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LE 28 MAI 2008
Le syndicat tente de faire échec
aux mises à pied massives prévues
au
service du tirage de la Gazette
Guilde des employés
de journaux de Montréal | Le
Local 30111 de SCA Canada
Le drame qui se déroule au
quotidien The Gazette, au niveau des négociations,
ressemble à une partie d’échecs
au cours de laquelle la Guilde des employés
de journaux de Montréal (GEJM) joue constamment
de façon défensive, en vue de faire échec
au projet de l’entreprise de mettre à pied
45 employés.
Tout en négociant une nouvelle
convention collective pour ses 57 membres qui travaillent
aux annonces classées, la GEJM a simultanément
demandé une injonction pour empêcher la
mise à pied massive et sans précédant
des employés de la section Vente et services
aux lecteurs (VSL), déposé une plainte
pour pratique déloyale, et officiellement sollicité la
fusion de trois unités de négociation,
y compris VSL, dont les conventions prendront fin dimanche.
David Wilson, l’agent administratif de SCA Canada
qui aide le local, affirme qu’il est abondamment
clair que la direction du quotidien, propriété de
CanWest, n’a aucunement l’intention de
négocier sérieusement en vue de renouveler
les conventions collectives de VSL et des services
de la rédaction et des ventes.
La présidente de la GEJM, Mona Leroux, a déclaré que
l’employeur «cherche à négocier
uniquement avec VSL», en ayant recours à la
stratégie «diviser pour mieux régner, parce
qu’ils tiennent à leurs 45 mises à pied».
Le projet du quotidien d’exporter le travail
de ces membres à un centre d’appel non
syndiqué de CanWest, à Winnipeg, fait
l’objet d’un grief de la part du syndicat,
parce qu’il enfreint clairement les dispositions
des conventions de la Guilde à la Gazette.
Certains craignent que l’entreprise mette en
lock-out les employés de VSL le 6 juin, lorsqu’elle
sera légalement en mesure de le faire. Les deux
autres unités de négociations ne seront
pas en position de grève ou de lock-out avant
la fin de juillet.
Une séance de conciliation, vendredi, pour
les trois unités de négociation, s’est
avérée «une journée remplie
de frustration, et le syndicat n’a même
pas eu la possibilité de présenter à l’employeur
une proposition», a commenté M. Wilson.
La direction a plutôt présenté son
offre, et exigé que le syndicat la soumette
au vote de ses membres.
Lundi, un arbitre va étudier la demande d’ordonnance
de sauvegarde (injonction) de la Guilde en vue de prévenir
les mises à pied prévues pour le 13 juin.
Si l’ordonnance est acceptée, la direction
ne sera pas en mesure de mettre à pied les employés
de VSL ou d’exporter leurs emplois tant qu’un
arbitre ne se sera pas prononcé sur la légalité de
cette démarche.
Selon M. Wilson, étant donné que le
syndicat a présenté une demande en vue
de fusionner les trois unités de négociation,
il est possible que le ministère québécois
du Travail suspende les négociations et gèle
les conditions de travail jusqu’à ce qu’une
décision soit prise au niveau de la demande.
Ce gel pourrait se produire dès la semaine prochaine,
précise M. Wilson.
La GEJM a également déposé contre
The Gazette une plainte de pratique déloyale
de travail, parce que la direction a tenté de
négocier directement avec les membres qui travaillent à VSL.
La plainte, qui sera entendue le 5 juin, comprend plusieurs
accusations de mauvaise foi, précise M. Wilson.
La semaine dernière, les travailleurs des annonces
classées ont endossé à l’unanimité une
convention collective de trois ans rétroactive
au 1er janvier. M. Wilson précise que le syndicat
n’a fait aucune concession au cours des cinq
journées de négociation et de la journée
de conciliation.
Il s’agit de la seconde convention des travailleurs
des annonces classées, la première ayant été imposée
par un arbitre trois ans après l’accréditation
syndicale de l’unité. Selon M. Wilson,
la nouvelle entente instaure au service des annonces
classées des échelles de salaires.
Les travailleurs qui n’ont pas atteint le taux
maximum de l’échelle bénéficieront
d’augmentations variant de deux à cinq
pour cent la première année, et plusieurs
obtiendront également une autre augmentation
de quatre pour cent à la fin de cette année.
M. Wilson précise que les augmentations au
cours de la seconde et de la troisième année
dépendront du résultat des négociations
au niveau des trois autres unités. |