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Copie d’écran du site web d’Alliance Atlantis

Le 24 DÉcembre 2007
Les membres à Alliance Atlantis
décrochent une première convention,
alors
que le CRTC approuve
la prise de contrôle de
l’entreprise par CanWest
La
Guilde canadienne des médias | Le
Local 30213 de SCA Canada
Il serait parfaitement compréhensible
que les employés syndiqués d’Alliance
Atlantis Communications ne sachent pas s’ils
doivent accueillir 2008 avec joie ou avec tristesse.
La semaine dernière, les 100 membres de la
Guilde canadienne des médias (GCM) ont appris
deux choses: qu’ils avaient finalement obtenu
une première convention collective, et que l’organisme
de réglementation fédéral venait
d’approuver que CanWest Global Corporation devienne
leur nouveau patron.
Dans une rare lettre de protestation à l’endroit
de la décision annoncée jeudi par le
Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications
canadiennes (CRTC), la GCM accuse l’organisme
de réglementation «d’ignorer le
principe de la propriété canadienne de
nos médias». La Loi sur la radiodiffusion
spécifie que des Canadiens doivent posséder
et contrôler le système de radiodiffusion
du pays.
À la lumière de la décision du
CRTC, qui permet à la banque d’investissements
des États-Unis Goldman Sachs de financer les
deux tiers de l’entente de 1,5 milliards $ tout
en ne détenant qu’un tiers des actions
avec droit de vote, la Guilde a demandé au Parlement
de revoir les règles qui s’appliquent à la
propriété étrangère.
À peine une journée plus tôt,
la GCM avait annoncé qu’une entente provisoire,
au sujet d’une première convention pour
le personnel d’AAC, était intervenue après
16 mois de négociations. Le comité de
négociations avait déclaré que
la proposition déposée la veille par
la direction représentait un progrès
important par rapport à la proposition antérieure
du 14 décembre.
A début de la nouvelle année,
les membres à AAC se prononceront en faveur
ou non de la ratification de l’entente, qui comprend
une augmentation salariale de trois pour cent (rétroactive
au 1er janvier 2007), une augmentation de 2,5 pour
cent en 2008 ainsi qu’en 2009, de même
qu’une autre augmentation de 3 pour cent le 1er janvier 2010.
Même si la Guilde va continuer
de représenter ses membres à Alliance
Atlantis et que la vente ne changera en rien la mise
en application de la convention collective, certains
craignent que CanWest exploite AAC le plus possible.
«Nous craignons que la vente
réduise la concurrence dans le secteur des spécialités,
et que les canaux d’Alliance Atlantis servent
de vaches à lait pour financer l’empire
médiatique grandissant de CanWest», a
déclaré Lise Lareau, présidente
nationale de la GCM. «Cela entraînerait
encore moins de programmation originale pour les Canadiens,
et une diminution des emploi dans cet important secteur
de l’économie.»
Les employés d’AAC que représente
la Guilde sont tous situés à Toronto,
où ils travaillent à la régie
centrale, au génie, à la postproduction,
au sous-titrage codé, à la bibliothèque, à la
présentation, au contrôle de la qualité et
au doublage.
AAC est un important distributeur
de films au Canada et gère 13 canaux de télévision,
notamment le Food Network, History Television, Showcase
et BBC Canada. Le site web de l’entreprise souligne
qu’elle «se consacre à appuyer la
culture canadienne. Le canal Showcase d’Alliance
Atlantis est le seul réseau canadien, y compris
la CBC, qui ne diffuse que des émissions dramatiques
canadiennes aux heures de grande écoute.»
Selon Mme Lareau, la GCM est «très préoccupée
par la plus grande concentration médiatique
qu’entraîne cette transaction. Le syndicat
prie avec instance le CRTC d’imposer des mesures
en vue de protéger le caractère distinct
des stations spécialisées d’Alliance
Atlantis. Par exemple, le CRTC pourrait avoir restreint
la quantité d’émissions répétées
entre les stations conventionnelles actuelles de CanWest
et les canaux spécialisés. Il ne l’a
pas fait.»
En annonçant la décision la semaine
dernière, le président Konrad von Finckenstein
a déclaré que le CRTC est «satisfait
que cette transaction se conforme aux exigences de
contrôle canadien, à la fois au niveau
de la loi et dans les faits,» et que Goldman
Sachs ne contrôlerait pas les opérations
canadiennes de diffusion.
Néanmoins, Mme Lareau n’est pas d’accord.
«Les entreprises ont fait des contorsions pour
tenter de satisfaire à la lettre de la loi»,
dit-elle. «Mais elles ont clairement enfreint
l’esprit de la loi. Après tout, nous savons
tous que Goldman Sachs va tenir les cordons de la bourse
pour un bon bout de temps.» |