|
LE 3 OCTOBRE 2006
L’accord de Kingston fait tourner
l’attention vers St. Catharines et Sudbury
Kingston Typographical Union | Le
Local 30204 de TNG Canada
Northern Ontario Newspaper Guild | Le
Local 30232 de TNG Canada
North Bay Newspaper Guild | Le
Local 30241 de TNG Canada
Peterborough-CWA | Le
Local 30248 de TNG Canada
Sault Ste Marie Typographical Union | Le
Local 30746 de TNG Canada
St. Catharines Typographical Union | Le
Local 30416 de TNG Canada
Depuis que les membres qui travaillent
au Kingston Whig-Standard ont voté, dimanche
dernier, à 71 pour cent en faveur d’une
nouvelle convention collective, quatre des quotidiens
d’Osprey Media représentés par
la Guilde ont maintenant une convention et quatre autres
restent à ratifier.
Les 25 employés de la salle
des nouvelles de Kingston ont du consentir à d’importants
sacrifices au niveau des horaires de travail et de
la sécurité d’emploi, tandis que
la direction obtenait de son côté la possibilité de
recourir de façon illimitée aux services
de pigistes. Le quotidien a également refusé d’incorporer à la
convention une clause interdisant l’impartition
des emplois, qui aurait empêché Osprey
d’impartir encore plus de travail des services
de la circulation et des annonces classées à ses
centres d’appels non syndiqués de Niagara
Falls et Sarnia.
La seule consolation, pour
les six unités de
négociation qui ont accepté à regret
l’entente de trois ans, est une série
d’augmentations salariales annuelles de 2,25,
2,0 et 2,25 pour cent.
Debbie Newton, présidente de la Kingston Typographical
Union, dit que l’éditeur Fred Laflamme
a eu recours à ses tactiques de pression habituelles.
Niant négocier de mauvaise foi, il a convoqué des
réunions du personnel jeudi pour présenter
les offres finales de la direction, trois jours avant
la présentation prévue par la Guilde.
Maintenant que la situation
est réglée à Kingston,
Osprey peut concentrer ses énergies antisyndicales
sur le St. Catharines Standard, qui entamera une médiation
le 19 octobre après la fin du stade de conciliation.
Si la médiation devait s’avérer
un échec, les deux parties seront libres d’entamer
une grève ou un lock-out à partir de
00:01 le lundi 22 octobre.
Il ne reste plus que 21 membres
de la Guilde au St. Catharines
Standard, après qu’Osprey ait
décimé les services de la circulation,
des annonces classées et de la composition,
mis à pied 22 employés de longue date
et transféré leur travail à ses
centre d’appels, dotés d’employés
peu payés qui ne bénéficient d’aucun
avantage.
Un grief, déposé par la St. Catharines
Typographical Union au sujet des mises à pied
effectuées en dépit d’une clause
de non impartition de la convention, a été réglé le
20 septembre, alors qu’Osprey a accepté d’améliorer
les indemnités de départ.
David Esposti, représentant de TNG Canada,
dit que les employés mis à pied ont «signé bien
volontiers» une entente qui fait passer la prime
de départ maximale de 26 à 36 semaines.
Maintenant que la question
de l’impartition
est effectivement réglée, les questions
financières sont au centre des négociations à St.
Catharines.
Au Sudbury Star, où deux
conventions ont pris fin le 30 avril, les deux parties
iront en conciliation les 11 et 12 octobre.
Denis St. Pierre, président de la Northern
Ontario Newspaper Guild, explique que ses 52 membres
(de la publicité, du bureau, de la circulation,
de la rédaction, de l’entretien et de
la salle du courrier) s’inquiètent de
la question de l’impartition, spécialement
après qu’Osprey ait mis à pied
les neuf opérateurs de presse, l’an dernier,
pour imprimer le journal au North Bay Nugget. Très
peu de progrès ont été réalisés
après deux journées de négociations
en juillet et, après l’annulation de deux
autres journées prévues en août,
la Guilde a décidé d’entamer sans
plus attendre le processus de conciliation.
La Sault Ste Marie Typographical
Union, qui regroupe 135 membres dans les services
de publicité,
de circulation, de rédaction et de la salle
du courrier du Sault Star, va bientôt entamer
des négociations en vue de renouveler trois
conventions collectives échues le 31 août.
