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Le 04 janvier 2007
Une résolution des Nations
Unies semble constituer un pas dans la bonne direction
pour protéger les journalistes
partout dans
le monde
Les organisations qui encouragent
et défendent la libre expression et la liberté de
la presse abordent 2007 encouragés par l’adoption
d’une résolution des Nations Unies qui
demande à ses pays membres de mieux protéger
les travailleurs médiatiques qui travaillent
dans des zones de guerre.
La résolution 1738, adoptée à l’unanimité il
y a deux semaines par le Conseil de sécurité de
l’ONU au terme d’une année record
au niveau des meurtres de journalistes, est aussi perçue
comme un avertissement aux gouvernements, partout dans
le monde, que les attaques contre des journalistes – y
compris celles commanditées par l’état – ne
seront pas tolérées.
Ce qui est particulièrement important, selon
Arnold Amber, directeur de TNG Canada/CWA, c’est
que la résolution «met l’accent
sur la responsabilité qu’ont les états
de mettre fin à l’impunité et de
traduire en justice les responsables de crimes à l’endroit
des journalistes».
M. Amber, qui est également président
du Conseil de direction de Journalistes
canadiens pour la liberté d’expression (CJFE) et, à ce
titre, a pris part à de nombreuses conférences
internationales portant sur la protection des journalistes
pour qu’ils puissent accomplir leur travail,
souligne qu’il existe «quatre ou cinq irritants
qui mettent les journalistes en danger».
Le plus important de ces irritants
touche aux «pays
prétendument démocratiques qui ne poursuivent
pas et ne traduisent pas devant les tribunaux les assassins
de journalistes». À cet égard,
les Canadiens n’ont pas à être particulièrement
fiers de la performance de leur pays; M. Amber rappelle
le meurtre, en novembre 1998, de Tara
Singh Hayer,
le rédacteur en chef chevronné de l’Indo-Canadian
Times, publié en Colombie-Britannique. En dépit
du fait qu’il avait reçu de nombreuses
menaces de mort et survécu à une tentative
d’assassinat pour ses reportages francs et sincères
au sujet de la communauté Indo-canadienne, son
meurtrier n’a jamais été arrêté.
Toujours selon M. Amber, «La libre expression
et la liberté de presse sont essentielles à une
véritable démocratie». Quand des
individus et des états imposent le silence à leurs
critiques de quelque façon que ce soit – par
la censure, le harcèlement, l’emprisonnement,
les assauts physiques et le meurtre – les droits
et libertés de tout le monde sont brimés.
La résolution de l’ONU relative à la
protection des travailleurs des médias qui œuvrent
dans des zones de conflits armés est spécialement
importante, selon M. Amber, «parce que de terribles
choses se produisent dans les zones de guerre. Les
médias sont nos yeux et nos oreilles au niveau
de ce qui se produit sur le terrain. Et ils sont témoins
d’atrocités qui pourraient autrement être
passées sous silence et permettre à leurs
auteurs d’échapper à la justice.
La
Fédération
Internationale des Journalistes (FIJ), à laquelle
est affilié TNG Canada,
a qualifié la résolution de l’ONU
de «décision déterminante de la
part des leaders mondiaux» pour faire quelque
chose au sujet du carnage en Irak au niveau des médias, «où plus
de 60 journalistes et employés des médias
ont perdu la vie cette année seulement – sur
le total record de 163 meurtres d’employés
des médias répertoriés par la
FIJ
en 2006».
«La communauté internationale
s’est
enfin éveillée à la crise causée
par le ciblage des employés médiatiques»,
a déclaré Aidan White, Secrétaire
général de la FIJ. «Nous
voulons maintenant voir ce texte éloquent se
transformer en gestes concrets, afin de dénoncer
et humilier les pays qui accordent l’impunité aux
meurtriers des travailleurs des médias et des
journalistes.»
Le communiqué de presse de
la FIJ souligne
qu’en dépit du fait que des agences de
l’ONU telles que l’UNESCO ont attiré l’attention
sur les problèmes auxquels ont fait face les
journalistes cette année, c’est la première
fois qu’un organisme prépondérant
de l’ONU se prononce sur cette question.
«Il s’agit d’un développement
important, qui reconnaît que le meurtre et le
ciblage des journalistes doit cesser», a poursuivi
M. White. «Nous entreprendrons maintenant une
campagne aux niveaux régional et national, en
vue de réduire les risques auxquels s’exposent
les employés des médias et de faire traduire
en justice les meurtriers de journalistes.»
La résolution demande au Secrétaire
général de traiter de la sécurité des
journalistes dans ses rapports réguliers sur
la protection des civils à l’occasion
de conflits armés.
«Ce dernier point est très important»,
a ajouté M. White. «À partir de
maintenant, on peut s’attendre à de que
les Nations Unies identifient et dénoncent publiquement
les pays qui ne protègent pas les journalistes.»
Reporters
sans frontières (RSF), qui estime à 113
le nombre de reporters et employés médiatiques
tués en 2006, est d’avis que la Résolution
1738 «est basée sur les principes fondamentaux
de la liberté de la presse et réaffirme
la nécessité de prévenir la violence
contre les journalistes et de traduire en justice les
responsables de ces crimes». (RSF n’inscrit
sur sa liste de décès que les journalistes
dont l’organisme est certain que la mort est
rattachée à leur travail.) |