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LE 28 MAI 2008

Le syndicat tente de faire échec
aux mises à pied massives prévues
au service du tirage de la Gazette

Guilde des employés de journaux de Montréal | Le Local 30111 de SCA Canada

Le drame qui se déroule au quotidien The Gazette, au niveau des négociations, ressemble à une partie d’échecs au cours de laquelle la Guilde des employés de journaux de Montréal (GEJM) joue constamment de façon défensive, en vue de faire échec au projet de l’entreprise de mettre à pied 45 employés.

Le 12 mai 2008
CanWest s’apprête à éviscérer le service aux lecteurs d’un quotidien de Montréal


Le 22 février 2008
La Guilde «joue dur» pour empêcher des mises à pieds massives de la part de CanWest


Le 12 février 2008
Le projet de CanWest pour les annonces classées fait de la sécurité d’emploi la priorité pour les négociations à Montréal

Tout en négociant une nouvelle convention collective pour ses 57 membres qui travaillent aux annonces classées, la GEJM a simultanément demandé une injonction pour empêcher la mise à pied massive et sans précédant des employés de la section Vente et services aux lecteurs (VSL), déposé une plainte pour pratique déloyale, et officiellement sollicité la fusion de trois unités de négociation, y compris VSL, dont les conventions prendront fin dimanche.

David Wilson, l’agent administratif de SCA Canada qui aide le local, affirme qu’il est abondamment clair que la direction du quotidien, propriété de CanWest, n’a aucunement l’intention de négocier sérieusement en vue de renouveler les conventions collectives de VSL et des services de la rédaction et des ventes.

La présidente de la GEJM, Mona Leroux, a déclaré que l’employeur «cherche à négocier uniquement avec VSL», en ayant recours à la stratégie «diviser pour mieux régner, parce qu’ils tiennent à leurs 45 mises à pied». Le projet du quotidien d’exporter le travail de ces membres à un centre d’appel non syndiqué de CanWest, à Winnipeg, fait l’objet d’un grief de la part du syndicat, parce qu’il enfreint clairement les dispositions des conventions de la Guilde à la Gazette.

Certains craignent que l’entreprise mette en lock-out les employés de VSL le 6 juin, lorsqu’elle sera légalement en mesure de le faire. Les deux autres unités de négociations ne seront pas en position de grève ou de lock-out avant la fin de juillet.

Une séance de conciliation, vendredi, pour les trois unités de négociation, s’est avérée «une journée remplie de frustration, et le syndicat n’a même pas eu la possibilité de présenter à l’employeur une proposition», a commenté M. Wilson. La direction a plutôt présenté son offre, et exigé que le syndicat la soumette au vote de ses membres.

Lundi, un arbitre va étudier la demande d’ordonnance de sauvegarde (injonction) de la Guilde en vue de prévenir les mises à pied prévues pour le 13 juin. Si l’ordonnance est acceptée, la direction ne sera pas en mesure de mettre à pied les employés de VSL ou d’exporter leurs emplois tant qu’un arbitre ne se sera pas prononcé sur la légalité de cette démarche.

Selon M. Wilson, étant donné que le syndicat a présenté une demande en vue de fusionner les trois unités de négociation, il est possible que le ministère québécois du Travail suspende les négociations et gèle les conditions de travail jusqu’à ce qu’une décision soit prise au niveau de la demande. Ce gel pourrait se produire dès la semaine prochaine, précise M. Wilson.

La GEJM a également déposé contre The Gazette une plainte de pratique déloyale de travail, parce que la direction a tenté de négocier directement avec les membres qui travaillent à VSL. La plainte, qui sera entendue le 5 juin, comprend plusieurs accusations de mauvaise foi, précise M. Wilson.

La semaine dernière, les travailleurs des annonces classées ont endossé à l’unanimité une convention collective de trois ans rétroactive au 1er janvier. M. Wilson précise que le syndicat n’a fait aucune concession au cours des cinq journées de négociation et de la journée de conciliation.

Il s’agit de la seconde convention des travailleurs des annonces classées, la première ayant été imposée par un arbitre trois ans après l’accréditation syndicale de l’unité. Selon M. Wilson, la nouvelle entente instaure au service des annonces classées des échelles de salaires.

Les travailleurs qui n’ont pas atteint le taux maximum de l’échelle bénéficieront d’augmentations variant de deux à cinq pour cent la première année, et plusieurs obtiendront également une autre augmentation de quatre pour cent à la fin de cette année.

M. Wilson précise que les augmentations au cours de la seconde et de la troisième année dépendront du résultat des négociations au niveau des trois autres unités.

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