ce quotidien CanWest,
une entreprise par ailleurs profitable, est une convention
de deux ans prévoyant des augmentations de 1,0
et 1,5 pour cent.
«Nos membres ont réalisé l’importance
de ce vote de grève, et ils ont livré la
marchandise», a précisé Mme Kirkup. «Nous
sommes forts et nous sommes unis. Nous voulons une
entente juste, et nous nous attendons à l’obtenir.»
Depuis 00 h 01 mercredi dernier,
les deux parties sont dans une ‘position ouverte’, qui leur
permet légalement de déclencher une grève
ou un lockout.
«Nous n’avons pas l’intention de
faire la grève. Nous nous sommes engagés à négocier – au
moins au cours des deux ou trois prochaines rencontres
(les 17, 22 et 23 sept.) – jusqu’à ce
que nous parvenions à une entente», dit-elle.
«Nous perdons régulièrement des
employés depuis neuf ou 10 mois» et tout
le monde a été forcé d’en
faire plus, spécialement dans la salle des nouvelles,
a précisé Mme Kirkup, rédactrice
en chef en ligne du quotidien. «Nous sommes des
professionnels, et nous faisons bien notre travail;
c’est une gifle en plein visage que nous offrir
un et un et demie pour cent.»
«Il est évident, à la lumière
de leurs propositions, qu’ils ne prennent pas
nos membres au sérieux. Ils n’ont pas à notre
endroit le respect que nous méritons. En quatre
mois (et 10 rencontre), ils n’ont pas déposé une
seule offre financière sérieuse»,
a poursuivi la président exaspérée.
Pour David Esposti, l’agent administratif de
SCA Canada qui aide le local au niveau des négociations,
la résistance de l’employeur n’a
laissé au local aucun autre recours que de tenir
un vote de grève. «Je suis très
heureux de constater que les membres nous fassent confiance
et appuient leur équipe de négociation.»
Mme Kirkup précise qu’elle a été renversée
par l’enthousiasme dont les membres ont fait
preuve.
L’exécutif du local a approuvé une
augmentation de l’indemnité de grève
ou de lockout, de façon à ce que les
membres puissent recevoir un maximum de 500$ par semaine
dans le cas d’un arrêt de travail. Selon
Mme Kirkup, laisser savoir aux gens la somme qu’ils
peuvent s’attendre à recevoir, «contribue à apaiser
en partie les inquiétudes financières éventuelles». |