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Le 18 octobre 2006
Les membres de la Guilde pourraient
faire pencher la balance en faveur de lois fédérales
anti-briseurs de grève
TNG Canada/CWA
Les quelque 10 000 membres de TNG
Canada, ainsi que leurs amis et les membres de leurs
familles, pourraient bien jouer un rôle déterminant
pour assurer l’adoption de lois anti-briseurs
de grève par la Chambre des communes le 25 octobre.
La dernière fois qu’un projet de loi semblable
a été présenté, il a été défait
par à peine 12 voix.
Le Congrès du travail du Canada,
auquel la Guilde est affiliée, organise une
campagne nationale pour obtenir l’appui des députés
fédéraux envers le projet de loi C-257,
qui interdirait le recours à des employés
de remplacement à l’occasion de grèves
et de verrouillages dans les milieux de travail soumis
au Code canadien du travail.
Une réforme des lois fédérales
du travail ouvrirait également la voie à des
modifications progressives du côté provincial,
soutient le CTC.
La Guilde canadienne des médias, le plus important
local de TNG Canada, exhorte ses membres à demander à leur
député fédéral d’appuyer
le projet de loi C-257, la seconde tentative en deux
ans pour réformer les lois canadiennes du travail.
Une très grande majorité de membres de
la GCM travaille pour des employeurs soumis à la
réglementation fédérale, qui seraient
régis par la loi.
«Les syndicats sont vraiment venus à un
cheveu d’obtenir cette loi anti-briseurs de grève
la dernière fois, et il est important de la
faire adopter cette fois», explique Arnold Amber,
directeur de TNG Canada/CWA, membre du conseil exécutif
du CTC et président sortant du local SRC/CBC
de la GCM. «Imaginez à quel point nous
aurions été furieux, l’an dernier
pendant le verrouillage à la CBC, si des briseurs
de grève avaient été embauchés
pour faire notre travail. La direction de CBC n’a
pas fait cela, mais la loi est nécessaire pour
empêcher qu’une telle éventualité arrive à n’importe
quel groupe de travailleurs.»
La GCM exhorte ses membres à «téléphoner
ou écrire à votre député fédéral,
pour lui demander de voter en faveur du projet de loi
C-257, si vous vous sentez à l’aise de
le faire. ... La GCM comprend que certain membres,
surtout ceux qui travaillent à titre de journalistes,
ne puissent pas entreprendre cette démarche.
Cependant, passez le mot à vos amis et aux membres
de votre famille.»
Le CTC souligne que les lois
fédérales
du travail s’appliquent à environ un dixième
des emplois au pays, «mais certains de ces emplois
jouent un rôle critique au niveau de notre économie.
Dans le monde d’aujourd’hui, il est vital
de réduire les risques d’interruptions à nos
frontières, dans nos aéroports et au
niveau de nos réseaux de télécommunications.»
Le Québec et la Colombie-Britannique, qui ont
respectivement interdit le recours aux travailleurs
remplaçants en 1977 et en 1993, «ont connu
des relations de travail plus harmonieuses et réduit
substantiellement le nombre de journées de grève
ou de verrouillage. En fait, un an après l’adoption
de sa loi, la C.-B. a réduit de moitié le
nombre de jours perdus à cause des conflits
de travail», affirme le CTC.
Le CTC souligne également que 97 pour cent
des négociations syndicales se terminent avec
succès, sans interruptions causées par
des jours de grève ou de verrouillage. «Néanmoins,
dans les rares occasions où des employeurs ont
eu recours à des briseurs de grève, les
conflits se sont avérées plus prolongés
et plus violents – la mine Ekati dans les Territoires
du Nord-Ouest, Lakeside Packers en Alberta, Seimans
dans le sud-ouest de l’Ontario, Telus, Vidéotron
et Alliant.»
«La recherche est formelle: le recours aux briseurs
de grève, à l’occasion de grèves
et de verrouillages, entraîne des conflits plus
longs et souvent plus violents», affirme le président
du CTC, Ken Georgetti. «Les négociations
bloquent, les communautés sont divisées
et la colère gronde. Des centaines (souvent
des milliers) de journées de travail sont perdues
et tout le monde en souffre.»
«Pour les travailleurs, voir quelqu’un
voler son emploi entraîne de la colère,
de l’amertume et du ressentiment, qui nuisent
au moral et la productivité pour des années à venir.
Pour les employeurs, la très petite minorité de
responsables qui font appel à des briseurs de
grève donne un mauvais exemple, et fait reculer
les relations de travail au niveau du dix-neuvième
siècle», poursuit Georgetti.
L’amertume qu’entraîne le franchissement
des lignes de piquetage est palpable au niveau de l’entrée
du 28 octobre 2005 du blogue de «robSource»,
membre de la Telecommunications Workers Union verrouillée
pendant quatre mois par Telus.
«Quant aux briseurs de grève? J’espère
que vous réalisez tous et toutes que chacun
d’entre vous contribue énormément à une
baisse du pouvoir de négociation syndicale.
Cela touche directement votre sécurité d’emploi,
ainsi que vos portefeuilles. Je n’ai jamais compris
votre incapacité à réaliser la
situation dans son ensemble, et je pense bien que je
ne le comprendrai jamais», écrit RobSource.
Plusieurs d’entre vous disent ‘vous ne
pouvez pas garantir les emplois». Je ne demande
pas qu’on me promette un emploi jusqu’à la
fin de mes jours. Ce que j’exige, c’est
que si un travail essentiel doit être effectué chez
Telus, les employés de Telus – ceux qui
ont bâti cette entreprise – soient ceux
qui l’effectuent. Ce travail n’est pas
nécessaire? Pas de travail – c’est
parfait. Mais si un certain travail doit être
effectué? Nous sommes ceux qui devraient l’effectuer.
(Avec des dossiers de la Guilde canadienne des médias.)
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