Le 12 MAI 2008

CanWest s’apprête à éviscérer le service
aux lecteurs d’un quotidien de Montréal

Guilde des employés de journaux de Montréal | Le Local 30111 de SCA Canada

La direction du quotidien The Gazette de Montréal, déterminée à mettre à pied 45 employés et à exporter leur travail vers un centre d’appels du Manitoba, fait appel à des tactiques de fier-à-bras pour arriver à ses fins.

Le 22 février 2008
La Guilde «joue dur» pour empêcher des mises à pieds massives de la part de CanWest


Le 12 février 2008
Le projet de CanWest pour les annonces classées fait de la sécurité d’emploi la priorité pour les négociations à Montréal

L’entreprise, qui avait annulé son plan initial de mettre à pied les travailleurs de la section Ventes et services aux lecteurs (VSL) le 30 mai, après que la Guilde des employés de journaux de Montréal (GEJM) ait déposé un grief, fait maintenant volte-face et ressuscite les mises à pied, qui auront lieu le 13 juin.

La GEJM se défend en ayant recours à toutes les armes de son arsenal, a déclaré sa présidente, Mona Leroux.

En plus de déposer un grief à l’endroit du projet de CanWest Global d’exporter le travail des membres à des emplacements non syndiqués de Winnipeg – «en contravention très claire de notre juridiction», selon Mme Leroux — la Guilde cherche à obtenir une ordonnance de sauvegarde (une forme d’injonction), de la part d’un arbitre ou de la Cour supérieure du Québec, afin d’empêcher la compagnie de procéder aux mises à pied.

En dépit d’avoir convenu de traiter le grief original en ayant recours à un processus accéléré, l’employeur a refusé cette fois la demande de la Guilde de recourir directement à l’arbitrage.

Entre-temps, la direction évite de prendre part à des négociations régulières en vue de renouveler les conventions collectives de quatre unités de négociations de la GEJM, dont trois arriverons à échéance le 1er juin. La compagnie a présenté une demande de conciliation à l’endroit de l’unité VSL.

La GEJM a répliqué en présentant une demande de conciliation au nom des unités de la Publicité et de la Rédaction. (La convention des travailleurs des annonces classées – une première convention collective imposée par un arbitre – est échue depuis le 31 décembre. Une conciliation est en cours.)

«La compagnie dit essentiellement qu’elle ne veut négocier qu’avec VSL», croit Mme Leroux. C’est la stratégie classique de « diviser pour vaincre », par laquelle «la direction s’efforce d’isoler VSL des autres unités. Elle est déterminée à obtenir ses 45 mises à pied.»

Elle ajoute que les tactiques obscures de l’employeur crée de l’agitation parmi les membres: «C’est une situation qui provoque de l’anxiété» chez tous ceux qui travaillent pour le vénérable quotidien anglophone.

La GEJM, qui a déjà déposé des griefs au sujet du transfert de travaux de pagination et de pupitre de photos électroniques à un établissement de CanWest à Hamilton, soutient que les termes de sa convention «interdisent clairement l’attribution de tels travaux à d’autres employés du même employeurs qui ne sont pas régis par notre convention collective, ou à des employés à l’extérieur de The Gazette.»

Mme Leroux souligne que les dispositions de leur convention sont semblables à celles de la convention d’un autre local de SCA Canada, la Vancouver Island Newspaper Guild. Des tentatives, de la part de CanWest, pour exporter à Winnipeg du travail réalisé au Victoria Times-Colonist ont été mises en échec par une décision en faveur du syndicat.

Dans un communiqué publié le mois dernier, la GEJM a dénoncé l’imminent «renvoi d’employés loyaux et travaillants, qui ont établi d’excellentes relations avec les abonnés du journal.» En se débarrassant de 45 de ses 59 employés de VSL, la direction éliminerait «un groupe qui s’exprime couramment en français, en anglais, et en d’autres langues.»

En soulignant qu’il s’agirait là «des premières mises à pied de l’histoire de The Gazette», le communiqué soutien que le transfert du travail à l’extérieur de la province «ne peut que saper le service et la qualité du plus important mass média québécois au service de près d’un million d’anglophones».