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Le 23 juin 2006
Commentaire
CBC/Radio-Canada doit lutter
contre la possibilité de
privatisation
La Guilde
canadienne des médias | Le
Local 30213 de TNG Canada
par LISE LAREAU
Il est temps d’engager les
Canadiens de nouveau au sujet de la diffusion publique,
au lieu de se concentrer simplement sur une décision
problématique en matière de programmation à la
télé anglaise. Il est certain que la
direction que suit la télé anglaise de
Radio-Canada devrait préoccuper les Canadiens.
Le sujet est certainement digne d’un débat
national.
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Le réseau public est maintenant
totalement obsédé par les cotes d’écoute
et les objectifs de revenu. On en est même au
point où le réseau évalue le rendement
des journalistes qui créent les émissions
d’information et d’affaires publiques en
mesurant les cotes d’écoute. La télé de
CBC s’est donc abaissée à utiliser
ses employés et ses auditeurs pour gagner de
l’argent. Et cela veut dire qu’elle ne
traite pas son auditoire de façon respectueuse,
en tant que citoyens qui veulent apprendre et s’engager
dans les questions importantes de notre époque.
Elle abandonne toute programmation innovatrice si celle-ci
n’attire pas immédiatement un million
auditeurs.
Au moins quatre émissions innovatrices et applaudies
par les critiques ont été annulées
au réseau anglais cette année.
Pour l’instant, la télé de CBC
fonctionne selon un modèle d’affaires
qui diffère un peu des réseaux privés
au Canada. Une grande partie de sa subvention gouvernementale
est accordée directement par le parlement. Et
voilà l’essence de la télévision
publique. De leur côté, les réseaux
privés survivent assez bien grâce aux
subventions accordées par le Fonds de télévision
canadien et aux crédits d’impôts,
ainsi qu’aux règlements qui leur permettent
de diffuser des émissions américaines
afin d’en retirer des bénéfices
commerciaaux.
Cependant, dans le climat politique
actuel, il ne faut pas faire preuve de beaucoup d’imagination
pour conclure que plus la télé de CBC
se commercialise, plus il est probable qu’elle
sera privatisée – et rapidement. L’ancienne
organisation du Premier Ministre Stephen Harper, la
National Citizens Coalition, a demandé cette
semaine pourquoi la télé de la CBC devrait
recevoir une subvention d’État si elle
se comporte comme les réseaux privés.
Les dirigeants de la CBC/Radio-Canada n’ont pas
encore répondu à cette question. Pour
le bien des Canadiens, et surtout pour le bien des
travailleurs du secteur culturel au Canada, j’espère
qu’ils ont une très bonne réponse.
Si la télé de la CBC devient un réseau
privé, ce sera la fin de la programmation canadienne
de langue anglaise sur les ondes publiques pendant
les heures de grande écoute. Les réseaux
privés ont expliqué pourquoi de façon
très simple. Il n’est pas rentable de
diffuser des émissions anglaises canadiennes,
même si celles-ci sont subventionnées,
quand on peut acheter plus facilement et à meilleur
marché le droit de diffuser un produit américain
qui attirera plus d’auditeurs et quatre fois
plus de revenu publicitaire.
Donc, au lieu d’une simple émission réalité qui
devance le bulletin d’information The
National,
on pourrait bientôt remplir l’horaire de
la télé de CBC par des histoires criminelles
(style CSI) et des émissions réalité.
Il ne faut jamais oublier qu’il est possible
d’avoir un vrai diffuseur public au Canada. Un
comité du Sénat a approuvé l’idée.
La plupart des Canadiens disent qu’ils le veulent.
Beaucoup d’autres pays en ont un.
Mais le défaitisme ne
nous aidera pas.
Le Bloc Québécois, le NPD et les Libéraux
ont tous voté le mois dernier en faveur de « maintenir
et améliorer » le financement parlementaire
de la diffusion publique. Les Conservateurs ont voté contre
la proposition et n’ont rien dit d’important
au sujet de leurs intentions pour CBC/Radio-Canada.
Les Canadiens ont le droit de savoir ce que leur gouvernement
a en tête.
Entre-temps, les gens dans
ce pays qui appuient l’idée
de la diffusion publique, et qui peuvent imaginer des
possibilités au-delà de la réalité actuelle,
devraient faire connaître leur perspective partout
et à chaque occasion qui se présente.
(Cet article a tout d'abord été publié sur
le site Web de la
Guilde canadienne des médias.)
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