LE 27 NOVEMBRE 2006

Une écrasante majorité des travailleurs
du Sudbury Star rejettent l’offre d’entente

Northern Ontario Newspaper Guild | Le Local 30232 de TNG Canada

Par DENIS ST. PIERRE

Les membres de la Northern Ontario Newspaper Guild s’apprêtent à retourner à la table de négociation, après avoir fait parvenir à Osprey Media et au Sudbury Star un message sans équivoque en rejetant massivement l’offre de convention mal avisée soumise par l’entreprise.

Au cours d’une réunion tenue le 20 novembre, les membres du syndicat ont voté à 93 pour centre contre une «offre d’entente» d’Osprey. Plus de 80 pour cent de la cinquantaine de membres de la Guilde, qui travaillent dans tous les services du Star, ont pris part à la réunion.

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Le comité de négociations de la Guilde avait recommandé le rejet de l’offre de convention d’Osprey, présentée le 16 novembre à la suite de deux journées de négociations en présence d’un médiateur. En plus de ne pas réagir aux principales questions soulevées par la Guilde, l’offre exigeait des concessions inacceptables de la part des travailleurs.

Les principales questions soulevées par la Guilde portent sur la sécurité d’emploi et les indemnités de licenciement, le régime de retraite, les salaires et les allocations de véhicules.

Le comité syndical de négociation, ainsi que les membres en général, se sont dits frustrés et désappointés - bien que non surpris - par l’attitude de l’entreprise au niveau des négociations.

Pour sa part, la Guilde a fait preuve d’énormément de bonne volonté et adopté une approche conciliatoire envers les pourparlers. En dépit du fait que sa dernière convention collective soit terminée depuis sept mois, le syndicat donne à l’entreprise toutes les occasions concevables d’éviter un conflit de travail.

Par exemple, les membres de la Guilde ont évité de tenir un scrutin de mandat de grève, bien que la convention soit échue et que l’on ait entamé l’étape de la médiation.

Le syndicat a adopté l’approche sans précédent de négocier en partie en reconnaissant la position précaire du Star au sein de la collectivité. L’image de l’entreprise a grand besoin d’être réhabilitée, en grande partie à cause de son histoire atroce de relations de travail - six lockouts au cours des 30 dernières années, tout spécialement un lockout désastreux de quatre mois décrété par Osprey en 2002-2003.

Bref, la Guilde a abondamment prouvé qu’elle est sincèrement déterminée à négocier un projet d’entente acceptable pour les deux parties, sans même devoir faire appel à la menace d’une grève.

Malheureusement, l’entreprise n’a pas encore fait preuve d’une attitude aussi conciliante. Jusqu’à présent, elle a adopté une approche autocratique qui substitue à un véritable dialogue des offres finales «à prendre ou à laisser».

L’entreprise s’est dite disposée à retourner à la table de négociation, et a déclaré désirer elle aussi éviter un conflit de travail. Contrairement à la Guilde, il reste encore à l’employeur à étayer ses bonnes intentions par des gestes concrets à la table de négociation.

À moins d’être disposés à répondre de façon réciproque à la bonne foi et à l’engagement sincère de la Guilde envers les négociations, le Star et Osprey Media risquent bien d’entacher une fois de plus leur réputation équivoque à Sudbury.

Denis St. Pierre est président de la Northern Ontario Newspaper Guild.