LE 23 JUILLET 2008

Les employés aux abois désirent
des hausses de salaires importantes

Ottawa Newspaper Guild | Le Local 30205 de SCA Canada

Solidement endossée par des membres qui en ont raz le bol, l’équipe de négociation de l’Ottawa Newspaper Guild va tenter d’obtenir des hausses de salaires importantes lorsque débuteront deux journées de conciliation lundi prochain.

Le 10 juillet 2003
Un contrat de cinq ans assure une sécurité à long terme


Lois Kirkup, présidente de l’ONG, a expliqué que les employés du Ottawa Citizen, tout spécialement ceux de la rédaction, ont fait face à des conditions de travail de plus en plus stressantes depuis que le quotidien, propriété de CanWest, met en vigueur des politiques qui forcent le personnel à en faire plus avec moins.

«Depuis les dernières négociations (en 2003), nous avons connu deux rondes de paiements forfaitaires. Si on y ajoute l’attrition et les congés, environ 30 personnes sont parties», soutien Mme Kirkup.

«La rédaction est le service le plus durement frappé», dit-elle. «Nous avons perdu un vingtaine de personnes au cours des 12 derniers mois. Et maintenant, à cause des vacances d’été, la situation est intenable.»

L’ONG cherche à obtenir une entente de trois ans accompagnée de hausses salariales générales de 5,0, 4,5 et 4,5 pour cent. L’entreprise désire pour sa part une autre convention de cinq ans, et a offert de piètres augmentations annuelles variant de un à deux pour cent.

Alors que Statistique Canada annonçait aujourd’hui que le niveau national d’inflation atteint maintenant 3,1 pour cent, en grande partie à cause de l’essor des prix de l’essence et des aliments, l’offre salariale du Citizen constitue en réalité une diminution de salaire.

En entamant trois journées de négociations, en mai dernier, le syndicat cherchait à renforcer la sécurité d’emploi, améliorer les ensembles d’avantages sociaux et augmenter les salaires et les indemnités différentielles des ses 206 membres, qui travaillent dans les services de la rédaction, de la distribution, des services financiers, de l’entretien et de l’impression à l’interne.

«Notre position reflète ce que vous nous avez dit: si l’entreprise veut imposer plus de responsabilités et d’attentes à nos membres, qui doivent en faire plus avec moins, sans nous fournir le temps ou les outils nécessaires, nous méritons une augmentation … c’est une question de respect», peut-on lire dans une communication envoyée aux membres.

Selon David Esposti, agent administratif de SCA Canada, l’employeur avait au début déposé plusieurs clauses rétrogrades, mais la plupart sont disparues au cours des négociations du 18 au 20 juin.

M. Esposti, qui prend part aux négociations, souligne que l’ONG n’a pas eu recours à la conciliation depuis plus de 20 ans. «Nous devenons un peu plus résistants. Nous n’allons pas simplement nous contenter d’accepter les offres de l’employeur», dit-il.

Selon Mme Kirkup, des affiches préconisant d’appuyer le comité de négociation sont «recouvertes de signatures». De plus, un grand nombre de membres ont assisté aux réunions de mise à jour au sujet des négociations. «Cette fois, ils sont beaucoup plus engagés; ils se font entendre un peu plus.»

L’entente de cinq ans qui a pris fin le 20 juillet avait procuré aux membres de l’ONG un certain confort, à cause de ses clauses de sécurité d’emploi et de restrictions au niveau du nombre de pigistes pouvant être utilisés par l’entreprise.

Bien que la direction ait de nouveau tenté d’annuler la clause qui empêche toute mise à pied dans la salle des nouvelles tant que l’employeur a recours à des pigistes, la direction a finalement retiré cette exigence de la table.

L’ONG a réalisé des gains dans d’autres domaines, notamment de faire profiter de prestations limitées les employés âgés de 65 ans et plus, qui ne bénéficient présentement d’aucune indemnité médicale ou dentaire, ainsi qu’un engagement à rembourser les examens de la vue et à augmenter les prestations pour l’achat de lunettes.