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Le 7 juin 2008
La Guilde obtient de meilleures indemnités
de départ pour les travailleurs mis à pied
Guilde des employés de journaux
de Montréal | Le
Local 30111 de SCA Canada
Ayant épuisé ses recours
juridiques, la Guilde des employés de journaux
de Montréal a concédé hier soir
qu’elle n’a pas pu empêcher la mise à pied
imminente de 45 employés du service de distribution
du quotidien The Gazette. Elle a toutefois réussi à obtenir
des indemnités de départ améliorées
pour ces employés.
Mona Leroux, présidente de
la GEJM, dit que le syndicat est parvenu à une
entente de règlement du grief vers 22 h 30. «Ce
n’est pas la solutions idéale que nous
aurions désiré obtenir, mais tout le
monde va pouvoir vivre avec», dit-elle.
Tous les membres mis à pied
vont recevoir une indemnité de licenciement
comprenant 4,5 semaines par année de service
jusqu’à concurrence
de 78 semaines, et les avantages pendant trois mois;
d’autre part, les employés âgés
de 55 ans et plus seront éligibles aux prestations
du régime de retraite de la compagnie. Une liste
de rappel de 24 mois a également été créée.
La précédente indemnité de licenciement était,
selon la date d’embauche, de trois semaines ou
de 4,5 semaines jusqu’à concurrence de
52 semaines.
Selon Mme Leroux, l’entente de dernière
minute est survenue alors que plusieurs signes laissaient
croire que l’entreprise se préparait à mettre
en lockout les employés de Ventes et services
aux clients (VSC), ce qu’elle avait légalement
le droit de faire depuis le milieu de la semaine.
Si l’employeur avait mis les
travailleurs en lockout, la convention collective ne
serait plus en vigueur et, de ce fait, le syndicat
ne pourrait plus avoir recours à l’arbitrage
pour régler le grief, dit-elle.
La GEJM a déposé un grief au début
de mai, alléguant que les mises à pied
et le transfert du travail à un centre d’appel
non syndiqué de CanWest à Winnipeg contrevient
aux des dispositions de la convention collective, qui
reconnaît la juridiction de la Guilde au niveau
du travail.
Ce fut une semaine de reculs juridiques pour la GEJM:
- Lundi, un arbitre a entendu
la cause visant à faire émettre
une ordonnance de sauvegarde (injonction) pour prévenir
les mises à pied prévues pour le 13 juin.
La demande a par la suite été retirée.
- Jeudi, un commissaire de
la Commission des normes du travail du Québec a
rejeté une
demande en vue de fusionner l’unité de
négociation de VSC avec celles de la Rédaction
et de la Publicité. (Si le commissaire avait
accepté la demande, il est possible que les
négociations auraient été suspendues
et les conditions de travail gelées dans l’attente
d’une décision.)
- Le commissaire a trouvé la
GEJM coupable d’une pratique déloyale
de travail, pour avoir insisté pour que la Rédaction
et la Publicité soient comprises dans la conciliation
avec VSC. «Nous sommes coupables pour avoir tenté de
nous unir et de lutter pour nos membres», dit
Mme Leroux. La convention collective des trois unités
prenait fin le 1er juin.
La direction de la Gazette
a pour sa part été trouvée
coupable d’une pratique déloyale de travail
pour avoir répondu publiquement à la
lettre anonyme d’un employé. On s’attend à ce
que le commissaire décide la semaine prochaine
de plusieurs autres accusations de négociation
de mauvaise foi, qui ont trait à des tentatives,
de la part de la direction, de négocier directement
avec des employés de VSC.
Dans le cadre de l’entente négociée
dans la nuit de vendredi, la direction accepte également
de se conformer aux procédures de la convention
pour doter huit nouveaux emplois – sept à temps
partiel et un à plein temps – qui seront
créés dans VSC.
L’entreprise, dit Mme Leroux, avait commencé à «choisir
minutieusement» parmi les employés actuels,
plutôt que d’afficher les postes disponibles
et de laisser toute personne intéressée
présenter sa candidature. En vertu des règles énoncées
dans la convention collective, il essentiel de tenir
compte à la fois de la compétence et
de la séniorité. Toutes choses étant égales,
dit Mme Leroux, la séniorité a la précédence.
La GEJM a maintenant repris
les négociations
en vue de doter d’une nouvelle convention collective
l’unité VSC, qui comprendra désormais
23 membres, y compris les huit nouveaux postes. «Les
questions les plus importantes seront celles qui ont
trait à la juridiction», a précisé la
présidente du local.
Les négociations en vue de renouveler les conventions
collectives de la Rédaction et de la Publicité,
qui contiennent toutes deux des clauses semblables
au niveau de la juridiction de la Guilde, reprendront également. |