Le local de Sault bénéficie de solides
appuis communautaires, comme en fait foi la réaction
du public au cours d’une protestation de cinq
jours, en février dernier, qui a servi à lancer
la campagne «Keep Our Newspapers Local» commanditée
par TNG Canada. Les éditeurs du Sault et du
Sudbury, furieux des démonstrations de leurs
employés syndiqués à l’heure
du déjeuner, ont réagi en promettant à leurs
lecteurs et annonceurs que les emplois de leurs quotidiens
demeureraient dans la communauté.
Linda Richardson, présidente du local, précise
que ses membres s’inquiètent de la sécurité d’emploi,
surtout après une mise à pied survenue
en juin dans le service de la publicité. La
rédaction est spécialement préoccupée
par la possibilité de recourir plus souvent à des
pigistes, une autre forme d’impartition.
Par ailleurs, dit-elle, les
membres cherchent à obtenir
des améliorations au niveau de leur régime
de pension, des salaires et des indemnités de
kilométrage, étant donné le prix élevé de
l’essence.
Une amélioration de l’indemnité de
kilométrage, prévoyant une hausse lorsque
le prix de l’essence augmente, fait partie d’une
nouvelle convention ratifiée par les 25 membres
du local de la Guilde qui travaillent dans tous les
services du Cobourg Daily Star et du Port
Hope Evening Guide, deux quotidiens de la chaîne Osprey.
Nigel Sones, agent d’affaires du local, précise
que la ratification de l’entente de trois ans
est survenue le 23 juin, sept jours avant l’échéance
de la convention. Conclue au terme de trois journées
de négociations, la nouvelle entente accorde
aux employés une augmentation de salaire annuelle
de 2,0 pour cent, une gratification de 150$ à la
signature, ainsi que certaines améliorations
des régimes dentaires et de soins de la vue.
En avril, le local a négocié une entente
semblable pour ses 21 membres de la Guilde employés
en publicité, en circulation, en composition
et en rédaction au Lindsay
Daily Post. Ce sont
les seuls membres de la Guilde à avoir jusqu’à présent
réussi à arracher une clause de sécurité d’emploi à un
quotidien Osprey. Le Post a garanti que tout au long
de la convention de trois ans, il n’y aura aucune
perte d’emploi dans les services de la circulation
ou des annonces classées causée par l’impartition
de postes vers des centres d’appels.
Entretemps, Dan Seguin, président de la North
Bay Newspaper Guild, se prépare à entamer
des négociations en vue de renouveler leur convention,
qui se terminera à la fin de cette année.
Bien qu’il n’ait pas encore sollicité l’opinion
de ses membres au Nugget à ce sujet, il est
clair qu’il s’attend à ce que la
sécurité d’emploi soit au centre
de leurs attentes.
Bien qu’il refuse pour l’instant d’en
révéler les détails, Seguin dit
se préparer à lancer une campagne de
mobilisation de «survie locale» qui, espère-t-il,
va motiver les membres autant que l’a fait la
protestation de février dernier.
Plus tôt cette année, le directeur de
TNG Canada Arnold Amber a fait savoir qu’au terme
d’une rencontre avec Michael Sifton, le DG d’Osprey
semble peu intéressé à développer
de meilleures relations entre la direction et le syndicat
en vue de prévenir d’autres conflits. «Il
continue d’affirmer que les politiques relatives à chaque
journal sont déterminées au niveau local»,
précise Amber.
Il reste à voir si les centaines de cartes
d’engagement qu’ont signé les clients
pendant la campagne «Keep Our Newspapers Local» vont
influencer l’attitude des éditeurs qui
n’ont pas encore ratifié d’entente
avec les membres de la Guilde.
Osprey, qui est maintenant
une fiducie de revenu, domine l’industrie des journaux des petites villes
de l’Ontario avec plus de 60 publications. Depuis
l’automne dernier, des douzaines d’employés
syndiqués de longue date ont été mis à pied
au profit des centres d’appels en vue, soutient
Osprey, de réaliser une réduction des
coûts au niveau de l’ensemble de la chaîne. |