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Le 12 MAI 2008
CanWest s’apprête à éviscérer
le service
aux lecteurs d’un quotidien de Montréal
Guilde
des employés de journaux de Montréal | Le
Local 30111 de SCA Canada
La direction du quotidien The
Gazette de Montréal, déterminée à mettre à pied
45 employés et à exporter leur travail
vers un centre d’appels du Manitoba, fait appel à des
tactiques de fier-à-bras pour arriver à ses
fins.
L’entreprise, qui avait annulé son
plan initial de mettre à pied les travailleurs
de la section Ventes et services aux lecteurs (VSL)
le 30 mai, après que la Guilde des employés
de journaux de Montréal (GEJM) ait déposé un
grief, fait maintenant volte-face et ressuscite les
mises à pied, qui auront lieu le 13 juin.
La GEJM se défend en ayant recours à toutes
les armes de son arsenal, a déclaré sa
présidente, Mona Leroux.
En plus de déposer un grief à l’endroit
du projet de CanWest Global d’exporter le travail
des membres à des emplacements non syndiqués
de Winnipeg – «en contravention très
claire de notre juridiction», selon Mme Leroux — la
Guilde cherche à obtenir une ordonnance de sauvegarde
(une forme d’injonction), de la part d’un
arbitre ou de la Cour supérieure du Québec,
afin d’empêcher la compagnie de procéder
aux mises à pied.
En dépit d’avoir convenu de traiter le
grief original en ayant recours à un processus
accéléré, l’employeur a
refusé cette fois la demande de la Guilde de
recourir directement à l’arbitrage.
Entre-temps, la direction évite de prendre
part à des négociations régulières
en vue de renouveler les conventions collectives de
quatre unités de négociations de la GEJM,
dont trois arriverons à échéance
le 1er juin. La compagnie a présenté une
demande de conciliation à l’endroit de
l’unité VSL.
La GEJM a répliqué en présentant
une demande de conciliation au nom des unités
de la Publicité et de la Rédaction. (La
convention des travailleurs des annonces classées – une
première convention collective imposée
par un arbitre – est échue depuis le 31
décembre. Une conciliation est en cours.)
«La compagnie dit essentiellement qu’elle
ne veut négocier qu’avec VSL», croit
Mme Leroux. C’est la stratégie classique
de « diviser pour vaincre »,
par laquelle «la direction s’efforce d’isoler
VSL des autres unités. Elle est déterminée à obtenir
ses 45 mises à pied.»
Elle ajoute que les tactiques
obscures de l’employeur
crée de l’agitation parmi les membres: «C’est
une situation qui provoque de l’anxiété» chez
tous ceux qui travaillent pour le vénérable
quotidien anglophone.
La GEJM, qui a déjà déposé des
griefs au sujet du transfert de travaux de pagination
et de pupitre de photos électroniques à un établissement
de CanWest à Hamilton, soutient que les termes
de sa convention «interdisent clairement l’attribution
de tels travaux à d’autres employés
du même employeurs qui ne sont pas régis
par notre convention collective, ou à des employés à l’extérieur
de The Gazette.»
Mme Leroux souligne que les
dispositions de leur convention sont semblables à celles de la convention d’un
autre local de SCA Canada, la Vancouver Island Newspaper
Guild. Des tentatives, de la part de CanWest, pour
exporter à Winnipeg du travail réalisé au
Victoria Times-Colonist ont été mises
en échec par une décision en faveur du
syndicat.
Dans un communiqué publié le mois dernier,
la GEJM a dénoncé l’imminent «renvoi
d’employés loyaux et travaillants, qui
ont établi d’excellentes relations avec
les abonnés du journal.» En se débarrassant
de 45 de ses 59 employés de VSL, la direction éliminerait «un
groupe qui s’exprime couramment en français,
en anglais, et en d’autres langues.»
En soulignant qu’il s’agirait là «des
premières mises à pied de l’histoire
de The Gazette», le communiqué soutien
que le transfert du travail à l’extérieur
de la province «ne peut que saper le service
et la qualité du plus important mass média
québécois au service de près d’un
million d’anglophones». |