LE 22 FÉVRIER 2008

La Guilde «joue dur» pour empêcher des mises à pieds massives de la part de CanWest

Montreal Newspaper Guild | Le Local 30111 de SCA Canada

CanWest Global fait face à une bataille d’envergure, à Montréal, au sujet de son projet de mettre à pied 46 des 59 employés du département de la vente et des services aux lecteurs de la Gazette et de transférer leurs emplois au centre d’appels de l’entreprise, à Winnipeg.

Le 12 février 2008
Le projet de CanWest pour les annonces classées fait de la sécurité d’emploi la priorité pour les négociations à Montréal


Mona Leroux, présidente de la Montreal Newspaper Guild (MNG), soutien que le projet du propriétaire d’exporter ces opérations, de même que le travail d’autres services, «empiète clairement sur un domaine de notre compétence».

Le local a déjà présenté un grief en décembre, lorsque l’entreprise a commencé à faire effectuer une partie de la pagination du quotidien à Halifax. Un autre grief sera déposé lundi au sujet du transfert à Hamilton du travail de montage électronique des photos, précise Mme Leroux.

«Nous sommes convaincus de pouvoir gagner à tous les chapitres», dit-elle en soulignant que les clauses des conventions de la MNG sont semblables à celles des ententes négociées par un autre local de CWA Canada, la Victoria-Vancouver Island Newspaper Guild. Les tentatives de CanWest en vue d’exporter à Winnipeg du travail effectué au Victoria Times-Colonist ont échouées à la suite de décisions prises en faveur du syndicat.

La convention collective de la MNG «interdit clairement le transfert de ces travaux à des employés du même employeur ne faisant pas partie de notre convention, ou à des employés situés à l’extérieur de la Gazette» précise un bulletin adressé aux membres le 18 février.

Lorsque la direction a invité l’exécutif de la MNG à une rencontre, le 15 février, pour leur annoncer les mises à pied prévues, «ce fut tout un choc pour les gens du service», poursuit Mme Leroux.

Elle ajoute avoir immédiatement prévenu l’éditeur que la Guilde exigerait un renvoi immédiat à l’arbitrage, en omettant les premières étapes normales de grief. L’entreprise a accepté de le faire, et on s’attend à ce que la cause soit entendue rapidement.

«Nous en sommes aux première étapes d’un match viril», poursuit Mme Leroux, en ajoutant que rien n’a changé à la suite d’une deuxième rencontre avec la direction hier matin.

Plus de 50 personnes ont pris part à une réunion générale des membres, plus tard le même jour, parce qu’ils étaient furieux des mises à pied annoncées, dit-elle.

Dans le bulletin adressé aux membres, l’exécutif écrit que la Guilde «est convaincue que cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une série d’actions destinées à exporter du travail sur lequel nous possédons une juridiction exclusive. La direction a déjà transféré la mise en page et d’autres travaux de mise en forme à Hamilton, en contravention flagrante avec notre convention collective. Nous sommes d’avis que les efforts continuels de la direction pour nous soutirer et pour exporter notre travail … nuisent sérieusement à la qualité et à l’intégrité de notre journal».

Les gens qui travaillent dans l’établissement de CanWest à Winnipeg ne sont pas syndiqués et sont sous-payés, a expliqué Mme Leroux.

«C’est une situation très grave au sein de l’industrie. Bien sûr, une partie (de la restructuration) est causée par des changements technologiques, mais la plus grande partie est due à la rapacité (de l’employeur)», dit-elle.

Irwin Block, un employé de la salle de rédaction qui est récemment passé du poste de secrétaire à celui de vice-président, remplaçant Charles Shannon qui a accepté le mois dernier une indemnité pour départ volontaire, a assuré les membres que la Guilde va lutter contre les mises à pied «avec toutes les ressources dont nous disposons».